Arrivée le 14 février 2026 à bord de l’ISS, Sophie Adenot a bouclé sa première semaine complète dans l’espace. Entre la mise en route de la mission Epsilon, l’adaptation physique et les premières expériences scientifiques, le rythme est déjà intense pour l’astronaute française.

Le 14 février dernier, les couples fêtaient la Saint-Valentin. Sophie Adenot, elle, avait un tout autre type d’activité : un rendez-vous spatial. Sa capsule Crew Dragon était en effet en route vers la Station spatiale internationale (ISS), dans le cadre d’un séjour en orbite d’environ neuf mois avec l’équipage Crew-12, qui compte trois autres astronautes.

Mais 14 février ou pas, pas le temps de se réserver un moment romantique en regardant la planète bleue depuis la coupole d’observation. Dès l’instant où l’écoutille du vaisseau affrété par SpaceX a pu s’ouvrir, après un bien long périple, la Française a rejoint l’expédition 74, portant l’équipage global à sept personnes.

Une semaine de « mise en route » pour Sophie Adenot

Passer de la gravité terrestre à la vie flottante à bord de l’ISS ne s’improvise pas. Bien qu’entraînée dans des piscines, Sophie Adenot a, pour ses premiers pas (ou, plutôt, ses premières brassées), pu compter sur la disponibilité des vétérans déjà à bord, comme l’astronaute américain Chris Williams, présent à bord depuis novembre 2025.

Celui-ci a d’ailleurs joué un peu les chaperons pour la Française et ses trois coéquipiers (deux Américains, un homme et une femme, ainsi qu’un Russe), même si deux d’entre eux avaient déjà eu l’occasion de séjourner à bord de l’ISS. Voir la gestion des stocks de nourriture, visiter les modules et, surtout, pointer les procédures d’urgence, entre autres.

selfie sophie adenot
Sophie Adenot, sur un équipement de sport. // Source : Sophie Adenot

Mais celle qui a un colibri comme emblème pour sa mission Epsilon n’est pas là pour faire du tourisme orbital. L’intéressée est très vite entrée dans le vif du sujet, comme le raconte un point de situation de la NASA partagé le 17 février 2026. Sa première activité notable ? De la maintenance de pointe pour renouveler des composants informatiques.

« Sophie Adenot a remplacé le matériel informatique utilisé pour la recherche sur la fabrication de médicaments dans l’espace, puis a fait de l’exercice pour la recherche tandis qu’un équipement vidéo de pointe surveillait son système musculo-squelettique pendant son entraînement en microgravité », résume l’agence spatiale américaine.

Ce n’est d’ailleurs pas qu’une simple séance de sport passive. La Française a dû installer et calibrer les quatre caméras spécialisées. C’est sur l’ARED — une machine utilisant des cylindres sous vide pour simuler la levée de poids et haltères sur Terre — qu’elle a ensuite enchaîné les exercices afin de fournir aux médecins toutes sortes de données biomécaniques.

Check-up médical à 400 km d’altitude

Si les astronautes mènent des expériences scientifiques, ils sont aussi les sujets de certaines recherches. Typiquement, pour comprendre comment le corps réagit dans un environnement aussi particulier que l’ISS, où l’on flotte en permanence, la Française a dû donner de sa personne, au sens propre comme au sens figuré.

Ainsi, raconte la NASA dans une autre mise à jour le 18 février 2026, la Française s’est soumise à une série de scans veineux (cou, épaules, jambes) réalisés par son collègue Jack Hathaway. L’objectif est de surveiller le « fluid shift », ce déplacement massif des liquides corporels vers le haut du corps qui augmente le risque de caillots sanguins.

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Sophie Adenot et Jessica Meir. // Source : NASA

C’est aussi durant cette période que Sophie Adenot — par ailleurs prof de yoga — a commencé l’étude RelaxPro de l’Agence spatiale européenne. Ici, il s’agit d’explorer l’usage de techniques de relaxation et de méditation non invasives à bord d’un vaisseau pour améliorer la santé des astronautes et favoriser la réussite des missions.

Concrètement, cela implique une routine très matinale : dès le réveil, Sophie Adenot a commencé à remplir des questionnaires pour évaluer son niveau de stress et ses émotions, tout en effectuant des prélèvements de sa propre salive. Ces échantillons organiques permettront aux chercheurs de mesurer objectivement l’impact de la méditation sur son système immunitaire face à l’isolement spatial.

Entretien quotidien de la station

Au-delà de la science, Sophie Adenot comme ses camarades sont aussi entrés dans le cycle d’entretien et d’activité de la station. Par exemple, il a été rapporté que la Française s’est jointe à Chris Williams pour employer une méthode de désinfection par rayons ultraviolets. Cela, dans l’optique de limiter la prolifération des microbes à bord.

Quant au week-end du 21 et 22 février 2026, personne n’a bâillé aux corneilles : « les nouveaux résidents de l’avant-poste orbital [se sont familiarisés] avec les systèmes et les procédures de la station, après une première semaine bien remplie consacrée à des opérations scientifiques », résume la NASA, dans une actualité du 23 février 2026.

C’est aussi à ce moment-là que l’équipage a mené les tâches ménagères obligatoires (aspiration des poussières dans les conduits de ventilation) et préparé le départ du cargo Dragon, qui doit ramener sur Terre les premiers résultats de leurs recherches. Il s’agit de bien entretenir cet environnement, car il sera leur logis pendant des mois.

Comme le résume l’ESA, ces premiers jours ont été denses et marqués par un vrai travail d’équipe pour Crew-12.

Pendant que Jessica Meir manipulait les délicates expériences sur le contrôle de la pression des réservoirs de carburant dans le module Destiny (pour réduire les pertes lors de futures missions), Sophie Adenot se concentrait sur les recherches pharmaceutiques ou portait des équipements inédits pour mesurer l’adaptation de sa température corporelle. Une sacrée première semaine.

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