Trois personnes sont décédées à la suite d’une épidémie présumée d’hantavirus sur un bateau de croisière au milieu de l’océan Atlantique. Au moins un autre passager est en soins intensifs en Afrique du Sud.
Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux dimanche 03 mai, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé ces décès et indiqué que cette maladie rare à hantavirus avait été confirmée en laboratoire dans un des cas. Les autorités enquêtent actuellement sur cinq autres cas suspects parmi les passagers du MV Hondius.
Alors, qu’est-ce que la maladie à hantavirus ? Et pourquoi peut-elle se révéler mortelle ?
Au fur et à mesure que l’enquête avance, voici ce que nous savons.
Qu’est-ce que l’hantavirus et comment se transmet-il ?
Les hantavirus provoquent des syndromes pulmonaires rares mais graves et peuvent aussi entraîner des hémorragies sévères et de la fièvre, sachant qu’une maladie à hantavirus peut être mortelle.
Ces virus quand ils sont zoonotiques causent chez l’humain deux types de syndromes, indique l’Institut Pasteur : soit une fièvre hémorragique avec syndrome rénal causée principalement par des hantavirus de l’Ancien Monde, soit un syndrome cardiopulmonaire causé essentiellement par des hantavirus du Nouveau Monde. Les deux syndromes peuvent être provoqués par une même espèce virale. C’est une maladie relativement rare dans certains pays – une centaine de cas hospitalisés détectés en moyenne en France annuellement et de l’ordre d’une cinquantaine par an aux États-Unis – mais plus fréquente dans d’autres – plusieurs centaines à milliers de cas par an en Allemagne et Scandinavie.

Le virus est transmis par des rongeurs, tels que les souris et les rats, principalement par l’urine et les excréments des animaux infectés.
En général, les hantavirus ne se transmettent pas d’un humain à un autre, sauf dans de rares cas.
On estime qu’il y a chaque année, dans le monde, entre 150 000 et 200 000 cas d’infection par des hantavirus.
Ils sont moins contagieux que les virus transmissibles par voie aérienne tels que le Covid et les virus influenza (les virus influenza transmettent la grippe, ndlr), car ils ne se transmettent généralement pas d’une personne à l’autre.
Quels sont les symptômes de l’hantavirus et pourquoi est-il mortel ?
Il existe deux principaux types d’hantavirus, chacun présentant des symptômes différents.
Le syndrome pulmonaire à hantavirus, qui touche les poumons, est principalement présent aux États-Unis. Si une personne est infectée par ce type d’hantavirus, elle présentera probablement, en l’espace de quelques jours, une toux et un essoufflement.
À mesure que la maladie progresse, des symptômes tels que la fatigue, la fièvre et des douleurs musculaires peuvent apparaître. Des maux de tête, des vertiges, des nausées, des vomissements et des douleurs abdominales peuvent également survenir. Il s’agit de la souche la plus mortelle du hantavirus. Malheureusement, environ 38 % des personnes qui présentent ces symptômes décèdent des suites de la maladie.
La fièvre hémorragique avec syndrome rénal est principalement présente en Europe et en Asie, mais la souche connue sous le nom de « virus de Séoul » s’est propagée dans le monde entier. Cette forme d’hantavirus touche principalement les reins.
Les personnes développent généralement des symptômes dans les deux semaines qui suivent l’exposition au virus. Les premiers symptômes comprennent des maux de tête intenses, des douleurs abdominales, des nausées et une vision trouble. Les symptômes plus avancés comprennent une tension artérielle basse, des hémorragies internes et même une insuffisance rénale aiguë. Cette maladie peut être causée par différents virus, dont certains sont plus mortels que d’autres, ce qui signifie qu’entre 1 % et 15 % des cas peuvent être mortels.
Malheureusement, il n’existe aucun traitement spécifique ni aucun remède contre aucun des deux types d’hantavirus. Toutefois, une prise en charge médicale précoce peut augmenter les chances de survie du patient. Cela peut inclure le recours à des respirateurs, l’oxygénothérapie et la dialyse.
Concernant le bateau de croisière, les autorités poursuivent leurs investigations afin de déterminer à quel type de hantavirus les passagers ont été exposés.
Hantavirus à bord d’un bateau de croisière : comment expliquer l’épidémie ?
Dans un environnement clos tel qu’un bateau de croisière, les passagers auraient pu contracter un hantavirus de deux façons.
Selon une première hypothèse, ils auraient été exposés au virus lors d’une excursion à terre.
Autre hypothèse : des rongeurs auraient pu s’introduire à bord du navire dans la cargaison, puis transmettre la maladie aux passagers par le biais de leur urine ou de leurs excréments contaminés. D’autres facteurs, tels que les normes d’hygiène et les pratiques de stockage des aliments, ont peut-être contribué à accélérer la propagation de l’infection.

Pour endiguer cette épidémie présumée, les autorités doivent d’abord s’assurer que tous les rongeurs sont capturés en toute sécurité et retirés du navire. Elles doivent ensuite surveiller l’ensemble des passagers afin de détecter d’éventuels symptômes liés à une infection par hantavirus. Le virus est diagnostiqué à l’aide d’un test PCR, similaire à ceux utilisés pour diagnostiquer des virus tels que le Covid.
Sachant qu’il n’existe aucun traitement spécifique contre cette maladie, les autorités doivent aider les passagers infectés à gérer leurs symptômes. Cela implique de vérifier qu’ils respirent normalement et que leurs reins fonctionnent correctement.
Épidémie d’hantavirus : quels sont les risques réels et quand consulter ?
Bien qu’ils soient préoccupants, les cas d’infections par des hantavirus restent extrêmement rares. Cependant, comme la maladie à hantavirus peut présenter des symptômes similaires à ceux d’autres affections respiratoires, il est recommandé de toujours consulter un médecin si vous présentez des symptômes.
Si vous avez séjourné dans des régions où ce type de virus est présent et que vous souffrez d’essoufflement, de fièvre ou de tout autre symptôme qui ressemble à un syndrome grippal, consultez votre médecin traitant.

Thomas Jeffries, Senior Lecturer in Microbiology, Western Sydney University
Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.
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