Face au rouleau compresseur Starlink, l’Europe organise la résistance. Eutelsat vient de confirmer une commande massive de 340 nouveaux satellites à Airbus pour moderniser sa constellation OneWeb.

La bataille de l’Internet par l’espace est mal engagée du point de vue des Européens, mais elle n’est pas nécessairement perdue. Si SpaceX apparaît ultra-dominateur sur ce segment et bénéficie d’une avance évidente — plus de 10 000 satellites ont été envoyés en cumulé, avec environ 9 300 d’entre eux actifs actuellement –, le Vieux Continent n’a pas dit son dernier mot. Et la riposte principale s’appelle Eutelsat.

Signe de l’effort européen pour disposer d’un réseau satellitaire souverain, a été annoncée le 12 janvier 2026 la signature d’un contrat entre Eutelsat et Airbus Defence and Space pour la construction de 340 nouveaux satellites qui viendront peupler l’orbite terrestre basse — là où évoluent généralement ces constellations distribuant un accès à Internet depuis le ciel. La livraison des premiers engins est prévue pour fin 2026.

Satellites OneWeb installés à bord d'une fusée de SpaxeX. // Source : Flickr/CC/Eutelsat Group (photo recadrée)
Satellites OneWeb installés à bord d’une fusée de SpaceX. // Source : Flickr/CC/Eutelsat Group (photo recadrée)

L’objectif, avec cette nouvelle vague de satellites, n’est pas tant de densifier la flotte existante — un peu plus de 600 exemplaires évoluant à une altitude de 1 200 km –, mais de renouveler les anciennes unités. « La disponibilité de ces derniers satellites garantira une continuité opérationnelle totale pour les clients de la constellation, en remplaçant progressivement les premiers lots arrivant en fin de vie opérationnelle », est-il spécifié.

Pour Airbus, cette commande passée n’est pas anodine. Elle vient s’ajouter à une précédente commande de 100 satellites signée en décembre 2024. Au total, l’entreprise européenne a 440 engins spatiaux dans son carnet de commandes au profit d’Eutelsat. Les 340 nouveaux engins sortiront d’une nouvelle ligne de production installée à Toulouse.

Évidemment, il ne s’agit pas seulement de remplacer les anciens modèles : loin d’être de simples clones, ils sont aussi l’occasion de procéder à une montée en gamme technologique, qui permettra « d’améliorer les capacités de traitement à bord et d’accroître leur efficacité et leur flexibilité » dans l’acheminement du trafic Internet.

La souveraineté européenne requiert des efforts

Bien que plus modeste et moins dynamique que Starlink, le réseau OneWeb reste décisif pour la souveraineté européenne, avec des engins fabriqués et pilotés depuis l’Europe. Il constitue surtout un enjeu d’autonomie stratégique similaire à Galileo, le réseau de positionnement par satellite rival du GPS américain. Aujourd’hui, Galileo est pleinement fonctionnel et offre un service de pointe, complémentaire du GPS.

Cette commande conséquente permet aussi de maintenir l’écosystème industriel européen sous tension. En confiant ces 340 satellites à Airbus, et non à un sous-traitant à bas coût, Eutelsat prépare le terrain pour la suite, et notamment pour IRIS², un autre futur projet de méga-constellation de l’Union européenne.

En attendant que ce projet — qui comptera quelques centaines d’engins — voie le jour, l’Europe doit tenir la ligne. Face aux incertitudes géopolitiques, savoir que l’on peut connecter ses services de secours ou ses infrastructures critiques en toute autonomie, indépendamment d’un service étranger, n’est plus un luxe, mais une nécessité. Il reste maintenant à tenir la cadence de production et de lancement, pour ne pas perdre de temps.

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