Oubliez la monométhylhydrazine (MMH) que l’on trouve classiquement dans la propulsion des fusées, efficace, mais extrêmement toxique : le futur de la conquête spatiale sera plus propre. C’est en tout cas dans cette direction que travaille l’Agence spatiale européenne (ESA), avec le concours de l’industriel ArianeGroup.

Le concept qui occupe les deux partenaires ? Le projet Greta. L’idée ? Un moteur-fusée de la classe des 5 kilonewtons (kN) de poussée dont le régime se compose d’un cocktail différent : un mélange de peroxyde d’hydrogène et d’éthanol. Un mix moins nocif pour l’environnement, mais aussi pour les équipes qui peuvent le manipuler.
Impression 3D et chaleurs extrêmes
Mais Greta n’est pas seulement un concept de carburant alternatif : c’est aussi une approche renouvelée en matière de fabrication industrielle. Ici, la chambre de combustion, haute d’à peine 30 centimètres, n’est pas usinée ou moulée comme d’habitude. Elle est imprimée en 3D par fusion laser de poudres métalliques, raconte l’ESA le 25 février 2026.
Cette approche a un intérêt : réaliser des formes complexes qui seraient difficiles à obtenir avec la métallurgie conventionnelle.
« Par exemple, le moteur Greta est refroidi en faisant passer un fluide dans des canaux complexes intégrés au moteur, aussi près que possible de la paroi interne de la chambre qui est en contact avec les gaz de combustion chauds (plus de 2 000 °C) », détaille l’Agence spatiale européenne. Rien à voir avec un caprice technologique, donc.
À quoi servira ce moteur ? Pas à arracher une fusée de son pas de tir, mais à assurer la finesse et l’endurance une fois dans l’espace. Ses caractéristiques en font un candidat prometteur pour équiper les futurs atterrisseurs lunaires européens ou pour propulser des étages supérieurs de fusée, à l’image du module Astris prévu pour venir muscler Ariane 6.
Une campagne d’essais satisfaisante
Une fois le prototype prêt, il a été mené à son banc d’essai, à Trauen, en Allemagne, pour l’éprouver. Ainsi, de juillet à novembre 2025, détaille la division Transport Spatial de l’ESA, Greta a enchaîné les allumages multiples, prouvant sa capacité à redémarrer de manière fiable dans l’espace.
En particulier, le moteur a maintenu des tirs continus de plus de 40 secondes avec des arrêts parfaitement contrôlés, ce qui a permis de valider la viabilité d’un mélange peroxyde d’hydrogène + éthanol en remplacement de la monométhylhydrazine. Mais le développement de Greta n’est pas achevé. Maintenant s’ouvre une nouvelle étape.
Depuis le 6 février 2026, l’ESA a lancé la deuxième phase du programme dans le cadre du programme Future Launchers Preparatory Programme. ArianeGroup, épaulé par l’Agence spatiale allemande (DLR) et un trio de sous-traitants européens (Safran Aero Boosters en Belgique, l’Institut de l’Aviation en Pologne et InPraise Systems en République tchèque), planche désormais sur la conception du moteur de vol définitif.
Rendez-vous fin 2027 pour voir la prochaine évolution de Greta, et sa nouvelle campagne d’essais.
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