Lors du retour de la capsule Orion après la mission Artémis I, la Nasa a identifié des soucis sur le bouclier thermique. Mais alors que le même vaisseau s’apprête à partir avec un équipage à bord, comment la copie a-t-elle été revue pour assurer la sécurité des astronautes ?

Près de cent failles ont été répertoriées sur le bouclier du vaisseau Orion. Une centaine d’endroits où les matériaux de cette pièce critique s’étaient déplacés lors de sa rentrée atmosphérique, à l’issue de la mission Artémis I, en 2022, qui consistait à envoyer le vaisseau spatial faire un petit tour de la Lune, sans aucun équipage à bord.

Considérée comme une mission largement réussie, elle a ouvert la voie à Artémis II.

Aujourd’hui, alors que les quatre astronautes de la mission Artémis II doivent partir dans les prochaines semaines, et que la fusée SLS qui les emmènera vers la Lune passe les derniers tests critiques avant le grand départ, comment ces soucis ont-ils été traités, afin de garantir une sécurité maximale pour l’équipage ?

Le même bouclier qu’Apollo, ou presque

Sur un vaisseau inoccupé, un bouclier thermique défectueux reste un problème mineur. Mais il est hors de question pour la Nasa de prendre un risque inconsidéré avec une mission habitée. Par conséquent, l’analyse du bouclier d’Orion fut cruciale entre les vols d’Artémis I (qui faisait office de répétition générale, et pour essuyer les plâtres) et Artémis II.

orion bouclier thermique
La capsule Orion, avec le bouclier thermique en dessous. // Source : NASA/Jordan Salkin

À travers l’ensemble des États-Unis, cette protection a subi une centaine de tests pour savoir exactement ce qui a cloché. Cela a mis en lumière un souci d’évacuation des gaz générés sous les tuiles. Cela a eu pour effet de mettre le matériau sous tension. Des craquelures ont fini par apparaître, conduisant à détacher certaines pièces.

Les protections thermiques sont faits d’un matériau créé spécifiquement et appelé AVCOAT. Déjà utilisé lors des missions Apollo, l’AVCOAT est formé à base de fibres de silice et de résine. La version utilisée pour Orion diffère légèrement de celle d’Apollo, surtout pour correspondre aux nouvelles normes environnementales.

Si le matériau est bien connu des ingénieurs, il y a quelques différences, y compris dans les dimensions du bouclier. Celui d’Orion atteint les 5 mètres de diamètre, contre moins de 4 pour celui sécurisant le module Apollo. La méthode d’assemblage diverse aussi : au lieu d’avoir des centaines de milliers d’alvéoles assemblées une par une, il s’agit d’à peine 200 blocs fixés les uns aux autres, afin de gagner un temps considérable lors de la conception.

Avant tout : assurer la sécurité de l’équipage d’Artémis II

Ces changements ont-ils conduit à augmenter le risque pour les astronautes ? Non, à en croire les tests. Toujours est-il que la Nasa a pris la décision de ne pas faire de modifications pour ce premier vol lunaire habité, tout en précisant que les leçons apprises pourraient mener à des évolutions pour Artémis III.

L'équipage d'Artémis II. // Source : Flickr/CC/Nasa HQ Photo (image modifiée)
L’équipage d’Artémis II. // Source : Nasa

En réalité, les tests pendant et après Artémis I ont montré que la chaleur à bord aurait été élevée, mais supportable si le vaisseau avait été occupé. Plutôt que de prendre le risque de changer la conception d’Orion et de son bouclier, la Nasa a choisi de modifier légèrement la trajectoire de rentrée atmosphérique lors d’Artémis II. Ainsi, le vaisseau sera soumis à moins de turbulences et à un retour plus « souple » qui devrait entraîner moins de tensions sur les matériaux.

En d’autres termes, même si le bouclier a montré des signes de faiblesse et pourrait sans doute être amélioré, la Nasa préfère conserver cette solution, qui repose sur un matériau et des procédés qu’elle connait bien, et qui a fait ses preuves par le passé. Cela comporte visiblement moins d’incertitude que de repartir de zéro, surtout pour un vol habité.

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