C’est un début d’année intense pour la Lune : une troisième mission menée par SpaceX et Intuitive Machines va partir mi-février 2024. Elle succède à la mission japonaise SLIM, qui s’est posée en début d’année sur le satellite, et à la mission Peregrine, qui n’a pas eu la même fortune.

C’est un privilège qui aurait dû revenir initialement à la mission Peregrine : devenir la première entreprise privée américaine à faire atterrir un engin spatial sur la Lune. L’histoire en a finalement décidé autrement. Peregrine a mal tourné, avec l’issue que l’on connaît. Mais l’Amérique a de la ressource : une nouvelle mission arrive.

Direction le pôle Sud de la Lune

Cette nouvelle mission est conduite par l’entreprise Intuitive Machines et doit quitter la Terre le mercredi 14 février à 7 heures du matin (heure de Paris). Baptisée IM-1 (pour Intuitive Machines mission 1), elle inclut aussi un alunisseur. Sa cible ? Le pôle Sud du satellite naturel. Arrivée prévue sur zone le jeudi 22 février, si tout se passe bien.

Le pôle Sud est une région de la Lune qui attire de nombreuses missions, en raison de deux particularités principales : c’est ici que l’on a les meilleures chances de trouver de la glace d’eau. Par ailleurs, la région est ensoleillée en quasi-permanence. C’est aussi au pôle Sud que doivent se poser les missions IM-2 et Griffin, d’Astrobotic.

Mosaïque du pôle sud de la Lune. // Source : NASA/JPL-Caltech
Mosaïque du pôle sud de la Lune. // Source : NASA/JPL-Caltech

Si IM-1 d’Intuitive Machines réussit, la mission sera doublement historique : elle sera non seulement la première du secteur privé à se poser sur la Lune, mais elle sera en plus la première mission américaine depuis plus de 50 ans à atteindre le satellite. Le dernier succès de l’Oncle Sam remonte à 1972, avec Apollo 17.

La mission d’Intuitive Machines s’inscrit dans le cadre de l’initiative CLPS (Commercial Lunar Payload Services), mise en place par l’agence spatiale américaine. L’objectif, ici, est d’avoir l’appui des entreprises du privé pour épauler la Nasa dans l’ambition de retourner sur la Lune et de s’y établir à long terme — c’est le programme Artémis.

La mission IM-1 sur la Lune doit être brève

Le programme CLPS a été officialisé fin 2018, avec la présentation d’une série de partenaires. Il faudra attendre toutefois presque six ans pour le voir se concrétiser : le premier vol a été confié à Astrobotic, parti en janvier avec une fusée Vulcan Centaur. C’était la mission Peregrine. Pour IM-1, le vol se fera avec une fusée Falcon 9 de SpaceX.

Des instruments scientifiques se trouvent à bord de Nova-C, le nom donné par Intuitive Machines à son atterrisseur. N’escomptez pas de les voir marcher des mois ou des années durant : ils doivent fonctionner au mieux deux semaines, avant que le froid glacial de la nuit lunaire emporte tout, avec une température de -130° C.

D’ici là, leur rôle, rappelle la Nasa, sera de mesurer les interactions entre le panache et la surface, la météorologie spatiale et les interactions avec la surface lunaire, la radioastronomie, les technologies d’atterrissage de précision. Nova-C inclut aussi un nœud de communication et de navigation pour les futures technologies de navigation autonomes.

Le décollage aura lieu depuis le complexe de lancement 39A du centre spatial Kennedy de la NASA en Floride.


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