SpaceX devient officiellement un partenaire de la NASA pour le retour sur la Lune. L'agence spatiale a sélectionné l'entreprise, ainsi que quatre autres, pour des missions de transport. Neuf premières sociétés avaient déjà été retenues fin 2018.

Elle n’avait pas été retenue en novembre 2018 au moment de la première sélection des entreprises jugées assez au point pour assister la NASA à retourner sur la Lune, au cours de la prochaine décennie. Un an plus tard, SpaceX va pouvoir rattraper le temps perdu : la société a également été choisie par l’agence spatiale américaine pour pouvoir participer à ses futurs appels d’offres.

« La NASA a ajouté cinq entreprises américaines au groupement de prestataires qui seront admissibles à candidater pour des offres de transport à la surface de la Lune », écrit la NASA dans un communiqué. Outre SpaceX, on trouve Blue Origin, la société de Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, mais aussi Ceres Robotics, Sierra Nevada Corporation et Tyvak Nano-Satellite Systems Inc.

Il y a un an, la NASA a retenu les entreprises suivantes : Lockheed Martin Space Systems, Astrobotic Technology, Deep Space Systems, Draper, Firefly Aerospace, Intuitive Machines, Masten Space Systems, Moon Express et Orbit Beyond. En tout, le vivier d’entreprises sur lequel peut compter l’agence spatiale comporte 14 entreprises. D’autres pourraient être ajoutées par la suite.

Blue Moon module lunaire
Un concept de transport lunaire par Blue Origin. // Source : Blue Origin

Transport de matériel

Ces entreprises n’auront pas pour tâche de transporter ou de ramener des astronautes, mais de convoyer des charges utiles. Cela pourrait inclure des moyens de transport (cela pourrait être par exemple le rover futuriste et très hypothétique de Toyota), des sources d’alimentation électrique, des vivres, du matériel (y compris des pièces de rechange), des démonstrateurs divers ou bien des expériences scientifiques.

L’acheminement des équipages entre la Terre et la Lune serait opéré par la NASA, dans le cadre du programme Artémis, avec l’utilisation d’une station spatiale lunaire pour avoir un hub. Si dans un premier temps, ce seront des astronautes américains qui auront la priorité, des équipages internationaux sont envisagés, notamment européens. En effet, l’Agence spatiale européenne participe significativement à Artémis.

Concernant le transport d’équipement, la NASA explique que les contrats sont « à durée indéterminée ou à quantité indéterminée d’une valeur contractuelle maximale combinée de 2,6 milliards de dollars jusqu’en novembre 2028 ». Elle tiendra compte de divers facteurs pour choisir telle ou telle entreprise, comme la faisabilité technique, le prix et le calendrier.

De la Terre à la Lune : le visuel du programme Artémis. // Source : Nasa

Pour la NASA, l’appel à des prestataires externes à plusieurs avantages. Le premier d’entre eux est une mise en concurrence de plusieurs entreprises qui aura pour effet de proposer des prix compétitifs — si la NASA a une enveloppe importante pour ces opérations de livraison, elle entend évidemment la dépenser la plus efficacement possible, par exemple en essayant de maximiser le nombre de livraisons réalisables.

Cette concurrence devrait également provoquer une émulation ce qui sera in fine bénéfique à l’ensemble de l’industrie spatiale américaine — toutes les sociétés qui ont été retenues par la NASA viennent d’outre-Atlantique. Cette rivalité est susceptible de dynamiser l’innovation et de développer des solutions que la NASA n’aurait pas forcément imaginées en étant seule aux commandes.

Enfin, l’appel à des prestataires externes permet aussi à la NASA de se décharger de tâches qui ne sont pas jugées critiques afin de se concentrer sur le gros morceau du programme Artémis : l’acheminement d’astronautes sur la Lune et le maintien d’une présence durable. La NASA n’aura plus qu’à piocher des solutions dans les propositions de ses partenaires, sans avoir besoin de les concevoir en interne.

Crédit photo de la une : SpaceX

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