L’été 2024 nous livre sa première canicule, en cette fin juin. Voici quelques solutions face à cette première forte chaleur de l’année en France.

L’été 2023 s’était terminé avec une canicule tardive particulièrement extrême. En raison du réchauffement climatique global en cours, ces vagues de chaleur vont se multiplier et même s’intensifier à l’avenir. En tout cas, l’été 2024 commence avec quelques jours de canicule, jusqu’au 27 juin.

En attendant notre éventuelle sortie des énergies fossiles et l’émergence d’un monde décarboné, il va bien falloir s’adapter. Que faire pour se préserver de la chaleur quand on vit en appartement ? Faut-il ouvrir ou fermer ses fenêtres ? Installer des rideaux ou des stores ? On a demandé à une bio-architecte climatique, Nel*, autrice d’un thread Twitter remarqué sur le sujet, de nous aider à y voir plus clair.

Se protéger des rayons solaires

La première chose à faire pour survivre à la canicule est d’empêcher la chaleur de rentrer, et donc couvrir ses principaux points d’entrée : les fenêtres. Si elles laissent passer la lumière — ce qui est bien pratique –, elles agissent aussi comme une serre et accentuent le rayonnement. Particulièrement si elles sont orientées au sud ou à l’ouest. 

Pour les recouvrir, vous avez l’embarras du choix : des volets en bois restent la solution la plus efficace, mais aussi la plus coûteuse. Vous pouvez aussi opter pour des stores vénitiens ou des persiennes, facilement trouvables en seconde main. Ce qui importe, c’est que vous empêchiez les rayons du soleil de pénétrer chez vous. « L’essentiel est surtout de les placer à l’extérieur. Si les rayons traversent la vitre, la chaleur entre avec. Préférez des couleurs claires afin qu’ils renvoient la chaleur, pas qu’ils l’emmagasinent », précise Nel.

Aérer (au bon moment)

Pendant une vague de grosse chaleur, on a tous eu un jour le même réflexe : ouvrir grand les fenêtres. Sauf que ce n’est pas toujours une bonne idée. Si la température est plus élevée à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’appartement, mieux vaut rester volets et fenêtres fermées. « L’idéal est d’aérer tôt le matin pour faire circuler l’air puis de refermer jusqu’en fin de journée, après que les températures aient baissé un peu. On peut ensuite laisser ouvert toute la nuit », complète Nel.

Si vous avez un appartement traversant, ouvrez des deux côtés pour créer un courant d’air. Petite astuce supplémentaire : lorsque vous aérez, placez un ventilateur à un mètre de la fenêtre, dirigé vers l’extérieur. Cela permettra de créer une légère dépression et poussera l’air intérieur vers l’extérieur.

Attention à ne pas laisser ouvertes les fenêtres en journée en cas de fortes chaleurs. Il faut préserver la fraicheur intérieure. // Source : Pexels
Attention à ne pas laisser ouvertes les fenêtres en journée en cas de fortes chaleurs. Il faut préserver la fraicheur intérieure. // Source : Pexels

Rafraîchir l’air : ventilateurs, rafraichisseur, climatisation…

Ventilateur, clim ou rafraichisseur ? Il y a de grosses différences. Évidemment, la solution la plus efficace, c’est la climatisation. Mais, c’est aussi la plus polluante. On estime que 5 % des émissions de CO2 du secteur du bâtiment proviennent de la climatisation. « Mais si quelqu’un chez vous est fragile (bébé, personne âgée), n’hésitez pas : ce ne sont pas ces cinq heures de clim pendant trois semaines dans l’année qui vont achever la planète », tempère Nel.

Pour une solution plus respectueuse de l’environnement, ce bon vieux ventilo reste le plus efficace. Si vous ne savez pas lequel choisir, consultez notre guide d’achat. Pour éviter qu’il ne brasse que de l’air chaud, vous pouvez placer devant lui un linge mouillé, un pain de glace ou une bouteille glacée.

Les ventilateurs sont une aide précieuse, il faut bien les choisir ! // Source : Pexels
Les ventilateurs sont une aide précieuse, il faut bien les choisir ! // Source : Pexels

Il existe également des rafraichisseurs — des ventilateurs silencieux équipés d’un bac à glaçons –, qui permettent de souffler un air rafraîchi. Ne vous attendez pas à un miracle non plus, leur champ d’action se limite aux environs proches du souffle d’air, mais ils ont le mérite d’être plus efficaces qu’un ventilateur classique. Ils sont généralement vendus autour d’une centaine d’euros. Attention, toutefois : ils ne font pas baisser la température de la pièce, contrairement à ce que prétendent certains vendeurs, et, si l’on en abuse, ils peuvent aussi accroître l’humidité dans l’air, ce qu’il faut éviter.

À noter que certaines plantes peuvent contribuer, quant à elles, à gagner véritablement de la fraicheur dans votre intérieur. Nous avons un guide de plantes idéales pour cela.

Aménagez votre balcon (si vous en avez un)

Si vous avez la chance d’avoir un balcon, adoptez le même principe que pour les fenêtres : limiter au maximum les rayons du soleil. Vous pouvez placer des brises-soleils contre le garde-corps : paravent, canisse, trémie. L’idéal ? Faire pousser des plantes grimpantes sur ces structures. Vous pouvez également doubler d’un voilage au plus fort de l’été. « D’une manière générale, végétalisez. En appartement, un balcon abondamment planté créera une zone ombragée et un micro-climat plus frais et plus humide », conseille la bio-architecte. Privilégiez des essences locales qui résistent à votre climat.

Enfin, si le sol est en béton, protégez-le avec du bois de palette ou des caillebottis qui ont le mérite de moins absorber la chaleur. 

Boire et manger (correctement)

Lors de fortes chaleurs, mieux vaut éviter de boire et de manger n’importe comment. S’il est recommandé de boire en plus grande quantité qu’en temps normal, privilégiez plutôt de l’eau (évidemment) que des jus de fruits ou des sodas. Une eau citronnée peut être une bonne idée. Elle active la salive et évite d’avoir la bouche sèche, comme l’expliquait Faïza Bossy, médecin généraliste dans notre papier dédié aux boissons recommandées lors de périodes de canicules.

Quant aux aliments, mieux vaut là aussi privilégier ceux contenant le plus d’eau possible : tomate, concombre, pastèque, melon, courgette, radis, carotte, pêche, etc. De manière générale, évitez les produits transformés, préférez les viandes blanches aux viandes rouges ainsi que les produits de la mer : dorade, sardine, anchois, sole, maquereau, etc. Si vous voulez en savoir plus, on vous a concocté un papier spécifique sur le sujet.

Douche froide ? Non !

Une douche froide peut donner l’impression de faire du bien quand il fait chaud. Grave erreur ! Certes, elle peut faire du bien sur l’instant en activant les récepteurs de la température froide dans la peau. Sauf qu’ensuite, elle peut aggraver les choses, en augmentant la température du corps. « Le sang circule moins dans la peau, nous gardons en fait plus de chaleur à l’intérieur », expliquent trois spécialistes en physiologie dans The Conversation.

Alors il vaut mieux prendre une douche relativement chaude, à 33° C, qui sera finalement plus rafraichissante pour la suite de la journée par rapport à une douche à 20 ou 25° C. Car la peau mouillée et la transpiration vont contribuer à faire perdre de la chaleur au corps — l’évaporation de la sueur sur la peau a un effet rafraîchissant concret.

Rénovation environnementale : mode d’emploi

En France, la performance thermique (devenue performance environnementale) des bâtiments est réglementée par une loi : la RE2020. Celle-ci exige que tout logement neuf soit confortable en hiver et en été, « c’est-à-dire qu’il ne dépasse pas 26 à 28 °C même en pleine canicule », détaille Nel. En ce qui concerne la rénovation, des objectifs similaires sont fixés. 

Sachez que si vous êtes locataire d’un logement classé F ou G lors d’un diagnostic de performance énergétique (DPE), vous êtes en droit de demander une rénovation thermique par votre propriétaire, et ce depuis la loi Climat et résilience de 2021. En cas de refus, il/elle ne pourra pas augmenter votre loyer.

Reste qu’en tant que locataire, votre marge de manœuvre est limitée. C’est à votre propriétaire d’effectuer ces travaux. 

Enfin, sachez-le, vous n’êtes pas seul(e)s responsables de la température de votre logement. Ce qui fait dire à Nel : « ce qui fait la chaleur en ville, c’est d’abord les îlots de chaleur que nous nous sommes créés. Il faut œuvrer à désimperméabiliser les sols, à piétonniser et à végétaliser nos villes : c’est le seul moyen de faire baisser la température efficacement. » C’est aussi tout le propos de notre documentaire : Fournaise – A la recherche d’une ville vivable, dispo en intégralité sur notre chaine Youtube.

*Pour des raisons professionnelles, Nel n’a souhaité s’exprimer que sous ce pseudonyme.

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