Les vagues de chaleur risquent de s’intensifier en France et de devenir plus fréquentes à l’avenir. Et les termes pour les qualifier se diversifient aussi : quelles sont les différences entre une canicule et une vague de chaleur ? Qu’entend-on par plume ou dôme de chaleur ?

Un épisode de forte chaleur, précoce, attend la France à partir de ce mercredi 15 juin 2022. Le phénomène est prévu pour durer jusqu’au week-end. « En France, les maximales devraient atteindre ou dépasser en milieu de semaine les 35 à 38 degrés Celsius et les minimales ne descendront pas en dessous des 20 degrés Celsius », annonce l’établissement de prévision météorologique.

Le phénomène est qualifié de « vague de chaleur » par Météo France, mais on peut aussi parler de « plume de chaleur », pour décrire cet épisode survenant en France cette semaine. Quelle est la différence avec un dôme de chaleur ? Et avec une canicule ?

Quand parle-t-on de vague de chaleur ?

L’expression de vague de chaleur est utilisée lorsque des températures anormalement élevées sont constatées pendant plusieurs jours d’affilée. « Une vague de chaleur combine intensité et durée du phénomène. À Météo France, on les répertorie à partir de l’indicateur thermique national, lorsqu’un pic de températures suffisamment haut est atteint, et que les températures restent suffisamment élevées pendant au moins 3 jours », résume sur Twitter Gaétan Heymes, ingénieur prévisionniste à Météo France.

On parle de vague de chaleur lorsque les températures :

  • Dépassent le seuil de 25,3 °C au moins une fois (température moyenne en France pour un jour donné),
  • Restent supérieures à 23,4 °C durant 3 jours au moins,
  • Ne descendent pas en dessous de 22,4 °C.

Concernant l’épisode de chaleur attendu cette semaine, il « répondrait à ces critères sur les journées de jeudi, vendredi et samedi », précise Météo France.

vague de chaleur
L’épisode de ce mois de juin 2022 devrait bien être une vague de chaleur. // Source : Via Twitter @VigiMeteoFrance

Il faut cependant souligner que la définition de vague de chaleur n’est pas universelle. Cela dépend non seulement des pays et des climats, indique Gaétan Heymes, mais en plus la notion de « vague de chaleur » est parfois employée de façon équivalente à celle de « canicule » : « Dans beaucoup de langues, la notion de ‘canicule’ se traduit d’ailleurs littéralement par ‘vague de chaleur’ : ‘heatwave’, ‘hitzewelle’, ‘ola de calor’… », fait remarquer l’expert.

Quand parle-t-on de canicule ?

Le mot canicule est « attribué aux situations concernées par une vigilance orange ou rouge canicule », a expliqué Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France, lors d’un point à la presse le 14 juin 2022. Une canicule se manifeste par un « épisode de températures élevées, de jour comme de nuit, sur une période prolongée », peut-on aussi lire sur le site de Météo France. La dimension exceptionnelle des températures nocturnes est prise en considération. Lorsque les températures sont élevées durant plusieurs jours de suite, la chaleur peut représenter un danger pour la santé.

Les épisodes de canicule surviennent plutôt entre début juillet et mi-août, mais la France connaît des épisodes de canicule de plus en plus précoces et intenses. Ce fut le cas du 17 au 24 juin 2017, avec 90 départements placés en vigilance canicule jaune ou orange. La tendance est celle d’une hausse de la fréquence et de l’intensité de tels épisodes de chaleur à l’avenir. « La fréquence des événements devrait doubler d’ici à 2050 », a prévenu Météo France.

Qu’est-ce qu’un dôme de chaleur ?

Le terme de « dôme de chaleur » est utilisé pour décrire un phénomène plutôt statique. « On est sous l’influence d’un anticyclone [ndlr : une région de l’atmosphère caractérisée par de hautes pressions]. L’air chaud est piégé sous ce bocal virtuel, où la canicule se construit jour après jour », décrit Matthieu Sorel. La hausse des températures se fait alors de façon progressive, au fil des jours.

Qu’est-ce qu’une plume de chaleur ?

L’expression de « plume de chaleur » a fait son apparition en juin 2022, expliquée par le climatologue Christophe Cassou, directeur de recherche au CNRS et auteur principal du 6e rapport du GIEC. Cela désigne « un panache, un tentacule qui vient du sud », résume-t-il sur Twitter.

« On est dans une configuration d’advection [ndlr : déplacement horizontal] d’air chaud par le sud. C’est une vague de chaleur advective », complète Matthieu Sorel. Le phénomène est plus dynamique que celui d’un dôme de chaleur, les particules d’air empruntant un même chemin, comme dans un entonnoir.