Lancé en accès anticipé le vendredi 19 janvier, Palworld, aka « le Pokémon avec des armes » est en train de faire un véritable carton sur Steam. Plus d’un million de joueuses et de joueurs s’y connectent en même temps depuis le week-end.

Plus de 1,2 million : c’est le nombre de joueuses et de joueurs qui ont été connectés en même temps sur Palworld le dimanche 21 janvier, via Steam (selon SteamCharts). Dans l’histoire, seul un jeu payant a fait mieux (et il est devenu gratuit) : PUBG. Des pointures comme Cyberpunk 2077 (1 054 388), Hogwarts Legacy (879 308) ou encore Baldur’s Gate 3 (875 343) doivent s’incliner devant ce qui ressemble pourtant à une copie Wish de Pokémon.

Cette fréquentation record, qui ne tient pas compte des chiffres réalisés sur les consoles Xbox ou via le Xbox Game Pass, s’explique par premiers chiffres de ventes ahurissants. Dans un tweet publié le 21 janvier, les développeurs se félicitent d’avoir écoulé plus de 4 millions d’exemplaires en trois jours. On parle ici d’un jeu qui n’est disponible qu’en accès anticipé (lire : il est loin d’être terminé), créé par un studio dont la réputation est trouble.

D’où vient le succès surprise de Palworld ?

Ces dernières années, l’exposition médiatique de Palworld s’est construite sur des bandes-annonces cruelles et irrévérencieuses. On y voit des créatures mignonnes, dont le design rappelle les Pokémon, se faire malmener et exploiter. Très vite, Palworld a obtenu un surnom : le « Pokémon avec des armes ». Les images montrent des inspirations venues d’un peu partout : là du Fortnite, ici du Zelda. Le tout au service d’une expérience de survie rappelant Ark. Sur le papier, rien ne semblait tourner rond pour Palworld.

Ce départ canon peut d’abord s’expliquer par la nature même du projet. En s’inspirant ouvertement de Pokémon (une licence populaire, exclusive et parfois accusée de se reposer sur ses acquis) pour offrir un gameplay en partie centré sur la capture, Palworld tape dans le mille. Ce que résume très bien Dinga Bakaba, directeur créatif du studio Arkane Lyon : « À l’arrivée, ce jeu se trouve au centre d’un improbable diagramme de Venn :

  • Les gens qui aiment Pokémon : ‘Cool, Pokémon avec des armes’
  • Les gens qui n’aiment pas Pokémon : ‘Cool, Pokémon avec des armes’
  • Les gens qui aiment les jeux de survie : ‘Un jeu de survie !’ »

Le jeu le plus populaire sur Twitch

Pocketpair a par ailleurs visé juste en donnant la possibilité aux streamers de montrer le jeu en avance. Ils étaient même invités à le faire : sur la page officielle, on peut voir le message « Creator Review Code Applications » affiché en plein milieu. Dimanche soir, vers 23h, le jeu pesait près de 300 000 vues en direct sur Twitch. Des chaînes populaires comme Wankil Studio (plus de 11 000 spectateurs), Locklear (plus de 9 000) et Gotaga (plus de 8 000) affolaient les compteurs. Ces derniers jours, Palworld a donc bénéficié d’un soutien immense de la part de créateurs qui exercent de l’influence, sachant que le jeu se prête plutôt bien au spectacle avec sa violence teintée d’humour noir. Le combo est parfait pour poser les germes d’un succès : un jeu au potentiel évident en streaming + des streamers appréciés qui le montrent.

Un dimanche soir sur Twitch // Source : Maxime Claudel pour Numerama
Un dimanche soir sur Twitch // Source : Maxime Claudel pour Numerama

Il n’empêche, on se demande comment Pocketpair va gérer un tel succès, maintenant que Palworld est devenu un phénomène. Il y a vraiment beaucoup à faire pour que le titre se montre à la hauteur d’un tel engouement (Numerama a joué une grosse dizaine d’heures). Et il y a comme l’ombre d’un doute : Craftopia, l’autre gros jeu du studio, est toujours en accès anticipé alors qu’il est sorti en 2020. On remarque d’ailleurs de grosses ressemblances entre les deux titres (Craftopia emprunte un peu plus à Zelda, mais il y a des mécaniques et des assets visuels en commun). On parle aussi d’un studio qui revendique avoir fait appel à une IA pour créer un jeu : AI: Art Impostor, aussi en accès anticipé depuis 2022. Bref, Pocketpair inspire tout sauf la confiance. Derrière le buzz, il va maintenant falloir assumer.


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