L’épisode 2 reprend certaines séquences du jeu avec beaucoup d’exactitude, mais en changeant leur cours ou leur finalité. C’est le cas pour le destin de Tess ou encore le fonctionnement même des infectés. Spoilers !

C’est la même scène… mais différente. L’adaptation de The Last of Us par HBO suit la même chemin que le jeu, mais n’hésite pas à s’émanciper dans sa façon de mettre en scène son émouvant road trip post-apocalyptique. Dès le premier épisode, par exemple, la série reprenait le même choc original, avec la perte de Sarah, mais parvenait à étendre l’histoire de ce personnage.

Pour Tess, c’est un autre destin que Craig Mazin et Neil Druckmann réserve au personnage dans l’épisode 2 diffusé sur Prime Video le 23 janvier. Ce qui vient s’ajouter à un autre changement majeur dans la façon dont la pandémie de zombies de The Last of Us fonctionne.

Attention, spoilers sur l’épisode 2 de la série — valables aussi pour les fans du jeu.

Tess dans la série The Last of Us // Source : HBO
Tess dans la série The Last of Us // Source : HBO

Comment meurt Tess dans la série par rapport au jeu The Last of Us ?

Comme dans le jeu The Last of Us Part I, Tess, Joel et Ellie se retrouvent coincés dans le Capitole alors qu’ils tentent de fuir la ville confinée. C’est là qu’ils affrontent une version évoluée des infectés : les terribles claqueurs. Durant cet affrontement, Tess est mordue par l’un de ces « zombies ». C’est dans le hall d’entrée qu’elle révèle sa condition à Joel et Ellie.

Dans le jeu, Tess se sacrifie pour que le duo puisse s’enfuir. Les soldats de la FEDRA (faction antagoniste issue de l’armée, en charge de plusieurs zones de quarantaine) font tomber la porte principale, puis, après un échange de coups de feu, exécutent Tess. Elle aura au moins réussi à les ralentir, mais Ellie et Joel devront les affronter un peu plus tard.

Dans la série, Tess fait également preuve d’un sacrifice. Mais ce sont des infectés qui frappent à la porte. Le duo s’enfuit, tandis que Tess, de toute façon condamnée, répand de l’essence dans le hall d’entrée. C’est à l’aide d’un briquet qu’elle va mettre le feu à la horde, tuant les infectés et les empêchant aussi de poursuivre Ellie et Joel.

Tess est interprétée par Anna Torv. // Source : HBO
Tess est interprétée par Anna Torv. // Source : HBO

Craig Mazin, co-showrunner de l’adaptation, expliquait au Washington Post : « L’un des besoins que nous avions était de montrer comment les infectés prennent le contrôle d’une ville. Comment fonctionnent-ils ? Comment infectent-ils ? Combien d’entre eux sont là ? Quels sont les types d’infection ? Et cela a naturellement conduit à ce qui était le plus logique, à savoir que c’est des infectés plutôt que des soldats du FEDRA [qui tuent Tess]. »

La scène bizarre du… « bisou zombie »

Cette séquence donne lieu à une scène très étrange. Après avoir répandu l’essence, Tess ne parvient pas immédiatement à activer son briquet. Un infecté s’approche alors doucement vers elle, sans l’attaquer… puis pose sa bouche sur la sienne. C’est une mise en scène reposant entièrement sur du body horror — lorsqu’un élément scénaristique horrifique est directement lié au corps humain.

À ce stade, Tess est déjà contaminée. Or, l’épisode 2 a aussi établi durant son introduction (située en 2003 en Asie) que le Cordyceps, le champignon causant l’infection zombifiante, génère des sortes d’excroissances au sein de la bouche — des vrilles (terme botanique pour des tiges similaires à des tentacules biologiquement actives). Durant cette scène, les vrilles de l’infecté viennent… s’insérer dans la bouche du personnage, pour se connecter à son infection naissante.

Lorsque l'infecté s'approche de Tess... burk. // Source : HBO
Lorsque l’infecté s’approche de Tess… burk. // Source : HBO

Il y a différentes interprétations possibles quant à la symbolique de cette scène. Celle d’une sexualisation est très peu envisageable, puisque ce n’est en aucun cas le ton pris par la série (ni le jeu) sur ses personnages féminins. Les showrunners ont plus probablement cherché à accentuer l’horreur physique dans la cinématographie, mais surtout à représenter le fonctionnement biologique du Cordyceps entre infectés. Ainsi, il ne s’agit pas vraiment d’un « bisou » à proprement parler, sauf dans le regard d’un spectateur humain, mais d’une connexion entre les vrilles de deux hôtes du Cordyceps. Ce choix du biologique faisant fi de la représentation sociale d’une scène peut certes poser question. Mais le système n’est pas sans rappeler celui d’Alien — transformant les corps humains en réceptacles biologiques désincarnés pour une espèce fonctionnant autrement.

C’est d’ailleurs là un autre changement majeur de la série : la façon dont fonctionnent les infectés (les zombies).

Les infectés forment un réseau

Il est très rare que la série The Last of Us mobilise une explication verbalisée par ses personnages, plutôt qu’une mise en scène. C’est une œuvre qui n’explique pas : elle montre, charnellement, émotionnellement, son récit. Mais lors d’une rare séquence d’exposition, Tess détaille le fonctionnement des infectés. Celui-ci est très différent que celui présenté dans les jeux.

Il est établi dans la série que les zombies développent des excroissances sous forme de vrilles. // Source : HBO
Il est établi dans la série que les zombies développent des excroissances sous forme de vrilles. // Source : HBO

L’héroïne explique que les vrilles du Cordyceps, qui se développent au sein du cerveau et de la bouche (en somme, du crâne), relient les infectés à distance. Même à plusieurs mètres ou kilomètres. Des groupes d’infectés partageraient ainsi une sorte d’esprit connecté, à la manière d’une ruche. Et tout reposerait donc sur ces vrilles que l’on peut apercevoir sortant de la bouche des infectés — et impliquées dans la fameuse scène finale de Tess.

Ces éléments viennent remplacer les spores du jeu, afin de rendre les mécaniques de contamination du champignon plus crédibles. Mais cela vient aussi accentuer le danger dramatique en toile de fond : si combattre un zombie dans un lieu peut possiblement rameuter des zombies situés à plusieurs kilomètres, la menace est latente en permanence.


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