Fils spirituel des deux premiers Dead Space, The Callisto Protocol risque de taper dans l’œil des amateurs de gore et d’atmosphère angoissante. Le rendez-vous pour décembre est pris.

Le cadre d’une présentation est souvent important. Lorsqu’on m’a invité à découvrir The Callisto Protocol dans un coin méconnu de Paris, je ne savais pas où je mettais les pieds. La devanture ne payait pas de mine, quand l’intérieur était plongé dans une obscurité volontaire, pour se marier avec l’univers lugubre du jeu vidéo attendu pour le 2 décembre sur PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series S, Xbox Series X et PC.

Si l’objectif était de mieux nous plonger dans l’ambiance, on peut dire que ce fut une réussite.

Ça fait peur Ça fait peur aussi

Derrière The Callisto Protocol, on retrouve Striking Distance Studios, filiale de Krafton, l’éditeur derrière le phénomène PUBG (concurrent de Fortnite). À l’origine, The Callisto Protocol devait d’ailleurs être un projet annexe du Battle Royale. Il a finalement coupé les ponts pour voler de ses propres ailes et devenir un jeu vidéo à l’identité propre. On y suivra Jacob Lee (incarné par l’acteur Josh Duhamel, vu dans les films Transformers), enfermé dans une prison qui va tomber dans le chaos. Et c’est bien le chaos dans The Callisto Protocol.

The Callisto Protocol // Source : Krafton
Le sens du détail // Source : Krafton

The Callisto Protocol fait l’apologie du gore

Vous connaissez certainement la célèbre formule « Âmes sensibles, s’abstenir » , affiliée à toutes ces œuvres pensées pour faire peur et/ou pour choquer. Elle suffit normalement à se préparer psychologiquement, à mieux appréhender des événements horribles. Cette expression s’avère en réalité bien trop tendre pour The Callisto Protocol, véritable musée de l’horreur qui glorifie le gore comme jamais. Il faut avoir l’estomac bien accroché pour assister aux mises à mort d’une brutalité édifiante. Dans cette expérience instillant un sentiment de malaise permanent, chaque game over est une punition pour la joueuse et le joueur.

Le gore n’est pas qu’un indicateur visuel

Car Striking Distance Studios ne cherche jamais à nous épargner. Quand on se fait avoir par un monstre, on se prend une violence graphique répugnante en pleine tête. Où notre héros se fait arracher le crâne ou un membre, au choix, pendant de longues secondes. L’agonie et le sentiment d’impuissance n’en sont que plus marquants, ce qui pousse les joueurs et joueuses à y réfléchir à deux fois avant de se lancer tête baissée dans l’action. Les développeurs imaginent les affrontements comme des puzzles. Par conséquent, il est impossible de faire n’importe quoi dans The Callisto Protocol, sous peine de se retrouver sans munition et à la merci de vils monstres.

À noter qu’on peut, nous aussi, se déchaîner sur les ennemis en les piégeant grâce à l’environnement. Les décors, où la visibilité est réduite pour appuyer davantage la torpeur (coucou la brume où on ne voit presque rien), sont truffés d’éléments susceptibles de planter ou de découper les autochtones. Jacob Lee a accès à une technologie qui lui permet d’utiliser la gravité pour faire virevolter objets et êtres vivants, façon pouvoir de télékinésie. C’est souvent grisant, même s’il faut être un peu sadique pour apprécier cette facette du gameplay. Le gore n’est pas qu’un indicateur visuel : il faut s’en servir, voire s’en amuser, pour résister face aux nombreuses menaces.

The Callisto Protocol // Source : Krafton
Le héros s’apprête à perdre la tête, au sens propre // Source : Krafton

Visuellement, The Callisto Protocol en impose. On sent que Striking Distance Studios cherche à faire un beau jeu, dont la finesse visuelle permet d’aller encore plus loin dans l’horreur. On ira jusqu’à affirmer que l’évolution graphique constatée ces dernières années est bénéfique pour le genre survival-horror, dont les représentants peuvent encore plus se rapprocher de la réalité (et, donc, faire peur). Resident Evil Village en est la preuve criante, et The Callisto Protocol est bien parti pour appuyer ce constat avec ses multiples effets qui se mettent au service d’une ambiance délétère.

The Callisto Protocol ressemble à Dead Space

The Callisto Protocol est-il le fils spirituel de Dead Space qui, hasard du calendrier, aura droit à un remake début 2023 ? Oui, assurément. Et il suffit de se pencher sur les noms qui sont derrière les deux jeux pour s’en convaincre. Dead Space a été créé par Glen Schofield, qui est désormais à la tête de Striking Distance Studios. L’intéressé ne s’en cache pas, mais assure toutefois que son nouveau projet dispose de sa propre identité, en plus de s’appuyer sur un gameplay, fort heureusement, plus profond.

Les similarités sont nombreuses, particulièrement le fait de se retrouver seul dans un endroit hostile, avec un accès à un arsenal original et varié. Outre le contexte (on incarne un ingénieur dans Dead Space), The Callisto Protocol se distingue surtout grâce à la possibilité de se battre au corps-à-corps.

The Callisto Protocol // Source : Krafton
La matraque du bonheur ? // Source : Krafton

Jacob Lee est effectivement équipé d’une matraque paralysante, une arme utile pour se débarrasser des ex-détenus sans gaspiller de ressources. Attention, les affrontements de proximité ne sont pas sans risque. Il est nécessaire de maîtriser les esquives sous peine de vite poser un genou à terre. Dans The Callisto Protocol, les combats sont étonnamment exigeants, et on ne s’attendait pas à une telle variété dans les approches.

Ce gameplay plus profond qu’il n’y paraît est en adéquation totale avec le bestiaire qui sévit dans ce qui ressemble à une succession de couloirs de la mort. Pire, si vous ne les éliminez pas assez vite, les monstres peuvent muter et être encore plus puissants. En résumé, The Callisto Protocol est la définition même d’une production oppressante.

Âmes (très, très) sensibles, s’abstenir.


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