L'abonnement « premier prix » de Netflix, historiquement bloqué à 7,99 par mois, commence à être touché par les augmentations de tarifs que la plateforme effectue régulièrement dans le monde. Après les États-Unis, c'est au tour du Royaume-Uni.

Le tarif « premier prix » à 7,99 de Netflix sera-t-il bientôt de l’histoire ancienne ? Il semblerait que ce montant, jadis sacré, commence à être augmenté à travers les monde. Dernier exemple en date : la plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) va rehausser le montant de certains abonnements au Royaume-Uni, a rapporté le Guardian le 30 mai 2019. Netflix a confirmé.

L’abonnement de base nommé Essentiel (un écran) passera de 7,99 £ à 8,99 £ par mois (soit environ 10 euros), tandis que le Standard (2 écrans) sera deux livres plus cher, pour atteindre 11,99 £ par mois. L’abonnement à 4 écrans restera inchangé.

Netflix dispose de 10 millions d’abonnés outre Manche : ceux-ci devraient être affectés par la hausse des tarifs « au fil des prochaines semaines ». Les nouveaux abonnés, en revanche, payeront immédiatement le prix fort.

Capture d’écran de la série « Easy » // Source : Netflix

Des investissements toujours plus élevés

Il ne s’agit pas d’une surprise pour qui connaît l’industrie actuelle de la vidéo en streaming : les nouvelles plateformes vont se multiplier dans les mois à venir (Disney+ en tête, avec son abonnement à 6,99 dollars par mois et ses nombreux blockbusters, mais aussi Apple TV+ ou Warner), et le leader Netflix va être challengé de toutes parts, même s’il a une bonne longueur d’avance avec ses 148 millions d’abonnés dans le monde.

Très endettée, la multinationale multiplie les investissements en contenus originaux mais aussi les achats de licences très prisées, et a donc besoin de liquidités pour les financer. Elle réalise ainsi des vagues de hausse de tarifs dans certains pays, comme en Europe ces derniers mois (Allemagne, Autriche, Suisse). Mais l’une de ses fiertés était de n’avoir pas changé, depuis des années, son tarif de base le plus abordable, à 7,99 (dollars, euros, livres) par mois. Reed Hastings, le CEO de l’entreprise, de passage à Paris en septembre 2018, avait encore insisté sur le fait que son entreprise n’avait pas augmenté le coût de cet abonnement lorsque Numerama l’avait rencontré.

Cette barrière est pourtant en train de sauter. Avant la Royaume-Uni, dont le tarif « premier prix sera donc désormais de 8,99 livres par mois, c’est aux États-Unis que la plateforme avait renoncé à son historique abonnement à 7,99 dollars par mois, signant au passage la plus grosse hausse de son histoire en janvier 2019.

Les arguments de Netflix sont audibles : la firme investit énormément pour fournir plus de contenus exclusifs à ses abonnés que n’importe quel concurrent (linéaire ou SVOD) — au risque même de les noyer sous les contenus —  sur une plateforme sans publicité. Mais le symbole est important, car il témoigne de l’obligation de renoncer à certains marqueurs emblématiques pour continuer à maintenir une courbe de croissance toujours très positive.

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