Au Mobile World Congress, des militants de Greenpeace sont montés sur la scène du palais des congrès pour interpeller Samsung au sujet du Galaxy Note7.

Qui a dit que Samsung avait un souci ? Le Mobile World Congress, s’il reste un événement commercial pour présenter des produits technologiques, n’en demeure pas moins une expérience intéressante pour tâter le pouls de la technologie et des grandes marques qui tentent de la faire. L’an passé, Samsung avait créé l’événement en invitant Mark Zuckerberg sur la scène de sa conférence. Cela avait été l’occasion de prendre l’un des clichés les plus commentés de l’année : vous vous souvenez tous de cette photographie sur laquelle on voit Zuckerberg marcher au milieu d’analystes financiers sous des casques de réalité virtuelle.

Cette conférence, c’était l’aboutissement d’un travail de titan de la part de Samsung pour devenir un véritable géant de l’innovation, modèle pour l’industrie. Le Galaxy S7 était indéniablement le roi du MWC 2016, un modèle impossible à dépasser que certains constructeurs ont tout juste réussi à égaler. On avait là tout le symbole d’un Samsung sûr de lui, maître en son royaume, pourfendeur de la concurrence.

En 2017, bien des choses ont changé. Samsung a vécu une deuxième moitié d’année 2016 misérable, notamment avec l’affaire du Galaxy Note7 explosif. Cette catastrophe industrielle sonne désormais comme un tournant dans l’histoire de la firme, à l’heure où les sondages montrent que ses clients habituels ont perdu confiance. Quelque-chose qui avait mis du temps à se construire s’est probablement brisé. Aujourd’hui, au MWC 2017, Samsung est une ombre : la firme a pris la scène pour présenter deux tablettes tactiles dont on peine à trouver un intérêt par rapport au marché actuel.

Le plus symbolique, puisqu’il est question de symbole, c’est l’intervention de Greenpeace lors du show Samsung. Avant la conférence, des militants ont accroché une banderole sur le toit du palais des congrès de Barcelone pour mettre en valeur le scandale écologique qu’avait été le Galaxy Note 7. Les militants ont été très vite maîtrisés par les forces de l’ordre, mais cela n’a pas empêché l’ONG de redoubler d’efforts : un militant a réussi à s’infiltrer sur la scène pendant la conférence, avec une pancarte qui demandait à Samsung ce que le constructeur allait faire des 2,7 millions de Galaxy Note 7 qui attendent dans des hangars.

Cette intervention de l’ONG qui lutte pour la protection de l’environnement est particulièrement intéressante, dans la mesure où elle contraste avec le luxe, les paillettes et le côté too much du moment Zuckerberg de 2016. Alors que la firme coréenne est impliquée dans le scandale de corruption à la tête de l’état — son dirigeant exécutif est en ce moment entendu par la justice locale –, Samsung subit des pressions au sujet de la fin de vie du Galaxy Note 7. Sera-t-il reconditionné pour être vendu en Inde et en Australie ? Difficile d’imaginer comment le géant saura faire passer la pilule auprès de populations qui ont connu les interdictions de ces modèles, notamment dans les avions.

Sans Galaxy S8 et poursuivi par ses fantômes jusqu’à Barcelone, le Samsung que l’on a pu voir ce soir n’avait plus grand chose du Samsung de l’année dernière. Peut-être pour le meilleur : parfois, heureusement, les erreurs permettent de progresser. Et vu comment le marché des smartphones se structure autour des constructeurs chinois qui ne veulent plus laisser de chance à leurs concurrents coréens, Samsung a plutôt intérêt à réagir. Vite et bien.

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