Pour sa série Netflix, David Fincher n'a pas laissé de côté son appétit pour les nouvelles technologies. Particulièrement cinématographique, soignée et mise en scène avec brio, Mindhunter se place par-delà les productions du petit écran auxquelles nous avons l'habitude. Notamment grâce à une lourde utilisation d'effets spéciaux invisibles à l’œil.

Lorsque l’on parle effets spéciaux au petit écran, on pense pétards ou 3D mal finie, voire dragons géants dans Game of Thrones. Mais par-delà ce que nous entendons et voyons habituellement comme CGI, il existe tout un monde d’effets plus discrets, voire invisibles, qui viennent agrémenter un univers, construire une époque ou simplement colorer une prise.

Dans Mindhunter (Netflix), David Fincher a eu particulièrement recours à ces derniers : teinte des fenêtres, augmentation des décors, symétrie améliorée, ou simplement suppression des anachronismes visuels — le scénario se déroule à la fin des années 1970. Tout y passe pour aboutir à une merveille à l’écran qui rappelle Zodiac.

Et si Fincher ne réalise que quatre épisodes sur l’ensemble de la série, l’équipe de monteurs et de production suit à la lettre une esthétique qu’on pourrait nommer fincherienne. Jeu sur les couleurs, sur les plans — les face à face avec les tueurs sont manifestes — mais également sur la disposition des objets et décors, que l’on ne découvre pas si naturelle grâce à une vidéo passionnante publiée par Artemple, un studio prisé par Fincher (Gone Girl) mais aussi HBO et Scorsese (Vinyl).

Colorisation de l’environnement, mais également ajout de détails — perfectionnisme oblige –, le studio dévoile l’envers de la cinématographie froide et sodium light du réalisateur. On découvre ainsi qu’en coulisse, l’équipe n’a pas compté ses efforts pour rendre chaque image fidèle à l’univers imaginé par le créateur, parfois en s’attardant jusqu’à l’excès sur l’ombre d’une fenêtre ou même la date sur un tableau publicitaire.

À gauche la prise originale, à droite, la colorisation en studio

En outre, malgré de nombreuses prises en dehors des studios, on comprend que la série a largement été tournée en studio avec fonds vert sans bien sûr que cela n’apparaisse à l’écran.

L’Américain Adobe offre également quelques données techniques sur le montage de la série réalisé sur Premiere. Un clip bien que promotionnel et peu partial quant au rôle du logiciel donne à voir quelques techniques qui intéresseront les curieux. Connu pour exiger de ses acteurs de très nombreuses prises, on apprend aussi que Fincher a employé à de nombreuses reprises une technique dite split-screen. Invisible durant la série, la méthode permet de fusionner deux prises en une seule pour tirer le meilleur d’une prestation ou d’une lumière précise.

Enfin, comme nous l’apprend le site professionnel Cinema5D, RED, le constructeur de caméra numérique prisé par Hollywood a conçu pour Mindhunter et le réalisateur sa première caméra complètement personnalisée. Ainsi la RED Xenomoprh a été créée spécialement pour le réalisateur et ne sera jamais commercialisée. Il s’agirait d’une RED Dragon (6K) mais comprenant tous les accessoires et paramètres voulus par le réalisateur pour tourner sa série.

La RED Xenomorph de Fincher / RED

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