Takahiro Oba, le dessinateur du manga Sky-High Survival, est de passage à Bruxelles ce week-end à l'occasion du salon Made In Asia. Il nous en dit plus sur sa série atypique, un mélange réussi entre le suspense, l'horreur et le survival.

Que feriez-vous si vous retrouviez soudainement coincé(e) sur le toit d’un gratte-ciel, sans possibilité de redescendre, alors qu’une bande d’assassins masqués vous poursuit sans répit ? Yuri, l’héroïne de Sky-High Survival, lancée à la recherche de son frère dans ce monde mystérieux, où le seul moyen d’avancer est d’emprunter l’une des passerelles qui relient un toit à un autre, comprend vite que le seul moyen de survivre dans ce monde hostile est d’éliminer ses poursuivants.

Depuis le lancement français en fanfare de Sky-High Survival à Japan Expo en juillet 2016, le manga d’horreur-survival signé Tsuina Miua et Takahiro Oba compte aujourd’hui 5 tomes sur les 11 qui continuent de paraître au Japon. Nous avons rencontré son dessinateur, Takahiro Oba, présent en dédicace au salon Made In Asia, à Bruxelles, jusqu’à dimanche.

Ce qui frappe dans le manga, c’est que tous les ennemis de Yuri ont le même masque mais sont en même temps dotés d’un look unique…

Takahiro Oba : J’ai essayé de travailler sur les vêtements, les mouvements de chaque personnage. C’est comme ça que j’ai essayé de les différencier mais le fait que vous ayez remarqué qu’ils masqués et disposent en même temps de leur propre personnalité me fait très plaisir.

Quel élément de la série est le plus difficile à dessiner ?

Quand j’ai commencé à dessiner la série, je travaillais seul. Jusqu’au troisième tome, je dessinais tout, des personnages aux décors. Dans le tome 3, je dirais que 60 % vient de moi et 40 % de mes assistants.

Aujourd’hui, j’en ai 3 et ce sont eux qui s’occupent de tous les décors, je me concentre sur les personnages. Maintenant, ça se passe mieux, mais quand je travaillais seul c’était très dur.

Avez-vous eu votre mot à dire sur le scénario conçu par Tsuina Miura ? Comment est né ce concept original ?

Quand j’ai reçu la proposition de travailler sur cette série, le scénario était plus ou moins déjà écrit, en tout cas jusqu’au troisième tome. Le concept a donc vraiment été imaginé par [Tsuina Miura]. Mais ce que j’ai aimé, c’était l’idée de ces gratte-ciel qui sont reliés par des passerelles. J’ai trouvé cette idée vraiment extraordinaire et ça m’a donné envie de dessiner ce décor.

C’est lui qui écrit l’histoire mais je lui donne quand même quelques idées, voire parfois des demandes. Il m’arrive par exemple de lui demander d’approfondir certains personnages mais le scénariste reste libre d’écrire l’histoire, ce ne sont que des propositions, c’est lui qui décide.

L’histoire se déroule dans un univers fictif mais vous êtes-vous inspiré de buildings réels pour les décors, aperçus à Tokyo ou Osaka ? 

J’étudie de nombreux immeubles existants. On voit d’ailleurs de vrais buildings dans le manga.

Peut-on imaginer retrouver l’un des gratte-ciel de La Défense que vous avez pu apercevoir lors de votre séance de dédicace dans un prochain tome de la série ?

J’ai trouvé une sorte d’arc de triomphe moderne à La Défense, il était très intéressant donc j’ai pris pas mal de photos.

On ressent l’influence de Battle Royale dans le scénario, mais s’agit-il aussi d’une source d’inspiration dans le dessin, qui la fait part belle au gore ? 

Ce genre d’histoire ne m’a pas influencé directement pour mes dessins et Battle Royale non plus. Personnellement, j’aime beaucoup le genre de l’horreur et du survival donc de manière très inconsciente, il y a forcément des choses qui m’ont influencé.

© Tsuina Miura/Takahiro Oba/Kôdansha

Qu’est-ce qui fait selon vous la force du genre survival ? 

Ce sont des histoires très excitantes parce qu’elles parlent toujours de la vie et de la mort : ça fait peur, il y a beaucoup de tension !

Le phénomène mystérieux qui entraîne Yuri dans cette situation sera-t-il expliqué dans la série ? 

© Tsuina Miura/Takahiro Oba/Kôdansha

À un moment donné, c’est sûr, on saura pourquoi Yuri se retrouve dans cet univers mais moi-même très honnêtement je ne le sais pas encore ! (rires)

On voit souvent, dans les mangas, les collégiens ou lycéens se retrouver sur les toits pendant leur pause déjeuner. S’agit-il d’une source d’inspiration pour Sky-High Survival ?

Il n’y a aucun rapport entre le fait que les lycéens mangent sur les toits de l’école et l’univers de la série. C’est vrai que dans beaucoup de mangas, on voit des lycéens ou des collégiens qui mangent sur les toits mais c’est simplement quelque chose qui fait rêver, parce que beaucoup d’écoles, pour des raisons de sécurité, bloquent l’accès du toit de l’école. C’est le rêve de beaucoup de gens ! (rires)

Qu’avez-vous retenu de votre première rencontre avec le public français ?

Plusieurs parents qui venaient de découvrir le manga se sont mis dans la file d’attente et ont décidé de l’offrir à leurs enfants, c’est quelque chose qu’on ne voit jamais au Japon et ça m’a beaucoup étonné.

Le planning de Takahiro Oba à Made In Asia

Vendredi 3 mars : dédicace de 16h à 18h
Samedi 4 mars : dédicace de 10h30 à 12h30 et masterclass à 15h (inscriptions closes)
Dimanche 5 mars : dédicace de 10h30 à 12h30

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