On ne cessera de répéter qu’il n’y a rien de pire que les exclusivités pour favoriser le développement du piratage. C’est encore plus vrai lorsque ceux qui bénéficient des exclusivités sont des opérateurs, ce qui exclue d’office les abonnés des FAI concurrents, contraints à se risquer au téléchargement sur BitTorrent faute d’alternative légale sur Internet. Il n’empêche que Free réalise une jolie prise avec la trilogie des Ocean’s Eleven, Twelve et Thirteen.

Le fournisseur d’accès est en effet le seul à proposer les trois films en haute-définition sur son service Free Home Video, accessible uniquement à partir de la Freebox HD. Les films sont proposés dans le cadre de l’offre Free Home Video à 5,99 euros par mois. Free propose également sur son bouquet HD les séries Ugly Betty, Desperate Housewives et Lost, en partenariat avec TF1 Vision.

Free veut diffuser les chaînes TV Orange

Par ailleurs, Free a envoyé une requête écrite à France Télécom pour lui demander la possibilité de distribuer les chaînes de télévision Orange. Maxime Lombardini, le PDG du groupe Iliad (maison-mère de Free), a expliqué à l’agence Dow Jones qu’il s’agissait d’offrir les chaînes d’Orange « de la même façon que l’on distribue celles de Canal +« . Il a laissé entendre qu’en cas de refus, presque assuré, Free pourrait porter l’affaire devant la Justice.

« Il n’est pas possible d’imaginer qu’un opérateur qui a des moyens pareils les utilise pour préempter le marché« , a prévenu M. Lombardini. « Si la réponse de France Télécom est négative, nous examinerons les suites juridiques à donner à cette démarche contraire au maintien d’une juste concurrence« .

Orange s’est avancé sur le terrain de Canal + en annonçant d’abord le lancement de ses chaînes Orange Cinema Series à l’automne prochain, avec des excluvités issues des catalogues de Warner Bros et HBO, notamment. Il a aussi frappé fort en annonçant une offre séduisante pour la diffusion des matchs de Ligue 1 de football dont il a obtenu les droits.

Mais contrairement à Canal + qui peut s’additionner à un autre bouquet de télévision, Orange présente un véritable danger de distorsion de concurrence. Pour accéder aux chaînes TV d’Orange, sauf changement de politique commerciale, les consommateurs devront obligatoirement être abonnés aux services de communication Orange, qui sont exclusifs de ceux des autres opérateurs, au moins pour l’ADSL. On ne peut pas, sur une même ligne téléphonique, être à la fois client de Orange et de Free pour le haut-débit. En s’accaparant les contenus attractifs grâce à son porte-feuilles imposant obtenu par son statut d’opérateur historique, Orange marginalise les opérateurs concurrents.

Les chances de voir Orange répondre positivement sont, toutefois, extrêmement minces. France Télécom espère bien rentabiliser ses investissements dans les programmes en se servant d’eux comme appels d’offres pour les abonnements téléphoniques et internet. Si l’opérateur était contraint de libérer la commercialisation de ses chaînes, c’est tout un modèle économique qui serait affecté.

Dossier à suivre.

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