Confronté à des critiques virulentes et à une publicité extrêmement négative de le part des acheteurs, Electronic Arts a finalement accepté de lâcher du leste sur le système de DRM imposé aux consommateurs qui achètent le jeu Spore. Mais plutôt que de le retirer totalement, ce qui serait la solution la plus simple et la plus respecteuse des clients, EA se contente d’assouplir légèrement les règles.

L’éditeur a ainsi indiqué qu’il sera bientôt possible de créer plusieurs comptes pour une même copie du jeu (aussi incroyable que cela puisse paraître, les frères et soeurs dans un même foyer devaient tous acheter leur propre copie du jeu pour jouer leur partie à eux), ou plutôt plusieurs pseudonymes par compte. Le jeu sera toujours limité à un seul compte pour le jeu en ligne, mais offrira la possibilité de jouer sous cinq pseudos différents avec leurs attributs.

Par ailleurs, il sera désormais possible d’installer le jeu sur cinq machines différentes plutôt que trois, et de « désactiver » une installation pour autoriser une machine supplémentaire.

Mais plutôt que de se contenter de faire son mea culpa et de repartir sur la pointe des pieds, EA préfère encore une fois accuser « les pirates » pour le fiasco créé par son système de DRM imbuvable. Le président du label EA Games Frank Gibeau s’est ainsi fendu d’un communiqué pour faire part de la déception de l’éditeur face à « l’incrompréhension qui entoure l’utilisation du DRM et la limitation du nombre de machines qui sont autorisées à lancer une même copie du jeu« . Preuve qu’Electronic Arts n’a toujours rien compris et souhaite toujours traiter ses clients comme des pirates en puissance (et qu’il tient à leur dire), l’éditeur critique « le bruit » fait par « ceux qui veulent seulement poster ou transférer des milliers de copies du jeu sur Internet« .

« Nous pensions que les consommateurs comprenaient que le piratage était un énorme problème, et que si les jeux qui prennent un à quatre ans à être développés sont effectivement volés le jour où ils sont lancés, les développeurs et les éditeurs arrêteront simplement d’investir dans les jeux sur PC« , menace-t-il. Statistiques à l’appui, il assure que 75 % des joueurs ont installé et jouer au jeu sur une seule machine, et que moins d’un pourcent des joueurs ont essayé d’y jouer sur plus de trois machines. Le fait même qu’il puisse avoir ces statistiques est en soi problématique. Dépense-t-on au minimum 50 euros pour jouer à un jeu ou pour se mettre une chaîne autour du cou ? EA ne veut pas trancher.

« Nous espérons que tout le monde comprend qu’une politique de DRM est essentielle à la structure économique que nous utilisons pour financer nos jeux et pour celle des gens qui les créent« , écrit Gibeau.

Mais non, nous ne comprenons pas. Comment un DRM peut-il être économiquement essentiel à EA si sa présence-même fait que la version piratée du jeu, apparue très vite après la sortie de la version commerciale avec un DRM entièrement retiré, est téléchargée par centaines de milliers d’exemplaires ?

Cette question-là, Frank Gibeau n’y répond pas.

Mais il conclut une nouvelle fois par la menace. « Sans la possibilité de protéger nos œuvres du piratage, les développeurs dans toute l’industrie du jeu arrêteront au final d’investir du temps et de l’argent dans les titres PC« , conclut-il. A se demander pourquoi ils continuent à travailler sur ce marché s’ils redoutent tant leurs clients.

Des studios qui font davantage confiance aux joueurs sur PC se feront sans aucun doute un plaisir de prendre la part de marché laissée vacante par Electronic Arts, sans utiliser de DRM. Certains ont déjà commencé

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