En 2022, Paris aura sa « ZTL », Zone à Trafic Limité. Un dispositif conçu pour empêcher le centre-ville d'être une simple voie de transit et favoriser les mobilités douces.

Se déplacer dans l’ultra-centre de Londres est aujourd’hui une expérience de ville plutôt unique : la zone à très faibles émissions (ULEZ pour Ultra Low Emission Zone) introduite par le maire Sadiq Khan en 2019 se remarque immédiatement. Les voitures électriques avancent en silence dans les rues qui, en quelques mois, ont vu leur taux d’émissions de gaz à effet de serre baisser d’un tiers. La capitale anglaise, qui fait déjà payer l’accès à son centre à de nombreux véhicules depuis de longues années, a ouvert la voie à une organisation des villes que Paris souhaiterait adopter — après Madrid, Milan ou Rome.

La fin du transit de véhicules en 2022

Dans un thread sur Twitter, complété par une consultation citoyenne en ligne, David Belliard, maire adjoint à Paris pour la transformation de l’espace public, les transports et  les mobilités, expose ce 12 mai 201 une vision du futur de Paris où la capitale française serait coupée en son centre par une « Zone apaisée ».

Dans les faits, ce nom marketing cache une « ZTL », pour Zone à Trafic Limité, qui serait délimitée par les artères des arrondissements centraux de Paris : le boulevard Saint-Germain au sud, et la continuité des boulevards des Italiens, Saint-Denis, Saint-Martin, du Temple et Beaumarchais au nord.

Les contours prévus de la ZTL parisienne // Source : Numerama

Cette ZTL au cœur de Paris n’est pas un concept pour diminuer les accès au centre aux professionnels (taxis, commerçants), aux personnes qui ont besoin d’un véhicule (personnes âgées, personnes à mobilité réduite) ou aux riverains. Il s’agit bien plutôt de bloquer la circulation dite de transit, qui correspond, d’après l’élu, à 180 000 véhicules par jour. Se rendre dans le centre de Paris sera donc possible, comme il est possible d’aller dans le centre de Londres, mais utiliser la ZTL comme une simple autoroute urbaine ne sera plus toléré.

Cette étape s’inscrit dans une dynamique de changements profonds opérés par la ville de Paris (et la région) ces dernières années, afin de rendre son hypercentre moins chaotique et moins pollué. La phase de transition fait grincer des dents les automobilistes, mais le plan à terme est d’encourager l’usage de voies de circulation bien plus adaptées aux voitures que de vieilles artères haussmanniennes et des petites rues.

S’ajoute à ces travaux une incitation à utiliser d’autres mobilités : les transports en commun bien entendu, mais également le vélo qui commence à avoir une place de choix dans les rues de Paris, notamment depuis le premier déconfinement et la pérennisation des coronapistes de vélo. Ces points seront cruciaux pour l’acceptabilité du projet auprès de la population : Paris ne dispose pas suffisamment de stations ouvertes aux personnes handicapées, de parkings pour laisser son véhicule à proximité des stations de métro ou, tout simplement, de lieux sécurisés pour garer un vélo. Les voies de circulation adaptée ne sont qu’une partie d’une infrastructure globale de ville moderne pensée sans la voiture en son centre.

Le projet de Zone apaisée devrait voir le jour en 2022. Dans un premier temps, la ville souhaite que les citoyens s’impliquent dans sa construction, par un questionnaire qui permettra de définir les grands axes de la ZTL. En octobre 2021, le projet sera arrêté et la ville commencera à communiquer sur ses limites et sur les nouvelles règles. Au premier semestre 2022, la ZTL sera mise en place selon ces règles.

 

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