On ne présente plus Cannondale, géant américain du vélo, qui livre sa version 2020 du vélo électrique urbain. Le Canvas Neo 1 à 3 799 €, marie le style à la puissance. Mais est-il adapté aux villes françaises et aux besoins des citadins ? C'est ce qu'on va voir.

Une première version de ce test indiquait que la batterie n’était pas amovible : elle l’est. L’agence qui nous a prêté le vélo avait avancé le contraire et n’avait ni la clef, ni le manuel, ce qui a fait baisser notre vigilance. L’erreur est corrigée dans le corps du test et dans la conclusion.

Les grèves vous ont épuisé, les beaux jours arrivent et les régions se mettent de plus en plus à pousser la pratique du vélo en même temps que les villes se modernisent et reprennent du terrain à la voiture, reliquat du 20e siècle. Oui, c’est un temps à investir dans un vélo. Si l’effort vous rebute ou que vous ne souhaitez pas transpirer, le vélo à assistance électrique est idéal, même si cela reste un investissement à réfléchir : ces modèles coûtent entre 500 et plusieurs milliers d’euros selon l’équipement, les finitions, le moteur et le style.

La marque américaine Cannondale commercialise en 2020 sa vision du vélo de route, évidemment surdimensionnée, nerveuse et stylée, nommée Canvas Neo 1 et 2. Vendus à 3 399 € et 3 799 €, les deux Canvas Neo sont des engins haut de gamme, équipés de moteur Bosch dernier cri. Que valent-ils au quotidien ? Nous avons testé le plus puissant des deux pour y répondre.

Design et caractéristiques

Le marché du vélo électrique n’échappe pas à la règle des biens de consommation : oui, une partie du prix demandé va dans le design. Et il faut reconnaître que le Canvas Neo en jette. L’esprit américain de Cannondale nous donne un cadre plutôt agressif, qui rappellera de loin les Harley, surtout dans la version Remixte que nous avons essayée où le tube principal est bas par rapport à la tige de selle. Certes, la partie du cadre qui tient la batterie Bosch 500w est un poil épaisse, mais sa position à l’avant du vélo ne gâche pas l’esthétique de l’engin.

Avec un guidon droit assez court, le vélo est tout de même massif. En longueur, du pneu avant jusqu’à l’extrémité du garde-boue, on mesure 1,90 m à peu près, que l’on peut rabaisser à un peu moins de 1m55 si l’on tourne le guidon. Autant le dire tout de suite : il est très difficile à entrer dans les ascenseurs anciens ou trop étroits sans le lever sur sa roue arrière — un problème que nous n’avons pas avec d’autres VAE imposants (ceux de Moustache, par exemple). Avec plus de 20 kg, n’espérez pas non plus le monter sur de trop nombreux étages. Heureusement, la batterie au format « tube » s’enlève avec une clef et peut être rechargée sans le vélo.

Cannondale Canvas Neo 1 // Source : Louise Audry pour Numerama

Côté motorisation, Cannondale intègre la solution très populaire de Bosch, dans deux déclinaisons sorties en 2020 : Performance Line et Perfomance Line CX. Le modèle que nous avons testé, le plus haut de gamme, est le modèle équipé de la version CX qui se distingue de sa petite sœur par un couple plus élevé (75 Nm contre 65 Nm) et quelques grammes en moins. Le prix, en revanche, prend un petit coup : le Canvas Neo 1 équipé du moteur Line CX s’affiche à 3 799 €, contre 3 399 € pour celui équipé du Line. Il est vrai que les premiers coups de pédale sont plus simples à faire avec le Line CX, mais pour utiliser au quotidien un modèle équipé d’un Line, la différence n’est absolument pas flagrante en pratique. Ce sont deux moteurs nerveux et parfaitement adaptés à la ville et aux dénivelés.

L’afficheur est en revanche de l’entrée de gamme : c’est l’ordinateur Purion assez classique, que Cannondale a choisi de configurer avec les modes Éco (minimal), Tour (moyen), Sport (variable, mais puissance élevée) et Turbo (puissance maximale). Bosch propose depuis peu l’option très confortable eMTB qui adapte en temps réel la puissance délivrée par le moteur aux besoins du cycliste, mais Cannondale ne l’a pas choisie pour son Canvas Neo. Sommaire, il affiche l’autonomie et la vitesse ainsi que les km parcourus (trajet actuel et depuis son allumage). On regrette un peu de ne pas avoir d’ordinateur de bord un poil plus poussé à ce prix-là, notamment côté port USB qui pourrait permettre de recharger la batterie d’un smartphone utilisé en GPS.

Cannondale Canvas Neo 1, ordinateur Purion // Source : Louise Audry pour Numerama

Côté autonomie, nous avons fait passer la batterie de 500w de 100 % à 0 % en un peu plus de 60 km (une semaine d’usage), sans ménager le moteur. Nous étions la plupart du temps en Turbo, les conditions n’étaient pas bonnes (vent) et nos trajets ont de beaux dénivelés urbains. Bosch annonce une centaine de kilomètres en faisant plus attention et cela nous semble cohérent. La charge complète se fait en 4h, à peu près.

L’équipement du vélo est classique pour cette gamme de prix, piochant dans le milieu de gamme chez Shimano pour les freins à disque hydrauliques et le bloc vitesses / dérailleur. On aurait aimé un équipement un peu plus haut de gamme sur le guidon : les poignées sont dures et compactes et font mal à la paume en usage longue durée, le sélecteur de vitesse aurait pu être un poil plus haut de gamme et prend un emplacement pas nécessaire sur ces vélos (avez-vous besoin de savoir à quelle vitesse vous êtes ?) et la sonnette est peu agréable à actionner.

Les énormes pneus Schwalbe de 29 pouces (tubeless ready, mais montés avec chambre à air par défaut) sont une bénédiction pour ces maudits rebords de piste et autres crevasses urbaines qui ont tendance à faire glisser les vélos jusqu’à la chute. Leur épaisseur compense l’absence de suspension à l’avant et sur la selle lors de trajets mouvementés.

Cannondale Canvas Neo 1 // Source : Louise Audry pour Numerama

Sur la route

Faire du vélo et être cycliste n’est pas véritablement la même chose et il faut reconnaître que le Canvas Neo s’en sort dans les deux cas. Pour aller au travail, le vélo de Cannondale est suffisamment nerveux et sécurisant, par sa taille et ses atouts déjà cités, pour être au top aux heures où le monde entier veut votre mort. Assez agile pour éviter ce livreur UPS qui a décidé que la piste cyclable était son parking, suffisamment équipé pour freiner quand cette trottinette a décidé de piler parce que son GPS l’a géolocalisée dans une zone restreinte, bien puissant côté moteur pour reprendre du rythme après avoir été coupé par une voiture qui n’a pas mis son clignotant. Bref, le Canvas Neo associe sécurité et confort.

Pour des balades plus chill où il n’y a ni point A ni point B, le Canvas Neo est agréable avec ses gros pneus et son mode Tour parfaitement adapté à un rythme apaisé, sans trop d’effort. On regrette en revanche l’agressivité de l’assise (la selle est très effilée et dure) et la forme des poignées. On aurait aimé que Cannondale adopte un design en goutte avec repose-paume, qui aurait évité les douleurs qui pointent avec ce guidon droit de VTT. Sans suspension de selle ni avant, le vélo aurait mérité un poil plus de confort sur les accessoires : ce n’est pas un engin de course ou de sport, personne ne veut battre des records avec.

Cannondale Canvas Neo 1 // Source : Louise Audry pour Numerama
Cannondale Canvas Neo 1 // Source : Louise Audry pour Numerama
Cannondale Canvas Neo 1 // Source : Louise Audry pour Numerama

Côté vitesse, évidemment tous les moteurs Bosch sont homologués et ne dépassent pas les 25 km/h — c’est ce qui les rend capables de rouler sur des pistes cyclables et éligibles aux subventions pour les vélos. Cela dit, avec 10 vitesses, vous utilisez aussi le Canvas Neo comme un vélo : libre à vous de forcer pour aller plus vite ! En réalité, avec un peu d’entraînement, on monte assez facilement à 30 km/h sur du plat, pour une vitesse moyenne autour de 25. Dans une descente particulièrement longue, nous avons pu atteindre 40 km/h. Dans ces conditions, le moteur n’est plus sollicité.

De nuit, l’engin a été très bien pensé. Le phare avant, malheureusement un poil masqué par les câbles de frein, est très puissant et ajustable sur axe horizontal : vous pourrez lui faire éclairer le sol ou la route selon les situations. À l’arrière, on a un trio de LED rouges particulièrement puissant aussi qui vous garantira une bonne visibilité. Les bandes qui paraissent blanches de jour sont de puissants réflecteurs de nuit, qui donnent une bonne idée de la taille du vélo à un véhicule qui vous croiserait. Même si le vélo est noir et donc moins visible, on ne se sent jamais ignoré. Bon après, vu la taille du vélo, ce serait un comble.

Cannondale Canvas Neo 1 // Source : Louise Audry pour Numerama

Avec un bon U pour l’accrocher, le Canvas Neo est prêt à arpenter la route : la marque qui a pensé « urbain » n’a pas monté les roues avec des attaches rapides, ce qui fait que vous pouvez être plus légers au niveau des équipements à porter. Deux points d’attache sont tout de même fortement recommandés dans les agglomérations. En revanche, Cannondale a joué la carte du vélo épuré : de série, on ne trouve ni panier ni plateau équipé à l’arrière. Pour un vélo « de ville » à ce prix, on se dit que cela n’aurait pas été un luxe… mais visiblement, pour la marque, le style passe avant tout.

En bref

Cannondale Canvas Neo 1

Note indicative : 4/5

Le Cannondale Canvas Neo 1 est un excellent VAE, équipé d’un moteur Bosch surpuissant offrant des accélérations grisantes. En plus, son style ne laissera personne indifférent.

Mais est-il fait pour la ville ? Ses points faibles (longueur, poignées et selle durs) pourraient jouer en sa défaveur, par rapport à d’autres VAE tout aussi nerveux mais moins extrêmes. Et à ce prix-là, chaque petit détail compte.

Top

  • Look et finitions
  • Moteur Bosch puissant
  • Adapté au vélotaf et aux balades

Bof

  • Sa taille
  • Poignées assez dures
  • Selle peu confortable

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