On a effectué un long trajet avec une Tesla Model 3. De quoi se rassurer sur l'autonomie et les infrastructures de recharge.

On entend beaucoup parler de l’autonomie des voitures électriques. Il est vrai que quand on regarde les caractéristiques des différents modèles du marché, il n’y a pas toujours de quoi être rassuré (coucou la Mini Cooper). Il n’y a que les Tesla qui permettent, aujourd’hui, de partir un peu loin sans craindre la panne sèche. Et quand on dit un peu loin, on pèse nos mots : avec un peu plus de 500 kilomètres sous le plancher, la Model 3 avec une batterie Grande autonomie ne vous emmènera pas au bout de la France non plus.

Comme l’autonomie représente un frein à l’acquisition d’une voiture électrique, on a voulu tester l’expérience de partir en week-end vers une destination située à plusieurs centaines de kilomètres. La conclusion est sans appel : avec un peu d’organisation, il n’y a aucune crainte à avoir.

Gardons à l’esprit que nous avons bien choisi notre monture : la Model 3, bien que plus compacte qu’une Model S ou qu’un SUV, n’a pas à rougir point de vue confort (nous y reviendrons). Surtout, son autonomie s’avère suffisamment confortable pour ne pas passer son trajet à être branché à une borne. On n’aurait sans doute pas tenté l’aventure avec une voiture limitée à 300 kilomètres. À nos yeux, ces véhicules ne sont pas adaptés à l’exercice et restent conseillés pour un usage plus quotidien.

Écran de la Tesla Model 3 // Source : Numerama

Le trajet

Pour partir en week-end, il faut d’abord définir une destination. Et quand on part en week-end avec une Tesla, il vaut mieux en choisir une avec des Superchargeurs à proximité — les bornes, qui se multiplient, n’étant pas aussi répandues que les stations service. Pour notre balade, nous avons décidé de partir à Mulhouse depuis Cambrai, soit une distance approximative de 600 kilomètres.

Comme cette distance est — volontairement — supérieure à l’autonomie de la Model 3, il fallait définir des étapes pour pouvoir recharger la batterie. Ça tombe bien, il y a des bornes à Reims et Nancy, deux villes qui se trouvent sur le trajet entre Cambrai et Mulhouse. Vous n’êtes pas un as de l’organisation ? Pas de panique : le GPS intégré des Tesla propose un trajet qui prend l’autonomie de la voiture en compte, avec des arrêts planifiés à des Superchargeurs pour ne pas tomber à court de batterie (avec le temps de recharge nécessaire renseigné). Ce planificateur intelligent est également accessible depuis un portail web.

Trajet Cambrai vers Mulhouse (via Tesla)

On notera que le voyage entre Cambrai et Mulhouse prend à peine plus de temps en Model 3. Avec un véhicule thermique, Mappy table sur 5h30 de route, durée qui passe à 6h15 avec le planificateur de Tesla (le parcours n’est pas tout à fait le même à cause de la position des Superchargeurs). Sauf que la suggestion de Mappy ne comporte aucune pause, essentielles pourtant quand on entreprend de faire autant de route. Avec les deux arrêts de plusieurs minutes, Tesla propose une durée plus proche de la réalité.

Trajet Cambrai vers Mulhouse (via Mappy)

Si on a apprécié la pertinence du planificateur Tesla, on conseillera quand même d’affiner soi-même son parcours. Car l’algorithme peut par exemple vous faire arriver à destination avec moins de 100 kilomètres d’autonomie, ce qui peut poser problème pour le trajet suivant en l’absence de solution de recharge à proximité. Il apparaît dès lors nécessaire d’anticiper et de s’adapter à ces contraintes liées à des infrastructures amenées à être développées dans les semaines et mois à venir.

Durant notre escapade, nous ne sommes jamais tombés en-dessous des 200 kilomètres malgré une conduite parfois agressive (et donc : qui consomme plus).

Ce qu’il faut retenir :

  • S’organiser en fonction de la localisation des Superchargeurs en utilisant la carte fournie par Tesla ;
  • Ne pas hésiter à faire appel au planificateur plutôt bien fait (mais recouper quand même avec un trajet cherché sur une application plus classique) ;
  • Rouler comme si c’était une voiture thermique (c’est-à-dire avec des pauses régulières à des endroits où il y a une borne) ;
  • Ne pas craindre la panne sèche à partir du moment où tout est bien prévu.

La recharge

Recharge de la Tesla Model 3 // Source : Numerama

Remplir le réservoir d’une voiture thermique ne demande pas plus que quelques minutes de son temps (généralement c’est la file d’attente qui en fait perdre). À l’opposé, fournir de l’énergie à une batterie est plus long. La rapidité dépend de la puissance délivrée par la borne. Avec 120 kW, les Superchargeurs se montrent très performants (sachant que la troisième génération va passer à 250 kW). Tesla indique que l’on peut récupérer 270 kilomètres en 30 minutes. En une vingtaine de minutes (le temps d’une pause), vous aurez largement de quoi rejoindre la suivante.

En tout cas, la vitesse avec laquelle le Superchargeur remplit la Tesla est très étonnante. Parfois, on a à peine le temps de finir notre collation. Notez qu’il s’agit d’une charge dégressive : les premiers kilomètres sont récupérés rapidement et la puissance baisse au fur et à mesure de la session. Il est d’ailleurs recommandé de ne pas atteindre les 100 % — et pas seulement parce que les dix derniers % prennent plus de temps (il en va de la longévité de la batterie).

En prime, l’utilisation d’un Superchargeur est simple comme bonjour. On ouvre l’application, on déverrouille la prise de la voiture, on branche (le câble est déjà sur la borne) et on suit en temps réel la recharge. La facturation — au kWh (0,24 centimes en France) ou à la minute selon les zones — est automatique et s’effectue sur la carte bancaire que vous avez renseignée (pour ce voyage, nous avons bénéficié de la recharge gratuite et sommes donc dans l’impossibilité de donner le prix d’un plein).

Ce qu’il faut retenir :

  • Les Superchargeurs sont rapides (et ils le seront encore plus à l’avenir) ;
  • Les Superchargeurs sont simples à utiliser ;
  • Les Superchargeurs sont suffisamment bien répartis pour encourager les petites sessions de recharge (cela minimise les risques) ;
  • (Il n’y a pas encore assez de Tesla en circulation pour arriver à une station où tous les Superchargeurs seraient occupés).

Le confort

On a déjà beaucoup parlé du plaisir à conduire une Model 3 (ici et ). Sur un trajet court, on est vite abasourdi par sa puissance d’accélération phénoménale (le 0 à 100 km/h est avalé en 4,6 secondes), sa direction souple et son châssis bien pensé (elle colle un peu moins au sol que la Model S). On ajoute à cela l’absence de vibrations — habituelles avec un moteur thermique — et le silence (c’est apaisant).

Deux petits hics tout de même : les amortisseurs, fermes, ont tendance à faire sentir les routes de mauvaise qualité, et la visibilité à l’arrière quand on regarde le rétroviseur intérieur (à cause du toit panoramique ?).

Coffre de la Tesla Model 3 // Source : Numerama

Malgré son gabarit de berline, la Model 3 se révèle suffisamment agile pour assurer un confort appréciable plusieurs heures derrière le volant. Sans compter la possibilité de se faufiler aisément (grâce à l’accélération, on insiste) et l’utilisation de l’Autopilote, dont les fonctionnalités de série peuvent soulager les jambes (le régulateur de vitesse adaptatif fonctionne très bien, malgré des freinages un peu abruptes).

Attention tout de même, veillez à ne pas avoir le pied trop lourd : on se retrouve vite à 150/160 km/h sans s’en rendre compte (l’absence de bruit…). Soit des vitesses de croisière que n’apprécient pas trop les radars français. C’est un vrai piège, doublé d’un nid à amendes si on n’est pas vigilants (et dieu sait que l’on a envie d’accélérer avec un tel bolide entre les mains).

Climatisation (avec gestion précise du flux d’air), système audio embarqué de très haute qualité (ces basses très percutantes…), interface intuitive et claire, feux et essuie-glace automatiques, radars pour le gabarit, caméra de recul, Spotify intégré, GPS, sièges réglables en plusieurs positions… En termes d’équipements, la Model 3 est très, très bien lotie. Et s’il y a une certaine appréhension à conduire une voiture sans écran de bord derrière le volant, on se fait très vite à l’affichage des informations essentielles — vitesse, autonomie — sur la droite. L’intérieur très épuré restera néanmoins un crève-cœur pour les férus d’automobiles habitués à voir des boutons et des logos partout (on les comprend).

Ce qu’il faut retenir :

  • Une conduite agréable, confortable et fluide ;
  • De la puissance à en revendre (gare aux radars) ;
  • Des équipements plus que suffisants ;
  • Du plaisir sans fatigue, même sur un trajet de plusieurs heures.
Coffre avant de la Tesla Model 3 // Source : Numerama

Crédit photo de la une : Numerama

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