Elon Musk avait prévenu : au-delà de 80 heures de travail par semaine, il y a des risques pour la santé. C'est visiblement le cas chez Tesla. Les employés d'une usine ont pris 3 fois plus d'arrêts de travail en 2018 qu'en 2017.

Une enquête publiée sur Bloomberg mardi 19 mars affirme qu’en 2018, les employés de l’entreprise ont pris 3 fois plus d’arrêts de travail par rapport à l’année précédente.

Des arrêts de travail en forte hausse

Ces arrêts de travail rassemblent aussi bien des arrêts maladie que l’équivalent de nos congés sans solde – aux États-Unis, le nombre de congés payés est assez bas. Au total, rien que dans l’usine de Fremont en Californie, 22 454 jours d’arrêts de travail ont été pris en 2018. En 2017, on comptait 7 619 jours d’après un rapport officiel de l’entreprise.

Le logo Tesla // Source : Montage Numerama / Tesla

Le chiffre est à relativiser un peu par rapport à l’augmentation du nombre d’employés. Bloomberg explique cependant qu’en prenant en compte ce critère, on observe un doublement du nombre de jours d’arrêts de travail.

En moyenne, un employé a pris 66 jours de jours « non ouvrés » par an contre 35 avant. Le nombre d’accidents du travail reste à peu près semblable à celui de 2017 lorsqu’on le rapporte au nombre d’heures travaillées en tout dans l’entrepôt. Ils sont en revanche plus nombreux à avoir besoin de s’arrêter suite à un tel incident.

100 heures par semaine pour changer le monde

Tesla a déjà été pointé du doigt pour les conditions de travail de ses employés et employées. En novembre, Elon Musk (qui a récemment perdu la présidence du conseil d’administration de Tesla) avait expliqué que selon lui, nous devrions tous travailler 80 heures par semaine pour « changer le monde ». « Si vous aimez ce que vous faites, vous n’aurez pas l’impression que c’est du travail », affirmait-il alors.

Le milliardaire s’était vanté quelques jours plus tôt de la capacité de ses salariés à travailler 100 heures par semaine pour faire tenir Tesla. Il avait reconnu que «  la douleur [au travail] » était susceptible d’augmenter de manière « exponentielle » au-delà de 80 heures.

Pas de décès à Fremont

Pour Tesla, il n’y aurait aucun lien entre l’augmentation du nombre de jours de travail et l’augmentation du nombre de personnes qui se sont absentées du bureau.

Laurie Shelby, la vice-cheffe du service dédié à l’environnement de travail, la santé et la sécurité chez Tesla, a indiqué à Bloomberg que personne n’était décédé dans l’entreprise, en 2017 comme en 2018. «  La mesure la plus importante est le nombre de décès et cette mesure est à zéro », a-t-elle dit, tout en reconnaissant ensuite que le nombre d’heures travaillées en hausse avait pu conduire à une augmentation du nombre d’incidents de santé.

Deux-tiers des-dits «  incidents » sont liés à des traumatismes engendrés par la répétition de tâches. Il y a par exemple des problèmes au niveau du cou, du dos, des épaules ou des mains, suivant le travail effectué dans l’entrepôt.

Tesla a assuré que le nombre d’arrêts du travail devrait baisser en 2019… grâce à un programme encourageant le retour rapide dans l’entreprise. Il est notamment proposé aux employés en arrêt maladie de revenir dans l’entreprise effectuer une tâche différente de celle de d’habitude, afin de ne pas sur-solliciter des parties du corps douloureuses.

Et si tous les observateurs ne sont pas aussi élogieux, Richard Fairfax, ancien agent américain s’occupant de la sécurité au travail pour l’OSHA, estime que l’entreprise a fait « des progrès impressionnants en trois ans ».

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