Le Cybertruck est déjà un casse-tête à plus d’un titre pour Tesla. Et cela ne va pas s’arranger avec ce conflit l’opposant à un fournisseur qui a décidé de bloquer les machines fabriquant les pièces du pick-up. L’affaire se termine devant les tribunaux d’urgence.

Le Cybertruck continue d’accumuler les péripéties. Après la démonstration chaotique de 2019, les retards d’industrialisation, les rappels successifs et les ventes qui ne décollent pas, on pensait que Tesla avait déjà essuyé tous les plâtres. C’était sans compter sur une relation tendue avec un fournisseur qui tourne à la prise d’otage de pièces et de machines, bloquant la production du véhicule dans la Gigafactory texane.

Le 23 juillet 2026, Tesla a été contrainte d’attaquer en référé d’urgence l’entreprise Angstrom Automotive Group devant le tribunal. Le sous-traitant, au bord de la faillite, a décidé de bloquer les machines fabriquant des pièces du Cybertruck, selon le site spécialisé Teslarati. Et la situation s’envenime.

Les raisons du bras de fer entre Angstrom et Tesla

L’affaire commence le 13 juillet 2026 lorsque Angstrom Automotive prévient Tesla qu’elle s’apprête à fermer définitivement l’usine de Troy, au Texas, où sont fabriquées des pièces du Cybertruck. Sauf qu’au moment de discuter des modalités de restitution des équipements, tout ne s’est pas passé comme prévu.

tesla Cybertruck en stock  // Source : Tesla
Tesla Cybertruck en stock // Source : Tesla

Les machines logées dans l’usine (outils de fonderie sous pression, matrices d’ébavurage, dispositifs de fixation, outils de coupe, jauges et l’équipement de contrôle à rayons X) appartiennent pourtant juridiquement à Tesla. Le constructeur les avait mises à disposition du fournisseur qui, à l’époque, n’appartenait pas encore à l’entreprise Angstrom. Ce fournisseur a été racheté il y a un peu plus d’un an par Angstrom.

Selon les documents judiciaires, en plus des machines, Angstrom n’aurait pas livré 700 pièces finies qui auraient dû quitter l’entrepôt le 17 juillet pour alimenter les chaînes de production de Tesla.

Le 21 juillet, Tesla dépêche une équipe sur place, flanquée d’agents du shérif local pour récupérer son matériel. Le fournisseur leur refuse simplement l’accès. Selon la plainte déposée par le constructeur, le sous-traitant aurait alors exigé 250 000 dollars par semaine pour maintenir le site ouvert ou libérer les machines. Une demande qualifiée d’extorsion commerciale par les avocats de Tesla.

Ne voyant aucune autre issue, Tesla a opté pour la voie judiciaire en référé afin de demander à la justice d’ordonner la restitution immédiate de son bien.

Une menace bien réelle pour Tesla

Si ce nouvel épisode a tous les ingrédients d’un feuilleton haletant, les répercussions pour Tesla n’ont rien d’un jeu. Dans un secteur où les stocks fonctionnent en « juste-à-temps », l’absence d’une seule pièce peut paralyser toute la chaîne d’assemblage, et c’est exactement ce qui se passe. Au moment de déposer la plainte, Tesla a précisé au juge que ses réserves de pièces s’épuiseraient « en quelques jours ».

Ligne de production Tesla Cybertruck  // Source : Elon Musk sur X
Ligne de production Tesla Cybertruck // Source : Elon Musk sur X

Fabriquer de nouveaux outillages prendrait entre 5 et 6 mois pour le constructeur américain tant ses besoins sont spécifiques. Tesla ne peut pas simplement solliciter un autre fournisseur au pied levé pour ces composants. Le constructeur veut récupérer ses machines et a demandé au juge de trancher rapidement.

Selon Tesla, des milliers de véhicules déjà attribués à des acheteurs risquent de voir leur livraison reportée sine die. Angstrom joue sur cette situation pour obtenir un paiement supplémentaire de Tesla afin de débloquer la production.

Si Tesla apparaît ici comme la victime, il faut aussi rappeler que le Cybertruck est produit très loin des volumes promis à l’origine. Un fournisseur dimensionné pour plusieurs centaines de milliers de véhicules par an ne peut probablement pas rester rentable avec les volumes actuels.

Selon les données de Cox Automotive, Tesla n’a livré que 7 263 Cybertruck au premier semestre 2026, une baisse de 32 % par rapport à 2025. La chute est un peu moins marquée au deuxième trimestre (seulement -13 %), certainement aidée par la version plus abordable (à moins de 60 000 $) commercialisée pendant quelques jours par Tesla en février. Il est fort probable que les tensions entre Tesla et son fournisseur ne soient pas aussi récentes que le constructeur voudrait le faire croire.

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+
Toute l'actu tech en un clien d'oeil

Toute l'actu tech en un clin d'œil

Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !


Anticipez le futur en vous inscrivant gratuitement à ToujoursPlus, la newsletter tech de référence.