Avec un prix de lancement d’environ 6 200 € au Vietnam, VinFast laisse aussi entrevoir la possibilité d’une commercialisation de la VF 2 en Europe et aux États-Unis. Derrière la promesse d’une voiture à petit prix sur le papier, son arrivée en Europe paraît pourtant très improbable.

L’an dernier déjà, le constructeur vietnamien laissait entendre que son petit SUV urbain VF 3 pourrait traverser les océans pour conquérir l’Occident. Cette fois, c’est au tour de sa toute nouvelle VF 2 de servir d’outil de communication pour la marque.

Dans un communiqué publié par sa filiale nord-américaine le 7 septembre 2026, la marque suggère qu’une commercialisation en Europe et aux États-Unis « ne serait pas totalement incongrue », surfant sur l’engouement croissant pour les voiturettes et les kei cars. Mais ce projet est-il réaliste ?

3 mètres de long, 40 chevaux et le strict minimum pour la VF 2 de Vinfast

Vendue au Vietnam au tarif de 188 millions de dongs (soit environ 6 200 €), la VF 2 se situe à la frontière entre le quadricycle lourd (L7e) et la petite citadine populaire. Elle fait 3,09 m de long, soit un peu plus de 30 cm que la future Smart #2, mais 54 cm de moins qu’une Fiat 500e ou 70 cm de moins que la nouvelle Renault Twingo.

Vinfast VF 2  // Source : Vinfast
Vinfast VF 2 et ses 3,09 m de long. // Source : Vinfast

Pour les caractéristiques techniques, la Vinfast VF 2 est proposée avec un moteur arrière de 40 ch (30 kW) avec un couple de 65 Nm, une vitesse maximale plafonnée à 80 km/h et une petite batterie de 18,3 kWh promettant jusqu’à 210 km d’autonomie en cycle NEDC (plutôt 130 km, à la louche).

Et selon le communiqué de VinFast : « La VF 2 est équipée de phares à LED, d’un écran d’information du conducteur de 7 pouces, de la climatisation, d’un airbag conducteur, de l’ABS, du contrôle de traction, d’un répartiteur électronique de freinage et même de jantes en alliage de 13 pouces. » Ce n’est pas si mal pour un véhicule de ce positionnement.

Face à un certain attrait pour les Fiat Topolino et autres voiturettes de golf aux États-Unis, Vinfast estime que son modèle pourrait constituer une alternative intéressante. Mais quid de l’Europe ?

Effet d’annonce contre réalité du marché

Si cette annonce permet à Vinfast de capter un peu de lumière médiatique au moment où Suzuki (avec la e Sky) ou BYD multiplient les projets de petites électriques, les chances de voir débarquer la VF 2 sur nos routes restent extrêmement minces.

Pour être homologuée en catégorie automobile (M1) en Europe, la VF 2 devrait intégrer de nombreux équipements de sécurité obligatoires (normes GSR2, crash-tests, multiples airbags), ce qui ferait exploser son prix de revient. Rétrogradé en quadricycle (L7e), le véhicule se heurte à un marché européen déjà encombré et très localisé.

Vinfast VF 2  // Source : Vinfast
Vinfast VF 2 n’est pas un quadricycle lourd. // Source : Vinfast

Comme d’autres constructeurs ayant annoncé des véhicules similaires, Vinfast attend de connaître les contours de la réglementation européenne autour du projet « e-car ». C’est à cette seule condition qu’un tel véhicule pourrait réellement tenter sa chance sur le marché européen.

Il ne faut pas oublier que Vinfast peine toujours à concrétiser sa présence commerciale en Europe. Les chiffres d’immatriculation sont très parlants : en France, sur les huit premiers mois de l’année 2026, la marque n’a immatriculé que 17 véhicules (VF 6 et VF 8) au total. L’évocation de la VF 2 ressemble davantage à une opération de séduction boursière qu’à un véritable plan d’invasion commerciale.

D’ailleurs, le communiqué de la marque l’admet lui-même : « Vinfast n’a pas annoncé son intention de la commercialiser sur des marchés plus éloignés comme l’Europe ou l’Amérique du Nord. » Le tout précède pourtant la petite phrase qui fait réagir : « Pourtant, son arrivée ne serait pas totalement incongrue. »

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+
Toute l'actu tech en un clien d'oeil

Toute l'actu tech en un clin d'œil

Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !


Un édito exclusif, un guide, une reco de lecture et l’agenda de la rédaction : c’est ce que vous trouverez tous les jeudis dans ToujoursPlus, la newsletter tech écrite par Julien Cadot. Inscrivez-vous gratuitement ici !