Le groupe Renault n’abandonne pas ses ambitions en matière de véhicules électriques en Europe. Plusieurs objectifs restent même particulièrement audacieux. À la différence d’autres constructeurs, comme Stellantis, qui changent de cap avec un plan que l’on pourrait qualifier de « marche arrière toute », Renault a opté pour une approche plus pragmatique.
L’entreprise a tenu sa conférence stratégique le 10 mars 2026 depuis son Technocentre dans les Yvelines. Numerama était présent lors de l’événement. Le nouveau plan, nommé FutuREady, comporte de nombreuses annonces stratégiques, mais l’une d’elles retient particulièrement l’attention : la révision de la promesse faite en 2022 par Luca de Meo (ex-patron du groupe) à propos du passage au 100 % électrique en 2030. Cela sera plutôt 50 % électrique et 50 % hybride à cette échéance.
Pourquoi ce n’est pas vraiment un retour en arrière dans le cas de Renault
La nouvelle stratégie vise quand même une électrification complète du groupe d’ici à 5 ans. Cela est très différent du discours d’autres groupes, qui comptent prolonger les modèles thermiques après cette échéance. Difficile de ne pas citer en exemple Stellantis avec le retour de ses V8 aux États-Unis et du diesel en Europe. Dans ce contexte, il ne peut pas s’agir d’autre chose que d’un rétropédalage. Le cas de Renault est différent.

Il faut déjà remettre la promesse faite par le patron de l’époque, Luca de Meo, dans le contexte des années 2021-2022. Ces déclarations avaient d’ailleurs eu lieu en deux temps, un premier objectif lors du lancement du plan Renaulution, puis un durcissement en 2022 pour communiquer sur du 100 % électrique dès 2030. À ce moment-là, tous les constructeurs étaient dans une forme de surenchère à celui qui atteindrait cet objectif le premier, sans forcément tenir compte du fait que le marché n’était pas prêt à les suivre, en tout cas pas aussi vite. L’objectif était ambitieux, probablement trop pour le constructeur français.
Le groupe Renault continue donc d’investir massivement et principalement sur la voiture électrique, pas de marche arrière sur ce point. Si le marché basculait subitement vers du 100 % électrique, le groupe Renault serait prêt. En revanche, si les clients hésitent encore en Europe, les trois marques (Renault, Alpine et Dacia) disposent aussi de solutions grâce aux motorisations hybrides.

Une réponse pragmatique au marché européen
À la fin du prochain cycle, le constructeur français s’appuiera donc sur deux jambes pour satisfaire la clientèle européenne :
- Full Hybrid : pour tous ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas se recharger,
- Électrique ou prolongateur d’autonomie (EREV) : pour les autres.
La confirmation de l’arrivée des véhicules électriques à prolongateur d’autonomie fait aussi partie des grandes annonces du 10 mars. Plusieurs rumeurs avaient déjà préparé le terrain. Ces motorisations dites aussi « range extender » ou « EREV » sont pour le groupe un moyen de mettre le pied à l’étrier vers la voiture électrique, tout en levant le frein de l’autonomie. L’un des premiers modèles d’ici à 2028-2029 pourrait afficher jusqu’à 1 400 km d’autonomie, contre 750 km pour la version pure électrique. Comme un EREV est avant tout un véhicule électrique dans lequel le « petit » moteur thermique joue le rôle de générateur pour recharger la batterie, c’est une mise en bouche pour préparer à l’électrique.

D’ici à 2030, le groupe Renault lancera 32 nouveaux modèles en Europe, dont 16 nouveautés électriques. Tout cela s’accompagnera de nouvelles plateformes, technologies, batteries et approches logicielles. Renault devrait être le premier constructeur européen à lancer en 2026 un SDV, un véhicule défini par le logiciel (à la Tesla), avec un système d’exploitation développé en collaboration avec Google. Mais la marque voit déjà plus loin avec en 2030 les premiers véhicules « AIDV », dans lesquels l’intelligence artificielle entre en jeu. Le programme technologique des années à venir est chargé et il est orienté « véhicule électrique ». Difficile d’estimer que la marque recule sur le sujet.
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