Selon la dernière étude de l’organisme Lead the Charge, Tesla est le constructeur de voitures électriques le plus vertueux. La firme d’Elon Musk devance une fois de plus Ford et Volvo. Les marques chinoises font partie des pires élèves, tandis que Renault se trouve à peu près à la moitié du tableau.

Dans la lutte pour décarboner la sphère automobile, les constructeurs automobiles opèrent tous — de façon plus ou moins forte — une transition vers le 100 % électrique. Mais la baisse des émissions de CO2 dans l’industrie ne va pas uniquement se faire en développant des voitures électriques. Il y a également leur production qui pèse dans la balance.

C’est ce qu’a mesuré Lead the Charge, un organisme regroupant diverses organisations environnementales, syndicales et de défense des droits humains, dont fait partie Transport et Environnement, par exemple.

Dans sa dernière étude publiée le 3 mars 2026, le groupement a analysé pour la quatrième année consécutive la capacité de 18 constructeurs automobiles mondiaux à éliminer les combustibles fossiles, les dommages environnementaux et les violations des droits humains de leur production de voitures électriques. Voici qui sont les meilleurs et les moins bons élèves.

Comment sont évalués les constructeurs ?

L’évaluation du rapport Lead the Charge repose sur une grille de 80 indicateurs structurés autour de deux piliers :

  • Chaînes d’approvisionnement durables et sans fossiles : mesure les efforts pour éliminer les émissions de gaz à effet de serre et les dommages environnementaux. Il se concentre sur des secteurs critiques comme la décarbonation de l’acier, de l’aluminium et la fabrication des batteries.
  • Droits humains et sourcing responsable : évalue la prévention et la réparation des abus. Il examine spécifiquement le respect des droits des peuples autochtones (notamment le consentement libre et préalable lors de l’ouverture de mines), les droits des travailleurs et la traçabilité des minéraux de transition (lithium, cobalt, nickel).

Les scores sont basés sur « une analyse comparative des politiques et activités des entreprises telles qu’elles sont présentées dans les rapports publics approuvés par le conseil d’administration, et non sur les communiqués de presse, les médias ou les rapports de tiers », souligne Lead the Charge.

Le classement complet des constructeurs en 2026

ConstructeurÉvolution (vs 2025)Chaînes respectueuses de l’environnementDroits humains / approvisionnement responsableScore Global
Tesla=50%48%49%
Ford=40%49%45%
Volvo+155%32%44%
Mercedes-Benz-139%42%41%
Volkswagen=31%46%39%
BMW=30%39%34%
Renault+128%35%31%
Geely+331%24%27%
Hyundai+121%25%23%
GM-320%25%22%
Kia+120%23%21%
Stellantis-314%29%21%
Nissan=13%17%15%
BYD+213%16%14%
Honda=8%16%12%
Toyota-27%10%9%
GAC=5%2%4%
SAIC=4%1%3%

L’occident mène la danse, l’Asie n’est pas au niveau

Le classement 2026 est pour la deuxième année consécutive dominé par Tesla, qui frôle la barre des 50 % au score global. Le podium est complété par Ford en deuxième position et Volvo pour la troisième place. Concernant, les marques françaises, Renault tire son épingle du jeu en grimpant à la septième place du classement, tandis que Stellantis (groupe franco-italo-américain) chute de trois positions pour terminer 12e.

Au coeur de la production de la Renault 5  // Source : DR
Renault est 7e au classement Lead the Charge 2026. // Source : DR

Bien que certaines marques asiatiques se démarquent comme Geely (8e) ou Hyundai (9e), la plupart sont reléguées aux derniers rangs du rapport. En témoignent les six dernières places du tableau, occupées par des marques chinoises et japonaises (BYD, SAIC, Toyota…).

La transparence et l’engagement matériel au profit de l’environnement

L’ascension de Volvo sur le podium s’explique par sa position de pionnier dans la décarbonation de l’acier et de l’aluminium. C’est le premier constructeur à fournir des données d’émissions désagrégées par modèle, tout en imposant à ses fournisseurs d’acier d’être certifiés responsables. Geely réalise la plus forte progression (+3 places) grâce à une stratégie agressive sur l’économie circulaire des batteries et une meilleure transparence sur ses activités de lobbying climatique.

De son côté, Renault se distingue comme la marque avec la meilleure progression sur le plan social, ayant amélioré ses scores dans chacune des quatre sous-catégories liées aux droits humains, ce qui lui permet de ne plus être considéré comme le mauvais élève européen.

Le Volvo EX30 sur sa nouvelle chaîne de production à Gand, en Belgique // Source : Volvo
Volvo se distingue par son utilisation de métaux fortement décarbonés. // Source : Volvo

La progression de BYD (+2 places) est également révélatrice d’un changement de cap chez certains acteurs chinois. Le groupe a adopté un nouveau code de conduite pour ses fournisseurs et mis en place un mécanisme de gestion des plaintes qui lui faisait défaut jusqu’alors. Tesla a réussi à creuser l’écart avec ses poursuivants en devenant le premier constructeur à détailler précisément l’empreinte carbone de chaque composant de ses batteries (cellules, lithium, nickel, cobalt), établissant ainsi un nouveau standard de transparence pour l’industrie.

Facteurs de déclin : désengagement et opacité

À l’inverse, plusieurs chutes marquantes témoignent d’un relâchement dans les efforts. Le déclin de General Motors (-3 places), l’un des plus sévères de cette édition, est principalement dû à sa décision surprenante de ne pas publier de rapport de durabilité en 2025. Cette absence de données actualisées a entraîné une perte automatique de points sur de nombreux indicateurs de suivi annuel.

De même, Stellantis chute de trois rangs, pénalisé par une réduction de la transparence sur le traitement des batteries en fin de vie et sur les plans d’action correctifs imposés à ses fournisseurs.

Une partie de la gamme électrique Stellantis // Source : Stellantis - stephane sby balmy
Stellantis n’a plus été aussi transparent qu’auparavant et chute au classement. // Source : Stellantis

Le cas de Toyota (-2 places) souligne un retard structurel persistant. Le constructeur japonais a enregistré l’une des plus fortes baisses de score sur le volet des droits des travailleurs et reste, avec les constructeurs chinois GAC et SAIC, l’un des rares acteurs majeurs à n’avoir entrepris aucune action concrète pour décarboner ses approvisionnements en acier et en aluminium. Enfin, Mercedes perd sa troisième place au profit de Volvo, à la suite de l’arrêt de la publication de données critiques concernant ses audits de durabilité et le volume de plaintes traitées via ses mécanismes de vigilance.

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+
Toute l'actu tech en un clien d'oeil

Toute l'actu tech en un clin d'œil

Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !


Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer !