Pour Stellantis, l’année 2025 n’a pas été un bon cru. Et alors que tous les constructeurs doivent augmenter leur part de véhicules électriques dans leurs ventes, celle des marques du groupe a baissé, et parfois de manière inquiétante.

L’ancien patron de Stellantis, Carlos Tavares, avait réussi à assurer 20 % d’immatriculations en électrique en France à la fin 2024 : un résultat honorable. Hélas, en 2025, la stratégie d’électrification du groupe semble avoir pris un peu de plomb dans l’aile.

Malgré le lancement de plusieurs modèles, le volume des voitures électriques du groupe a baissé de 12,5 % en France, passant de 90 050 véhicules en 2024 à 78 814 en 2025, selon les données AAA Data à notre disposition. La stratégie multi-énergie n’est peut-être pas étrangère à la situation de l’entreprise sur le marché français. Il reste à voir ce que le nouveau patron de Stellantis, Antonio Filosa, va mettre en place pour tenter d’arrêter l’hémorragie.

John Elkann et Antonio Filosa en visite d'usine // Source : Stellantis
John Elkann et Antonio Filosa en visite d’usine. // Source : Stellantis

Presque tous les modèles voient leur part d’électrique baisser

Ce n’est pas tant la chute de certains volumes d’immatriculations qui est le plus inquiétant pour le groupe, mais bien la part des électriques par rapport aux autres motorisations (thermiques et hybrides). Ce qui était initialement vu comme une force de pouvoir proposer le même modèle à la fois en thermique, hybride (léger ou rechargeable) et électrique, se retourne progressivement contre les modèles électriques que les clients choisissent moins, pour plus d’une raison légitime.

Immatriculation : part des VE chez Stellantis // Source : Raphaelle Baut - données AAA Data
Immatriculation : part des voitures électriques chez Stellantis. // Source : Raphaelle Baut – données AAA Data

Il n’en reste pas moins que certains pourcentages de baisse sont quand même assez impressionnants. Parmi les plus grosses chutes constatées en 2025 sur les électriques du groupe, il y a notamment :

Opel Corsa Electric à partir de 99 €/mois // Source : Opel
Opel Corsa Electric chute lourdement en 2025. // Source : Opel

La situation du groupe ne se résume pas qu’à une tendance à la baisse sur ses modèles les plus anciens. Les nouveautés lancées en 2024 ont de leur côté continué à croître en 2025, comme les Peugeot e-3008, e-5008 et Citroën ë-C3. Mais malgré les apparences, certaines de ces hausses ne sont pas autant en faveur de l’électrique qu’il n’y paraît. Numerama a comparé les parts de marché de l’électrique par rapport aux autres motorisations sur les modèles dits « multi-énergie » du groupe :

Part de marché des VE vs thermiques20252024
Alfa Romeo Junior Elettrica29 %42 %
Citroën e-C324 %46 %
Citroën e-C3 Aircross25 %
Citroën e-C413 %31 %
Citroën e-C4X36 %21 %
Citroën e-C5 Aircross23 %
DS3 E-tense16 %24 %
DS N°4 E-tense7 %
Fiat 600e22 %51 %
Fiat Grande Panda47 %
Jeep Avenger33 %58 %
Lancia Ypsilon17 %70 %
Opel Corsa electric11 %27 %
Opel Mokka electric25 %38 %
Opel Astra electric11 %8 %
Opel Frontera33 %
Opel Granland8 %
Peugeot e-20820 %27 %
Peugeot e-200815 %18 %
Peugeot e-3087 %6 %
Peugeot e-300816 %16 %
Peugeot e-500813 %18 %
Peugeot e-4086 %
Fiat Grande Panda // Source : Fiat
La Fiat Grande Panda. // Source : Fiat

À l’exception de la Fiat Grande Panda et du Jeep Avenger qui sortent un peu du lot, avec une sollicitation importante des clients particuliers pour la version électrique, le reste n’est pas vraiment brillant. Derrière certains scores qui apparaissent élevés, comme pour l’Opel Frontera ou la Citroën ë-C4X, se cachent en fait plus de 70 % d’immatriculations stratégiques (constructeurs, garages et loueurs courte durée), les clients particuliers et les entreprises ne représentent qu’une toute petite partie des immatriculations affichées pour l’année.

Le cas Abarth : quel avenir pour la marque ?

Le passage au 100 % de la marque Abarth semble précipiter la marque droit dans le mur. Les résultats en 2024 n’étaient déjà pas réellement fameux. Ceux de 2025 affichent encore une baisse de 61 %, Abarth n’a immatriculé que 564 véhicules.

Abarth 500e 2023 // Source : Abarth
Abarth 500e est surtout immatriculée par les garages. // Source : Abarth

Ce faible volume n’est pas la seule inquiétude, car en observant comment se répartissent les immatriculations selon les canaux, on constate que plus de 51 % des immatriculations sont réalisées par les garages de la marque. Cela signifie qu’en dehors des immatriculations tactiques, Abarth n’a réalisé que 272 ventes de voitures neuves, le reste est probablement passé en ventes remisées comme occasion à zéro kilomètre, en plus des véhicules de démonstration vendus d’occasion.

Stellantis et Renault Group : même part d’électrique, mais pas la même courbe

L’année 2025 a particulièrement réussi au groupe Renault. Avec seulement 3 marques, le groupe français a pu doubler Stellantis avec sa dizaine de marques sur le marché français au classement général. Cette victoire s’applique aussi plus spécifiquement au marché de l’électrique :  81 271 véhicules électriques pour le groupe Renault (y compris Dacia et Alpine) contre 78 814 (hors Leapmotor). Et ça, c’est inhabituel, y compris les années précédant la création de Stellantis, PSA (Peugeot, Citroën, DS) dominait généralement le marché français.

Carlos Tavares - CEO Stellantis - au 125 ans Fiat  // Source : Fiat
La stratégie de l’ancien patron ne sourit plus au futur en France. // Source : Fiat

La part des électriques par rapport aux autres motorisations est néanmoins assez similaire pour les deux groupes : légèrement en dessous de 19 % pour les deux. Même si la marque Renault seule est plutôt à 24,5 %, ce qui est très encourageant pour la suite. Mais alors pourquoi la situation de Stellantis est jugée plus alarmante que celle du groupe Renault si la part des électriques est identique ? 

Tout simplement parce que Renault voit la part de ses électriques augmenter, grimpant de 6 points par rapport à 2024, alors que Stellantis a perdu un peu plus d’un point par rapport à 2024. Rapporté au nombre de marques et de modèles du groupe franco-italo-américain sur le marché, il y a de quoi être étonné de ce résultat. Il y a donc une situation à redresser ou surtout une baisse à enrayer.

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