Les immatriculations de décembre 2025 sont tombées le 1er janvier 2026, l’occasion de dresser un premier bilan à chaud du marché français des voitures électriques. C’était une année jugée charnière : un « ça passe ou ça casse » grandeur nature que redoutaient certains constructeurs, notamment après plusieurs changements réglementaires pour les aides à l’achat.
2025 fut une année pleine de surprises, avec quelques enseignements intéressants. Pendant que certains constructeurs s’autocongratulent pour leur réussite, pour d’autres, l’ambiance n’est pas forcément à la fête.
Ça ne marchera jamais…
Après un début d’année poussif, 2025 aura largement déjoué les pronostics. Les immatriculations de voitures électriques progressent de 12,5 % par rapport à 2024 et franchissent pour la première fois le cap des 300 000 unités, avec précisément 326 921 immatriculations, selon AAA Data.

Sur l’ensemble de l’année, l’électrique atteint désormais 20 % de part de marché. Une voiture neuve sur cinq est électrique, et même une sur quatre durant les derniers mois. Un niveau qui n’a plus rien d’anecdotique, quels que soient les discours de ceux qui annoncent l’échec imminent de cette technologie.
Ne soyons pas dupes pour autant, ce record pour 2025 repose en partie sur la politique de subventions (et de sanctions) du gouvernement : leasing social, fiscalité pour les professionnels, transformation du bonus… Le marché des voitures électriques en dépend encore pour convaincre les indécis.
Des raisons de sourire
Renault a toutes les raisons d’avoir le sourire. En plus d’avoir doublé son éternel rival (Stellantis), le groupe s’offre des résultats sur l’électrique qui doivent faire des jaloux. Ces deux derniers mois, une voiture électrique sur quatre était une Renault, bien aidée par la nouvelle star du marché français : la R5. La citadine n’est pas seulement la voiture électrique la plus vendue de l’année avec 37 997 exemplaires, mais elle bat aussi le record détenu par le Model Y en 2023 de quelques centaines d’exemplaires. Autour d’elle, le Scénic, la R4 et la Mégane contribuent à installer une gamme électrique désormais crédible et structurée.

Après un passage à vide les années précédentes, le groupe Volkswagen montre lui aussi des signes de reprise sur l’électrique en France. Cinq modèles placés dans le top 20, soit deux fois plus qu’un an plus tôt. BMW progresse également par rapport à 2024, dans un contexte pourtant peu favorable au premium. Un segment qui continue d’exister, surtout grâce aux flottes d’entreprises, seules capables d’absorber des modèles électriques plus onéreux.
La soupe à la grimace pour les autres
Tesla n’est plus le leader incontesté de l’électrique en France, et rien ne garantit que la marque le redevienne. En 2025, elle accuse une chute de 37 % de ses ventes par rapport à 2024. Une baisse presque modérée au regard des signaux envoyés par le constructeur tout au long de l’année. Si Tesla recule, ce n’est pas faute de marché, mais bien de choix stratégiques discutables. Ce n’est même plus qu’elle gâche son potentiel, c’est qu’elle en est à s’autosaborder : incompréhensible !
Stellantis paie aussi les pots cassés d’une stratégie risquée, en matière de prix et de produits. Le multi-énergie sauve les ventes avec du thermique (et hybride), mais la régression en électrique est sans appel. Je n’ai même pas besoin d’avoir fait le calcul modèle par modèle pour savoir que la marque se dirige inexorablement droit dans le mur, même si la multiplication des références joue un peu le rôle de cache-misère. En ce début 2026, je ne suis pas sereine pour l’avenir du groupe.

Les marques coréennes sont aussi dans une mauvaise passe. Les nouveautés ne manquent pas, mais la clientèle n’est plus au rendez-vous. Les clients se sont-ils détournés vers les constructeurs chinois ou vers d’autres généralistes européens ? Rien n’est exclu. Ils n’ont apparemment pas opté pour les marques japonaises, car celles-ci semblent toujours complètement désarmées pour affronter le marché de l’électrique.
Enfin, les constructeurs chinois n’ont pas vécu une année 2025 aussi faste qu’attendu sur l’électrique pur. Hors hybrides, leurs volumes progressent lentement malgré la multiplication des modèles et du réseau de distribution. Les barrières réglementaires françaises ont clairement freiné leur percée. Reste à voir si, en contournant ces obstacles, des acteurs comme BYD ou Xpeng parviendront réellement à transformer l’essai et à s’installer durablement sur le marché.
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