Amateurs de sensations fortes, accrochez vos ceintures : j’ai essayé le temps d’un week-end la voiture électrique qui devrait décoiffer parents et enfants, j’ai nommé le nouveau Tesla Model Y Performance. Après avoir roulé avec la génialissime berline Model 3 Performance au mois d’août, j’attendais avec impatience le moment où j’allais pouvoir prendre le volant de sa déclinaison SUV.
Pourquoi ? Parce qu’elle a tout pour devenir la voiture électrique ultime. Vous trouvez cette affirmation osée ? Vous allez le voir, on s’approche vraiment de la copie parfaite.
Design extérieur du Tesla Model Y Performance : un poil plus musclé
À l’image de sa sœur berline, le Model Y Performance muscle son jeu assez discrètement. La face avant a été retravaillée au niveau du bouclier pour offrir un look plus agressif, tandis que les écopes de part et d’autre de celui-ci sont bien plus généreuses.

Ce qui trahit cette version pimentée sont sans conteste les nouvelles jantes de 21 pouces « Arachnid 2.0 » dotées d’éléments aéro, laissant tout de même entrevoir les étriers de frein rouges. Autres détails de couleur : les rétroviseurs sont peints en noir, comme les bas de caisse, peu importe la teinte extérieure choisie. À ce propos, mon modèle d’essai est vêtu du rouge « Ultra » (en option à 2 600 €). Irrésistible.

Déjà assez saillante depuis le restylage, la partie arrière est d’autant plus agressive sur cette variante Performance avec l’ajout d’un spoiler en fibre de carbone. Plus qu’esthétique, cette pièce aérodynamique améliore de « 27 % l’équilibre de la portance avant-arrière » par rapport au modèle précédent. Enfin, le diffuseur arrière a lui aussi été redessiné, tandis que le logo Performance est apposé sur le hayon et projeté au sol à l’ouverture des portes.

Les dimensions demeurent les mêmes avec 4,80 m de long pour 1,98 m de large. En revanche, cette version Performance se voit rabaissée de 13 mm et tombe à 1,61 m.
Design intérieur du Tesla Model Y Performance : le même reproche que dans la Model 3
Habitacle et finition
Au diable les mauvaises langues et la réputation d’une qualité de présentation qui laisse à désirer, nos différents essais de la marque nous ont montré que la finition était désormais exemplaire. Je me répète, mais elle est même mieux que certains constructeurs premium qui ont cédé au plastique dur… Ici, le moindre revêtement est moussé, tandis que le seul plastique présent au niveau de la console centrale ne fait pas cheap du tout. Bref, ces remarques valent pour toutes les nouvelles Tesla.

Pour ce qui est de cette version Performance, les spécificités se limitent aux inserts en fibre de carbone sur la planche de bord et les contreportes. C’est ce que je regrettais à bord de la Model 3 identique, il manque un soupçon de sportivité.
Confort et espace à bord
Heureusement, on peut se consoler dans les sièges sport à l’excellent confort et au bon maintien en conduite « dynamique ». Ces derniers sont d’autant plus splendides avec cet intérieur d’un blanc immaculé et on apprécie toujours qu’ils soient de série chauffants et ventilés. Exclusivement sur ce modèle Performance, on trouve un nouveau réglage électrique permettant d’allonger l’assise pour un meilleur support des jambes, comme sur le Model Y L en Chine.

À l’arrière, rien à signaler, l’espace est toujours aussi généreux pour les passagers, tandis que le coffre de 854 litres (du plancher au plafond) permet d’engloutir littéralement tous les bagages.

Info-divertissement et aides à la conduite du Tesla Model Y Performance : le mode Piste disparaît
Le système d’infodivertissement est toujours aussi exemplaire et réactif. Il est quasiment impossible de le voir tel quel, mais l’écran tactile est un tout petit peu plus grand, puisqu’il est passé de 15,4 à 16 pouces. Un équipement également repris du « Y L » chinois et dont la résolution est dorénavant en UHD au lieu de QHD (pour les plus geeks d’entre vous). À l’usage, on ne perçoit pas de réelle différence avec les autres modèles.

Ce qui m’avait étonné côté logiciel lors de ma première découverte du modèle, c’est la disparition du mode Piste inauguré dans la Model 3 Performance. Celui-ci permet de jouer avec un bon nombre de paramètres pour offrir une expérience de conduite décuplée, comme la répartition de la puissance à l’avant et à l’arrière ou le niveau de freinage régénératif. J’ai posé la question à Tesla, qui m’a confié honnêtement ne pas connaître la raison derrière ce choix.
Bien qu’il s’agisse de la version sportive Performance, le Model Y reste avant tout un SUV familial. L’hypothèse la plus probable est donc qu’un tel mode est moins pertinent que dans la berline, davantage sportive par son format au ras du sol.
L’Autopilot de Tesla spécifique au Model Y
Mon modèle d’essai n’était pas équipé de l’Autopilot « amélioré » (3 800 € en option). Pas de parking automatique donc, mais on trouve toujours de série le régulateur de vitesse couplé au maintien de cap, activable en un seul clic via la molette droite du volant. Efficace, sans à-coup ni zigzag dans la voie, le système marche vraiment bien.

Toutefois, comme nous l’avions remarqué lors de l’essai du Model Y Premium en mars, l’aide à la conduite se désactive totalement lors d’un dépassement. En effet, Tesla a changé les contrôles de son Autopilot sur le SUV exclusivement. Il n’est donc plus possible de changer à la volée avec plusieurs clics de la molette. Avant de prendre la route, vous devez choisir ce que l’unique clic fera : soit le régulateur seul, soit l’Autopilot complet. Les deux aides étant liées, interrompre le maintien de cap (en dépassement) coupera par conséquent le régulateur (et vous fera freiner).
Pour adresser ce problème, Tesla a la solution : « passer au Pack Autopilot Amélioré, qui ajoute des fonctionnalités comme le changement de voie automatique ».
Au volant du Tesla Model Y Performance : totalement bluffant
On ne peut pas dire que cet essai sportif s’est déroulé sous les meilleurs auspices pour une simple et bonne raison : la météo. Car oui, mettre à l’épreuve un SUV de 460 ch sur des routes détrempées — voire enneigées le temps d’un soir — n’est pas, disons… idéal. Et pourtant, ce Model Y Performance m’a tout bonnement bluffé par son comportement.

Jamais je n’aurais cru pouvoir prendre certains virages par ce temps sans devoir abaisser ma vitesse à l’entrée. La voiture se montre d’une efficacité redoutable, alors qu’elle chausse des pneus plutôt sportifs. Si la berline est logiquement mieux tenue par son centre de gravité, le SUV limite tout de même les mouvements de caisse dus à l’inertie. Pour ça, on peut notamment remercier le châssis rigidifié, la suspension pilotée ainsi que la double triangulation qui optimise l’adhérence.

Les ingénieurs de la marque ont mis au point une gestion électronique du couple et de la puissance entre les roues avant et arrière remarquable, permettant de garder sereinement le contrôle quelles que soient les conditions extérieures. Si vous êtes d’humeur casse-cou, il est possible de limiter le contrôle de stabilité pour plus de piment.
Tellement aboutie qu’il ne faut que 3,5 secondes pour que le Y Performance se catapulte de 0 à 100 km/h dans son mode d’accélération « Inouïe ». Au final, on se demande même si la voiture n’est pas plus puissante qu’elle ne le prétend, tant l’accélération vous colle au fond du siège. Heureusement, le freinage est dimensionné en conséquence afin de stopper efficacement les 2 033 kg de la bête avec un bon feeling de la pédale.

Le meilleur dans tout ça ? Cette sportivité ne se fait pas au détriment du confort, toujours un peu ferme sur le Model Y, mais avec une bonne filtration des aspérités et autres bosses. Passer de sportive à SUV tout ce qu’il y a de plus normal, voilà l’atout de ce nouveau Tesla Model Y Performance. Il s’agit d’un véritable couteau suisse, la voiture électrique ultime.
Autonomie et consommation du Tesla Model Y Performance : raisonnable pour les conditions
Après avoir fait joujou, quid de la consommation de ce Model Y Performance ? On le rappelle, cette version inaugure une nouvelle batterie d’environ 84 kWh pour une autonomie annoncée de 580 km WLTP.
Avec des accélérations brutales et une conduite sportive, la consommation moyenne a pu monter jusqu’à environ 30 kWh/100 km. En roulant à un rythme mixte qui mélange ville, voies rapides et conduite dynamique sur petites routes, j’ai établi une moyenne de 23,8 kWh/100 km, soit plus de 350 km d’autonomie réelle.

Il faut bien garder en tête les conditions hivernales de ces relevés et qu’il s’agit d’un SUV de 460 ch. Selon votre conduite et la température extérieure, il sera tout à fait possible d’atteindre les 450 km d’autonomie.
Côté recharge, là aussi les températures négatives ont joué des tours, d’autant plus que je n’avais pas le préconditionnement de la batterie d’activé (je ne me suis pas arrêté à un Superchargeur, sans la renseigner dans la navigation). Résultat, le Model Y Performance est passé de 24 à 80 % de batterie en moins de 40 minutes.
Prix et concurrence du Tesla Model Y Performance : aussi agressif que sa conduite
Avec un prix minimum de 61 990 €, le Tesla Model Y Performance affiche un rapport prix/performances quasiment impossible à égaler. Pour atteindre un tel niveau de performance, il faut se tourner vers le Porsche Macan Turbo, mais la facture grimpe à 120 000 €… presque le double. Chez Xpeng, le G6 Performance est moins cher (50 990 €), sauf qu’il n’y a que sur la recharge en 12 minutes que le Chinois dépasse l’Américain. Le nouvel Alpine A390 est vendu 67 120 €, tandis que le Ford Mustang Mach-E coûte 82 490 €.

La seule voiture qui peut se mettre véritablement en face de ce Model Y Perf’ — en termes de polyvalence et de sportivité — est la Hyundai Ioniq 5 N, qui se montrera même plus fun avec sa simulation de boite de vitesses. En revanche, elle démarre à 78 000 €
Le verdict

Tesla Model Y Performance (2025)
Voir la ficheOn a aimé
- Look subtilement musclé
- Accélération sensationnelle
- Tenue de route bluffante
- Habitabilité toujours remarquable
- Rapport prix/prestations quasi intouchable
On a moins aimé
- Pas de mode Piste comme la Model 3 Performance
- Comportement de l’Autopilot standard
- Recharge rapide désormais dépassée
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