C’est un bras de fer feutré qui se joue dans les couloirs de Bruxelles. Depuis que l’Union européenne a instauré des droits de douane sur les véhicules électriques en provenance de Chine, les constructeurs se battent pour protéger leur rentabilité, notamment Mini.
D’après une publication du quotidien allemand Handelsblatt le 24 février 2026, la marque serait en discussion avec la Commission européenne pour annuler cette surtaxe. En ligne de mire : épargner les Cooper Electric et Aceman, produits dans l’usine de Zhangjiagang, fruit d’une coentreprise avec le constructeur chinois Great Wall Motor (GWM).
La piste des fameux prix planchers
Selon le média allemand, les discussions entre le groupe BMW (qui possède Mini) et la Commission européenne ne portent plus seulement sur le taux de taxation, mais sur le nouveau mécanisme d’engagements de prix plancher, dont les directives ont été publiées officiellement au mois de janvier 2026. Pour profiter d’une exemption, les marques doivent notamment divulguer leurs prix minimaux à l’importation, présenter leurs circuits de distribution et, si nécessaire, accepter des restrictions de quantité.

Concrètement, cette stratégie permettrait à BMW de s’engager à ne pas vendre ses Mini électriques en dessous d’un certain seuil tarifaire sur le marché européen. En échange, les modèles concernés seraient totalement exemptés des surtaxes additionnelles (qui s’élèvent actuellement à 21,3 % pour Mini). Pour la Commission, l’objectif est d’éliminer l’avantage concurrentiel déloyal procuré par les subventions chinoises en garantissant que les véhicules ne sont pas importés à des prix de dumping.
Le précédent Cupra : une victoire qui change tout
Pour appuyer sa défense, le groupe BMW utilise un argument de poids : la décision concernant le Cupra Tavascan. Comme nous vous le rapportions le 10 février 2026, le SUV électrique ibérique — produit exclusivement en Chine — est désormais officiellement exempté de toute surtaxe additionnelle.
Le Tavascan ne paie plus que les 10 % de droits de douane standard, échappant ainsi aux 20,7 % de taxe punitive qui le frappaient. Cette exemption a été accordée après que le groupe Volkswagen a accepté des engagements sur les prix et les volumes. Cette décision prouve que Bruxelles est bien prête à lever ses barrières pour les constructeurs européens qui démontrent que leur production ne repose pas sur des subventions déloyales. Pour BMW, c’est le signal que la voie est libre pour un accord similaire.

Jusqu’à présent, Mini était la grande victime de l’enquête européenne. N’ayant pas été incluse dans l’échantillon initial des entreprises dites « coopératives », Spotlight Automotive (la joint-venture de BMW en Chine) avait été condamnée par défaut au taux maximal. Les Mini électriques s’étaient ainsi retrouvées sous le feu d’une surtaxe globale de plus de 31 %. À l’instar de Cupra, il ne faudrait en revanche pas s’attendre à une baisse des prix pour les consommateurs.
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