Les potentiels acheteurs de voitures électriques en France se retrouvent toujours confrontés au même frein : le prix des voitures neuves. Le salon de Lyon était une parfaite occasion d’aller interroger sans tabou les visiteurs sur le tarif des voitures électriques et sur leur budget automobile.

La voiture électrique est réputée pour être chère. En fait, ce sont toutes les voitures neuves qui ont vu leurs prix prendre un coup de chaud en quelques années. Face aux tarifs affichés sur les stands du salon automobile de Lyon, où Numerama s’est rendu fin septembre 2023, les langues des visiteurs se sont déliées pour aborder le sujet sensible du budget automobile.  

« À ces prix, c’est un achat trop important pour être pris à la légère, alors on hésite encore à acheter. » Cet échange avec ce couple d’actifs d’une cinquantaine d’années est à l’image de ce que l’on a pu percevoir au fil des échanges sur le salon.

De 20 000 à 25 000 € : le budget le plus souvent cité

À proximité du stand Dacia, un couple s’interrogeait sur leur passage à l’électrique : « Que peut-on encore acheter aujourd’hui avec un budget maximum de 20 000 € ? » Forcément, la réponse à la question la plus évidente était la Dacia Spring (à partir de 20 800 €) qu’ils venaient d’observer en détail sans coup de cœur. Le second pan de l’échange portait sur les modèles disponibles en déduisant les aides à l’achat (bonus, prime à la conversion) qui ouvraient encore le choix à un ou deux modèles supplémentaires : la Leapmotor T03 et la Renault Twingo ZE. Sachant qu’il est difficile de savoir si ces modèles conserveront le bonus en 2024. Le bonus a d’ailleurs fait l’objet d’un autre reportage au salon de Lyon pour récolter les avis des Français.

Salon de Lyon et son espace Zéro Emission // Source : Raphaelle Baut
Salon de Lyon et son espace Zéro Emission // Source : Raphaelle Baut

Ils n’étaient pas les seuls à espérer trouver sur le salon une voiture électrique autour de 20 000 €. Un couple de retraités, d’environ 70 ans, ne veut pas se séparer de leur Twingo de 1996, mais celle-ci n’a plus le droit d’entrer dans le centre-ville de Lyon. Ils sont venus sur le salon pour chercher une petite voiture électrique équivalente, et qu’ils pourraient garder au moins aussi longtemps : « À ce budget, on n’a finalement aucun choix.» Dans une situation similaire, le conducteur d’un véhicule qui ne peut plus entrer dans Lyon nous a confié : « Même les occasions récentes sont hors de prix pour les petits budgets, autant acheter du neuf si on le peut ». Entre deux stands de quadricycles lourds, un autre visiteur dépité nous a dit : « Les voitures sans permis sont les seules que je puisse me payer en dessous de 20 000 €, c’est affligeant. »

Un couple de jeunes retraités, rencontré sur le stand Tesla, nous racontait : « C’est le genre de véhicules (Tesla Model Y) que l’on avait quand on dirigeait notre petite société, mais ce n’est plus dans notre budget de retraités ». Ils ont acheté un Peugeot 2008 essence, il y a trois ans environ. Leur budget de 25 000 € de l’époque reste le maximum qu’ils peuvent consacrer à une voiture qu’ils voudraient électrique. Ça coince !

Les offres à 99 €/mois sont une bouée de secours

Les offres de locations (LOA/LLD) se multiplient pour que la dépense d’une nouvelle voiture puisse entrer dans les moyens des automobilistes. Entendu sur le stand MG du salon de Lyon : « À 99€/mois, on peut se permettre de rouler dans une voiture électrique et neuve, sinon on ne le pourrait pas. » Ce couple venu pour une offre de location sur la Leapmotor T03 précise : « Il ne faudrait pas que l’offre dépasse les 99 €/mois promis, sinon on serait obligé de dire non ». Leur limite budgétaire était autour de 120 €/mois.

Pour ce budget-là, le panel de voitures électriques disponible n’est pas si important, malgré ce que vantent les constructeurs.

Beaucoup de visiteurs rencontrés sur le salon préfèrent cependant encore l’achat de leur voiture plutôt que la location longue durée.

Des budgets qui dépassent rarement 40 000 €

Même sur le stand Tesla, les visiteurs aimeraient ne pas dépasser 40 000 € pour leur achat. Certains craqueront quand même, en dépensant un peu plus que prévu pour une Model 3, ou un Model Y. Un visiteur d’une quarantaine d’années nous présentait ainsi sa réflexion : « C’est actuellement le meilleur rapport performance/prix. C’est plus que je n’aurais voulu dépenser pour ma voiture. C’est aussi un pari sur sa valeur, quand je voudrai changer de voiture. »

La Model 3 attire les questions à Lyon // Source : Raphaelle Baut
La Model 3 attire les questions à Lyon // Source : Raphaelle Baut

Un ingénieur rencontré sur le stand Hyundai en face du nouveau Kona avait aussi fait ses calculs : « Le prix d’achat restreint mon choix, mais le calcul du coût à l’usage m’a permis d’élargir mon budget initial de 35 000 jusqu’à 40 000 €, au-delà c’est délicat. » Rêvant devant le Hyundai Ioniq 5, un propriétaire de l’ancien Kona nous a confié que le modèle visé n’était pas dans son budget (46 300 € pour le Ioniq 5). Il aimerait bien aussi plus de choix pour des voitures électriques à moins de 40 000 € (avant aides).

Nouveau Kona : un choix rationnel pour ce visiteur // Source : Raphaelle Baut
Nouveau Kona : un choix rationnel pour ce visiteur // Source : Raphaelle Baut

Sur l’échantillon de Français rencontrés sur le salon de Lyon lors de ce reportage, on a pu une nouvelle fois constater que l’offre commerciale ne correspondait pas vraiment encore à la demande pour les voitures électriques. Certains de ces acheteurs se laisseront peut-être tenter par un modèle à motorisation hybride, moins cher, avant de devoir passer à l’électrique après 2035.

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