Imbattable sur la catégorie de l’entrée de gamme depuis son arrivée en France, Xiaomi frappe une nouvelle fois très fort avec le Redmi Note 11, un smartphone commercialisé entre 200 et 250 euros. À ce prix, il propose des caractéristiques dignes de modèles vendus deux fois plus cher. Nous l’avons testé.

Combien de temps faudra-t-il à Xiaomi pour vendre autant de smartphones que Samsung ou Apple ? Présent sur le marché français depuis 2018, la marque chinoise enregistre tous les ans une croissance folle et, progressivement, se rapproche du duopole le plus connu de l’industrie. Seul défaut de sa stratégie : Xiaomi gagne moins d’argent que ses rivaux. Il doit son succès aux mobiles les plus abordables, ce qui lui rapporte moins par vente que ses concurrents. Qu’importe ! Pour l’instant, Xiaomi privilégie la quantité à tout le reste. Seules les parts de marché comptent.

Que vaut le meilleur smartphone Xiaomi à 200 euros aujourd’hui ? Pour le savoir, nous avons souhaité tester le Redmi Note 11, le smartphone de référence de la marque. Vous allez voir qu’il n’a pas grand-chose à envier à certains produits vendus beaucoup plus cher.

Une fluidité troublante

On a tendance à penser que les smartphones les moins cher sont lents, ce qui est généralement vrai. Heureusement, il existe quelques exceptions, dont ce Redmi Note 11. Certains produits bénéficient d’un traitement de faveur de la part de leur constructeurs et ont le droit à un surclassement au niveau des composants. C’est le cas du smartphone de Xiaomi qui, avec son processeur Snapdragon 680 (sans 5G), va quasiment aussi vite que certains smartphones vendus à 400-500 euros. C’en est presque troublant quand on connait le prix de l’appareil, d’autant plus que l’écran du smartphone dispose d’un taux de rafraîchissement de 90 Hz. Le Redmi Note 11 est fluide, parfois plus qu’un smartphone comme l’iPhone SE d’Apple.

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Le Redmi Note 11 ne ressemble pas tellement à un smartphone d’entrée de gamme. // Source : Louise Audry pour Numerama

Si l’interface de Xiaomi a encore besoin de quelques ajustements pour flirter avec celles de Samsung, Apple ou même Oppo (il y a notamment trop d’applications préinstallées, ainsi que des publicités cachées), le Xiaomi Redmi Note 11 délivre une expérience utilisateur à des années lumières de celles proposées par certains mobiles Wiko ou TCL. Xiaomi a cet avantage sur la concurrence, il n’a pas peur de casser les prix et de gagner peu d’argent, à condition que cela lui permette de conquérir de nouveaux clients. Le temps qu’il restera sur cette stratégie, les consommateurs de l’entrée de gamme seront gagnants. À terme, il est toutefois probable qu’il tente de vous pousser vers ses mobiles plus coûteux.

Bien sûr, si nous saluons la fluidité de navigation du Redmi Note 11, précisons tout de même que cette dernière n’est visible que pour les tâches les plus basiques. Changer d’application, naviguer sur les réseaux sociaux ou passer des appels vidéo ne pose aucun problème, mais on ne peut pas en dire autant de certaines activités plus gourmandes. Si vous souhaitez, par exemple, jouer en haute résolution, le Redmi Note 11 n’offrira pas la même qualité que certains mobiles plus puissants. Mais sa cible n’est pas forcément celle qui joue le plus.

OLED, batterie, charge rapide… Une fiche solide pour le Xiaomi Redmi Note 11

L’autre point fort du Redmi Note 11 est son écran. Pour la deuxième année consécutive, Xiaomi dote son smartphone d’entrée de gamme d’une dalle OLED, une caractéristique que l’industrie a longtemps réservé au haut de gamme. Alors certes, un écran OLED à 200 euros est moins bon qu’un écran OLED à 1000 euros, mais il offre tout de même un taux de contraste nettement supérieur à celui de très nombreux mobiles vendus deux fois plus cher. Ici encore, on imagine que Xiaomi mord sur sa marge pour une question d’image. De l’OLED à 200 euros face au LCD à 500 euros d’Apple, le symbole est fort ! Le tout est d’autant plus satisfaisant que l’écran de 6,43 pouces du smartphone est très agréable à utiliser, avec une définition Full HD+ rare sur l’entrée de gamme.

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Le Redmi Note 11 a un écran OLED avec peu de bordures, sauf en bas. // Source : Louise Audry pour Numerama

Le reste des caractéristiques est tout aussi enthousiasmant à 200 euros. On peut choisir entre 64 Go (199 euros) et 128 Go (249 euros), le smartphone est livré avec un chargeur de 33W (on récupère 50% en 30 minutes), arbore une prise jack, est compatible NFC et peut être déverrouillé grâce à un capteur d’empreintes sur le côté. Comment ne pas avoir envie de recommander cet appareil à celles et ceux qui ont un petit budget ? Il est si complet.

Niveau autonomie, et malgré son poids raisonnable (179 grammes), le Redmi Note 11 embarque une batterie haute capacité de 5 000 mAh. Au vu de sa faible consommation énergétique, il s’en sort donc royalement. Nous ne sommes pas tombés en panne une seule fois dans la journée avec cet appareil.

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Le dos du Redmi Note 11 est en plastique et ne fait pas très qualitatif, mais une coque le cachera. // Source : Louise Audry pour Numerama

Appareil photo : mention assez bien

Le seul vrai point faible du Redmi Note 11 est peut-être son appareil photo, et encore. Au dos du smartphone, dans un bloc que nous trouvons assez disgracieux, on trouve un capteur de 50 Mpix (module ouvrant à f/1.8) et un appareil photo ultra grand-angle (8 Mpix, f/2.2). Deux autres capteurs sont aussi là pour faire joli (macro et profondeur), mais, soyons honnêtes, ils ne servent qu’à allonger la fiche technique du smartphone. Ils sont inutiles.

De jour, comme la plupart des mobiles aujourd’hui, le Redmi Note 11 s’en sort très bien. De nuit, sans surprise, c’est là qu’il éprouve plus de difficultés. Les photos sont bruitées et la gestion de la lumière est parfois médiocre. On remarque aussi quelques lenteurs quand on passe d’un module à un autre, mais est-ce vraiment étonnant ? Ou problématique à son prix ?

Photo Redmi Note 11
Photo prise de jour avec le Redmi Note 11. Le niveau de détails est satisfaisant, on voit bien les plantes. // Source : Numerama
Photo zoom Redmi Note 11
L’ultra grand-angle montre de premières limites, l’image n’est pas très nette. Sur le capteur principal, on observe des problèmes de traitement HDR. Regardez le ciel. // Source : Numerama
Photo Redmi Note 11
La nuit, le Redmi Note 11 a vraiment du mal. Il n’arrive pas à gérer les différentes sources de lumière et, plus généralement, tout est très granuleux. // Source : Numerama
Photo Redmi Note 11
Peu importe l’appareil photo utilisé, le Redmi Note 11 a des problèmes de netteté la nuit. // Source : Numerama

Si on peut logiquement espérer mieux, les personnes à la recherche d’un vrai photophone se tourneront sans doute vers des appareils dédiés à ça (comme le Pixel 4a de Google, ou son éventuel successeur). À 200 euros, le Redmi Note 11 fait le taf. Il n’excelle pas, mais il dépannera quand nécessaire.

Pas de 5G et d’autres petites concessions

Que peut-on reprocher d’autre au Redmi Note 11 ? En soi, pas grand chose. À part son vibreur un peu violent (il vibre fort) et son incompatibilité 5G, qui n’est sans doute pas le critère principal à 200 euros. Pour le reste, le smartphone est très complet. Sans être le meilleur sur quoi que ce soit, il réussit à être très bien équilibré partout.

Le verdict

Comment pourrait-on dire du mal du Redmi Note 11 ? S’il coûtait 400 euros, nous dirions déjà de ce smartphone qu’il est un excellent produit pour celles et ceux qui recherchent un appareil bien équilibré, avec un bel écran OLED, de bonnes caractéristiques, une autonomie de haut niveau et des performances capables de répondre à leurs besoins. Problème : le Redmi Note 11 ne coûte pas 400, mais 200 euros. Son rapport qualité-prix n’a aucun équivalent sur le marché.

Si vous recherchez un smartphone d’entrée de gamme ou qu’un/une de vos proches vous demande des conseils, c’est vers le Redmi Note 11 qu’il faut s’orienter. Une nouvelle fois, Xiaomi nous prouve qu’il n’a pas d’équivalent à ce jour sur l’entrée de gamme. Certes, son smartphone n’a pas la meilleure interface logicielle ou le meilleur appareil photo, mais on peut franchement s’en passer au vu de la qualité du reste. Et oui, il est possible de faire des bons smartphones à de petits prix.