Samsung a partagé les résultats d'un test en laboratoire sur la 6G. Les débits atteints sont spectaculaires, mais obtenus dans des conditions bien précises.

C’est un débit obtenu lors d’une expérimentation et selon un protocole de test bien précis, qui ne dit évidemment rien de ce que sera la réalité des liaisons mobiles dans quelques années. Il n’empêche. Les résultats obtenus conjointement par une équipe de Samsung Research, Samsung Research America et l’université de Californie à Santa Barbara livrent un petit aperçu de ce que sera la 6G.

Un débit spectaculaire, mais obtenu en laboratoire

Dans un communiqué de presse paru le 16 juin, les ingénieurs expliquent avoir atteint dans un test en laboratoire le débit de 6,2 Gbps, soit 775 Mo par seconde, en passant par la bande 140 gigahertz (GHz) sur une distance de 15 mètres entre les deux appareils qui ont communiqué. Au-delà de 100 GHz, on dit que les bandes sont dans la catégorie térahertz, qui est une bande différente de celles des ondes radio.

Pour atteindre ce débit, les chercheurs n’ont pas dû seulement se placer sur une bande de fréquences très élevées et établir une proximité importante entre l’émetteur et le récepteur : ils ont également dû utiliser la technique du « beamforming », qui consiste à focaliser des faisceaux d’ondes radio vers un terminal. Le « beamforming » n’est pas propre à la 6G : il est aussi employé pour la 5G par exemple.

Bien que très impressionnante, la démonstration doit être nuancée compte tenu de la distance très courte — 15 mètres — sur laquelle le signal a pu être diffusé. La méthode pourrait servir ponctuellement pour des lieux très bondés et peu étendus, comme une gare ou un hall d’aéroport, mais paraît hors-jeu pour un quartier ou une ville : les antennes-relais utilisent des fréquences qui se propagent sur des centaines de mètres.

Samsung reste néanmoins très enthousiaste sur le térahertz. « La bande THz comprend une énorme quantité de spectre disponible, ce qui permettra de créer des canaux à large bande avec une largeur de bande de plusieurs dizaines de GHz. Cela pourrait potentiellement fournir un moyen de répondre à l’exigence 6G de térabits par seconde de débit de données », développe le communiqué.

5G vs 6G selon Samsung
5G vs 6G selon Samsung // Source : Samsung

Les débits pourraient être multipliés jusqu’à cinquante et la latence (c’est-à-dire le délai de transit d’une donnée entre le moment où un signal est envoyé et celui où il est reçu) réduite d’un facteur dix. Déjà lors de la bascule entre la 4G et la 5G, des promesses équivalentes étaient faites — et le sont toujours. On parle même de la 5G comme d’une sorte de fibre optique « sans fil ».

«  Ces améliorations permettront d’offrir des services d’hyperconnectivité 6G et une expérience multimédia ultime, comme la réalité étendue (XR), l’hologramme mobile haute-fidélité, etc », écrit Samsung. Ces services étaient déjà évoqués dans le livre blanc sur la 6G du géant de la technologie sud-coréen. Il parlait déjà d’un débit moyen d’une chute de la latence par dix et d’un débit sans commune mesure.

La 6G ne sera pas concrète avant dix ans

Ce que doit être la 6G n’est d’ailleurs pas encore véritablement arrêté : alors que la 5G est en train d’être déployée à l’état embryonnaire dans de nombreux pays du monde, la 6G se trouve encore à un stade de recherche et de définition. Sa standardisation n’est pas pour demain et son déploiement ne se fera que dans une dizaine d’années. Pour autant, nombre de laboratoires et d’équipementiers sont déjà en lice.

Samsung, évidemment, se place dans la compétition, à la fois parce qu’il est constructeur de terminaux mobiles, avec ses smartphones et ses tablettes, mais aussi parce qu’il est un constructeur d’équipements télécoms — et donc rival de Nokia, Ericsson et Huawei. S’il est un compétiteur de la 5G aujourd’hui, il sera un challengeur sur la 6G demain. Et pour cela, il lui faut travailler dessus et essayer de peser sur la standardisation.

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