Une entreprise sud-coréenne pense avoir trouvé une solution pour que nous vivions plus sainement, sans détruire notre environnement : que nous roulions tous en vélo et véhicules électriques, en étant payés pour ces distances parcourues.

Et si nos bonnes actions pour l’environnement pouvaient nous enrichir ? C’est précisément l’idée qui sous-tend la création de la startup sud-coréenne CyClean, repérée par The Next Web le 27 septembre 2018. Pour nous inciter à vivre de manière plus saine, cette entreprise veut miser sur un écosystème savamment orchestré pour nous motiver à faire de l’exercice et favoriser les moyens de transports plus écologiques.

Convaincue que les humains ont besoin d’une récompense pour agir sainement et respecter durablement l’environnement, l’entreprise CyClean propose de mesurer chacune de nos activités physiques et de nous rétribuer pour les émissions de gaz nocifs ainsi évitées… mais en crypto-monnaie.

Pour cela, la startup a créé plusieurs appareils, allant du simple bracelet connecté aux vélos et motos électriques. Une « CyClean Car » est même envisagée, mais la société explique ne pas avoir un budget suffisant pour la développer à l’heure actuelle.

Pédaler pour miner de la crypto-monnaie

L’ensemble de cet édifice doit être soutenu par l’utilisation du « CyClean coin », une monnaie virtuelle générée lors de l’utilisation des véhicules verts et/ou électriques fournis par la startup. Comme d’autres crypto-monnaies déjà utilisées, celle-ci a été pensée sur le principe des contrats intelligents.

Chacun des véhicules que CyClean veut mettre à disposition a des équipements qui mesurent l’activité physique réalisée par les utilisateurs et utilisatrices. Sur cette base, les humains seront récompensés de leurs efforts physiques, bénéfiques pour l’environnement. Les créateurs de la startup précisent que cela sera effectif « une fois que la plateforme CyClean sera entièrement développée ».

Un écosystème dans lequel vous seriez payé pour pédaler. // Source : CyClean

Nos confrères de The Next Web prennent un exemple : une personne portant le bracelet de cette entreprise peut espérer recevoir des pièces de monnaie virtuelle à chaque nouveau kilomètre qu’elle parcourt. De la même manière, les personnes possédant un véhicule vendu par CyClean gagneraient de l’argent, en guise de remerciement pour un effort qui amoindrit la pollution des véhicules thermiques.

Afin de refermer cette boucle présentée comme vertueuse, CyClean veut que sa monnaie virtuelle serve à des dépenses elles-aussi bénéfiques pour l’environnement. La startup permet par exemple de dépenser cet argent dans la location d’un vélo ou pour payer une électricité produite par des panneaux solaires de CyClean.

Une récompense en crypto-monnaie est-elle vraiment si écologique ?

Si l’utopie écologique de CyClean peut prêter à sourire, elle suscite plusieurs questions. Les humains auraient-ils besoin d’une motivation financière pour prendre la mesure du réchauffement climatique et décider d’inverser la tendance ? Cette entreprise semble en avoir fait le pari : en 2019, elle espère d’ailleurs convaincre des gouvernements et des ONG de s’associer à elle pour lancer son projet à grande échelle.

L’impact écologique de la création d’une telle monnaie est également source de préoccupations : le minage des monnaies virtuelles est connu pour être gourmand en énergie. CyClean se défend de proposer une solution plus écologique, « comparée au traditionnel minage qui gâche de l’électricité en grande quantité »… une formulation qui reste plutôt vague.

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