Pour refroidir la Terre, des chercheurs veulent tenter d'utiliser des particules renvoyant la lumière solaire vers l'espace. Leur premier test de géo-ingénierie solaire pourrait avoir lieu en 2019.

Comment faire baisser le plus rapidement possible la température ambiante sur Terre ? En pulvérisant des particules capables de réfléchir la lumière du Soleil dans notre stratosphère : c’est la proposition de 3 chercheurs de l’université d’Harvard. Le 27 novembre 2018, leur méthode reposant sur le principe de la géo-ingénierie a été présentée dans la revue Nature.

Puisqu’un demi-degré peut tout changer pour la survie de l’humanité, le professeur de chimie biologique Frank Keutsch, la doctorante en ingénierie et sciences appliquées Zhen Dai et le professeur de physique appliquée David Keith ont uni leurs forces pour proposer cette solution. Elle consisterait, comme le veut le principe de la géo-ingénierie, à tenter de manipuler le climat terrestre par des moyens artificiels.

Pour inverser la hausse des températures, les scientifiques proposent d’utiliser du carbonate de calcium. Cette substance blanche, composée d’ions carbonate et calcium, est présente dans certains éléments calcaires — la craie, par exemple. Comme le relève l’article publié par Nature, le carbonate de calcium est aussi utilisé pour apaiser certains troubles de la digestion.

Du carbonate de calcium. // Source : Wikimedia/CC/Ferdous

Vaporiser du carbonate de calcium

Les 3 chercheurs pensent que ce carbonate de calcium pourrait, une fois vaporisé sous forme de particules dans la stratosphère, renvoyer les rayons du Soleil vers l’espace. Ceci permettrait de refroidir la température globale de la planète.

Ils se sont inspirés des conséquences de l’éruption du Mont Pinatubo aux Philippines le 14 juin 1991. Le volcan avait rejeté 15 millions de tonnes de dioxyde de soufre jusque dans la stratosphère. En entrant en contact avec l’eau, la substance a formé des gouttes d’acide sulfurique. Les vents stratosphériques ont propagé ces particules à la surface de la Terre.

Cet événement a probablement été à l’origine d’un « refroidissement mesurable de la surface de la Terre », écrivait le Nasa Earth Observatory en 2001.

L’éruption du Mont Pinatubo en juin 1991. // Source : Flickr/CC/Kentucky National Guard Public Affairs Office

2 vols à 3 millions de dollars

Alors que les températures continuent d’augmenter, la géo-ingénierie cherche à s’inspirer de tels phénomènes pour proposer des solutions artificielles. Avec leur solution de géo-ingénierie solaire, les 3 chercheurs en sont encore à un stade expérimental : ils testent en laboratoire les réactions chimiques qui pourraient se produire dans la stratosphère.

Leur projet, baptisé SCoPEx (pour « Stratospheric Controlled Perturbation Experiment ») pourrait cependant prendre une tournure concrète dès 2019 : l’objectif serait de faire voler 2 ballons dirigeables à 20 km d’altitude au sud-ouest des États-Unis. Le dispositif, estimé à un budget de 3 millions de dollars, enverrait des morceaux de carbonate de calcium (de 100 grammes chacun).

Bien que Frank Keutsch, Zhen Dai et David Keith n’en soient pas encore à ce stade, leur projet suscite déjà des critiques. Le principal reproche adressé à la géo-ingénierie est qu’elle n’offre qu’un pis-aller au véritable objectif que nous devrions poursuivre, à savoir la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Crédit photo de la une : Pixabay/CC0 (photo recadrée)

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