D’après des informations du Financial Times, la Russie est parvenue, à multiples reprises, à intercepter les communications de satellites européens. Deux engins sont au cœur de ces soupçons d’espionnage : « Luch-1 » et « Luch-2 », qui, depuis leur lancement, ne cessent d’inquiéter Bruxelles.

L’information proviendrait d’officiels européens : l’étendue de l’espionnage russe par satellite contre des engins européens serait bien plus importante qu’on ne le pensait.

Ces révélations, rapportées par le Financial Times dans un article du 4 février 2026, pointent en particulier deux engins russes : Luch‑1 et surtout Luch‑2, lancé en 2023. À lui seul, ce dernier se serait approché de 17 satellites européens depuis 2023, restant parfois à proximité pendant des semaines.

Le média britannique souligne que ces informations sont nouvelles et étaient restées jusqu’ici non divulguées au grand public. Une précision importante, car cette affaire ne constitue pas un précédent isolé : depuis plus d’une décennie, États‑Unis, France, Royaume‑Uni ou encore Allemagne ont déjà signalé et dénoncé des comportements anormaux de satellites russes suivant de près leurs propres engins ou des plateformes commerciales qu’ils utilisent.

L'un des deux satellites suspecté d'espionnage aurait été grandement endommagé le 30 janvier 2026 // Source : s2a Systems
L’un des deux satellites suspecté d’espionnage aurait été grandement endommagé le 30 janvier 2026. // Source : s2a Systems

Le rôle des satellites russes Luch‑1 et Luch‑2 dans l’espionnage russe

D’après ces nouvelles informations, les satellites pris pour cible sont principalement des satellites de télécommunications civils diffusant de la télévision ou offrant des services commerciaux, mais certains servent aussi à des communications gouvernementales sensibles et à des usages militaires.

Les zones couvertes par ces engins victimes s’étendent à l’ensemble du continent européen ainsi qu’à de larges portions de l’Afrique et du Moyen‑Orient, ce qui élargit considérablement le champ d’exposition. Les deux satellites russes sont décrits comme des engins espions spécialisés dans le renseignement d’origine électromagnétique (SIGINT), c’est‑à‑dire la collecte de signaux et de communications depuis l’orbite.

Point d’inquiétude : l’article souligne également que de nombreux satellites anciens transmettant des données sans chiffrement robuste sont concernés par ces opérations d’espionnage. Beaucoup ont été lancés à une époque où l’on n’installait ni ordinateurs embarqués avancés ni capacités de cryptage modernes, laissant aujourd’hui des pans entiers de l’infrastructure spatiale vulnérables.

Une affaire qui remet la question de la sécurité en orbite au cœur de l’actualité

L’inquiétude principale ? Que les données interceptées permettent à Moscou de comprendre en détail l’architecture et les protocoles de ces systèmes orbitaux. À partir de là, la Russie pourrait, en théorie, prendre le contrôle de certains satellites, manipuler leurs propulseurs pour les déplacer, perturber leurs services ou, dans le scénario le plus extrême, provoquer leur retombée incontrôlée sur Terre.

Reste à noter que selon plusieurs sources, Luch‑1 aurait été détruit le 30 janvier dernier à la suite d’une collision avec des débris spatiaux, ce qui mettrait fin à son rôle actif dans cette campagne d’interceptions. Mais Luch‑2 demeure opérationnel. La question de la sécurisation de la flotte de satellites européens a rarement été aussi brûlante.

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+
Toute l'actu tech en un clien d'oeil

Toute l'actu tech en un clin d'œil

Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !


Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer !