« Space is hard ». La formule est connue et s’applique aussi bien aux plus grosses entreprises et agences gouvernementales de la planète, jamais à l’abri d’un souci de dernière minute, qu’aux plus petites structures, qui sont par essence fragiles. Et justement, MaiaSpace traverse quelques difficultés dans le développement de son futur mini-lanceur.
Comme le révèle un article du site European Space Flight, le 2 mars 2026, l’entreprise française a profité d’un événement au Centre spatial de Kourou le 24 février pour revoir à la baisse ses ambitions. À l’origine, elle désirait faire voler la fusée Maia avant la fin de l’année, mais cette date apparaît désormais impossible à tenir. Le vol aura donc lieu en 2027.
Un avantage : l’abandon des Soyouz
Malgré tout, l’entreprise se dit confiante pour que ce tir ait lieu avant le mois d’avril 2027. Symboliquement, cela permettrait à MaiaSpace de concrétiser sa promesse de faire voler sa première fusée cinq ans après sa création — la société ayant été fondée en 2022.

Le projet de ce premier vol est de réaliser un test suborbital, avec une fusée capable d’atteindre les 100 kilomètres d’altitude, en partant depuis le centre spatial guyanais de Kourou, où l’entreprise a pu obtenir l’autorisation d’utiliser le pas de tir réservé autrefois aux lancements de Soyouz. Celui-ci est inoccupé en raison de la guerre en Ukraine : l’Europe et la Russie ont mis fin à leur coopération sur place, laissant une opportunité à d’autres.
Le calendrier reste serré pour l’entreprise française qui promet que sa fusée sera prête sur le pas de tir dès la fin de cette année pour les premiers tests. MaiaSpace a l’avantage d’avoir des installations déjà quasiment prêtes, car le gros (80 %) de ce qui servait aux Soyouz pourra être utilisé tel quel. Il reste cependant à mener quelques adaptations, et ajouter des dizaines de millions d’euros à la facture — une somme relativement faible pour un projet de cette envergure.
Quelques défis, et beaucoup d’espoir
« Maintenir cette feuille de route ne se fera pas sans difficultés ou défis, ont assuré les responsables cités par European Space Flight. Mais c’est une part de notre méthode d’apprentissage, qui place les tests au sol et en vol au cœur du développement pour aller plus vite ensuite. »
Malgré ce report, MaiaSpace reste au cœur de nombreux espoirs. Quelques jours à peine après cet événement, on a appris que l’entreprise a décroché un contrat avec Eutelsat pour mettre en orbite pas moins de 440 satellites de sa future constellation OneWeb. De quoi sécuriser au moins une dizaine de tirs, et donc d’envisager le futur plus sereinement.

De plus, elle est la seule entreprise française présélectionnée par l’ESA dans son European Launcher Challenge, dont le but est de fournir à l’Europe des lanceurs privés, afin d’étoffer l’offre au-delà des seules Ariane 6 et Vega-C. Pour l’instant, rien n’indique que le retard annoncé ne remette en cause sa participation. Surtout que MaiaSpace peut rassurer : malgré son côté « start-up » revendiqué, elle reste une filiale d’ArianeGroup, ce qui peut lui donner accès à des ressources et des expertises que n’ont pas les concurrents.
+ rapide, + pratique, + exclusif
Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.
Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.
Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci
Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.
Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :
- 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
- 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
- 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.
Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer !











