L’état de santé d’un astronaute à bord de la Station spatiale internationale est tel que la Nasa organise un rapatriement pour le confier à un médecin sur Terre, a-t-on appris le 8 janvier 2026. La situation, inédite pour l’agence spatiale américaine, est très encadrée, et les informations rares au nom du secret médical. En revanche, de nombreuses procédures sont connues pour faire face à ce type de situation, scrutées de près depuis les débuts de la conquête spatiale.
Comment éviter une maladie avant le départ d’un astronaute ?
Avant tout départ dans l’espace, les astronautes subissent toute une batterie de tests, puis ils sont placés en quarantaine stricte. Pendant les deux dernières semaines précédant le décollage, les astronautes sont mis à l’écart, y compris de leurs proches, pour éviter toute contamination inopportune.
Rien à voir avec le confinement que nous avions vécu lors du covid, puisqu’ils sont tout de même isolés avec une quarantaine de personnes dont des médecins, des instructeurs, des masseurs, et des cuisiniers, sans oublier les autres astronautes sur le départ, ainsi que leurs doublures.
Au-delà de l’aspect lié aux risques de contamination, la quarantaine est aussi nécessaire pour garantir une stabilité des observations de l’état de santé des astronautes pendant une longue période, dans un environnement contrôlé. Ce qui est utile ensuite pour continuer de suivre ces variables de très près une fois dans l’espace.
Comment sont-ils suivis une fois à bord ?
Dans la Station spatiale internationale, la santé des astronautes est un sujet de préoccupation constant. De nombreuses variables sont mesurées durant leur séjour, qu’il s’agisse de leur circulation sanguine, de leur rythme cardiaque, de leur alimentation ou même de leur sommeil.
En plus, ils sont en quasi-permanence appelés à effectuer des activités physiques, mais aussi des tests cognitifs, afin d’être certains de ne pas développer de troubles physiques ou mentaux, ce qui peut facilement arriver dans un espace confiné, loin de chez soi.
Au-delà de ça, les astronautes sont en liaison constante avec la Terre et peuvent échanger avec des équipes médicales au sol capables de les aider dans leurs prises de décisions, en cas de problème à bord.
Quels risques ont-ils de tomber malade ?
Selon James Polk, responsable en chef de la santé des astronautes qui s’est exprimé lors de la conférence de presse annonçant le retour de l’équipe de Crew-11, les modèles prédisaient qu’une évacuation médicale aurait dû se produire tous les trois ans depuis les débuts de l’ISS.
Les statistiques étaient visiblement très pessimistes puisque celle-ci n’est que la première, mais il faut dire que les risques sont nombreux. Pour commencer, il y a les infections bactériennes qui peuvent avoir des conséquences. Même avec des conditions d’hygiène drastiques, il est difficile de se laver convenablement à bord de l’ISS, et encore moins possible d’aérer pour des raisons évidentes, ce qui laisse libre cours au développement de bactéries.

En plus, l’absence de gravité et la présence de radiations plus fortes que sur Terre exposent les astronautes à des troubles que nous ne connaissons pas. Cela se répercute sur le cerveau, la circulation sanguine, les yeux, ou même la peau et les os qui vieillissent prématurément… Autant de raisons pour se demander comment, après toutes ces années, il n’y a pas eu plus de problèmes à bord de l’ISS !
Comment sont formés les astronautes pour faire face à ces situations ?
Les astronautes subissent un entraînement extrêmement poussé qui va bien au-delà des formations de premiers secours pour porter assistance à leurs collègues en orbite. Ainsi, outre l’utilisation d’un défibrillateur, d’une machine pour mener des échographies, ou même d’un système d’injection intra-osseuse, les astronautes disposent aussi d’énormément de matériel pour des interventions plus importantes.

Parmi ces ressources, une seringue pour injecter de l’épinéphrine en cas de réaction allergique, des masques à oxygène, de quoi arracher les dents, et même les remplacer, pour faire face à une infection par exemple. Mais aussi tout le matériel pour pratiquer une appendicectomie, ou même pour retirer une vésicule biliaire.
A priori, l’immense majorité de tout ceci n’a jamais été utilisé en conditions réelles, mais les astronautes sont bien entraînés pour pouvoir s’en servir en cas de besoin. En revanche, lorsqu’il s’agit d’opérations relativement complexes, la Nasa pourrait faire le choix du retour prématuré sur Terre, au nom du principe de précaution. Car même si les astronautes sont censés pouvoir aller jusque-là, le risque n’en vaut pas forcément la chandelle.
Est-ce que ces situations se sont déjà produites ?
Peu d’informations demeurent sur les problèmes de santé des astronautes en orbite, mais quelques cas soviétiques sont à peu près connus. Le site Rêves d’Espace relève quelques précédents, notamment en 1976, avec Vitaliy Zholobov, souffrant d’une inflammation de la prostate, même si certaines sources évoquent plutôt un souci technique sur le vaisseau Saliout 5 qui aurait écourté sa mission.
En 1985, Vladimir Vassioutine est tombé gravement malade lors de son seul vol à bord de la station soviétique Saliout 7 qui a duré deux mois seulement au lieu des 6 prévus. Enfin, en 1987, le séjour d’Aleksandr Laveïkine a été écourté à bord de la station Mir suite à la détection de petites irrégularités cardiaques.
En revanche, du côté de la Nasa et de l’ESA, jamais de tels événements n’ont été rendus publics.
+ rapide, + pratique, + exclusif
Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.
Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.
Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci
Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.
Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :
- 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
- 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
- 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.
Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer !











