Pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle, un équipage va se rendre à proximité de la Lune. Cependant, les astronautes à bord de la mission Artémis II ne se poseront pas pour autant sur notre satellite. La Nasa garde cette étape pour le prochain voyage avec Artémis III. Mais pourquoi attendre ?

Des missions lunaires habitées, la Nasa en a déjà réussi. À six reprises exactement, entre 1969 et 1972 durant les missions Apollo. Et pourtant, dans le très ambitieux programme Artémis, le premier depuis lors à proposer à nouveau ce type de conquête lunaire, il faudra attendre le troisième vol, Artémis III, pour voir à nouveau des humains marcher sur la Lune.

Lors d’Artémis II, dont le départ est prévu dans la nuit du 6 au 7 février 2026, quatre astronautes vont s’envoler à bord du vaisseau Orion, et passeront une dizaine de jours dans l’espace. Durant leur voyage, ils feront une orbite autour de la Lune puis reviendront sans quitter leur capsule. Pourquoi tant de prudence ?

Nous avons fait des progrès depuis les missions Apollo, mais…

Pour commencer, un atterrissage lunaire reste aujourd’hui un véritable défi technique. En l’absence d’atmosphère, il est impossible d’utiliser les techniques habituelles comme les parachutes, et il faut se contenter uniquement des moteurs. D’ailleurs, bon nombre de missions récentes (heureusement robotisées) ont échoué.

Mission Apollo 15. // Source : Flickr/CC/NASA's Marshall Space Flight Center (image recadrée)
Mission Apollo 15. // Source : Flickr/CC/NASA’s Marshall Space Flight Center (image recadrée)

En plus, si les États-Unis ont effectivement réussi à y poser des humains il y a quelques décennies, la science a beaucoup progressé depuis… Jusqu’à complexifier les choses ! Nous disposons aujourd’hui de bien plus d’informations sur la composition de la Lune, sa structure interne, la dynamique de la poussière lunaire, ou encore les radiations. Autant de paramètres qui n’étaient pas pris en compte de la même manière dans les années 1960-1970 et qui, aujourd’hui, réclament davantage d’attention et de calculs pour ne pas mettre en danger les équipages.

Il n’y a pas encore d’atterrisseur lunaire

Dans l’architecture de la mission de la Nasa, il était prévu que l’atterrisseur lunaire, le vaisseau qui emmènerait les astronautes jusqu’à la surface, ne soit opérationnel que pour Artémis III. Ce qui signifie qu’actuellement, il n’existe pas encore de quoi descendre jusqu’à la Lune, et le vaisseau Orion n’a pas, parmi ses capacités, celle de se poser en douceur sur un astre dénué d’atmosphère.

Ainsi, il n’y a pas encore de successeur à Eagle, l’appareil qui avait posé les astronautes sur la Lune lors de la mission Apollo 11, suivi par plusieurs modules lunaires. À la place, la méthode actuellement choisie est portée par SpaceX et prévoit une architecture bien plus complexe, dont le développement reste encore aujourd’hui très incertain.

L’importance d’y aller par étapes pour la Nasa

Depuis les dernières missions lunaires habitées, plusieurs décennies se sont écoulées et la technologie a considérablement évolué. Même si l’on pouvait se dire que marcher sur la Lune a déjà été atteint, et qu’il suffit de recommencer, il ne faut pas oublier que les engins utilisés, les vaisseaux, les combinaisons, les fusées… Ne sont plus les mêmes ! Et qu’il faut donc les tester.

Même à l’époque des débuts de la conquête spatiale, alors qu’il était impératif pour la Nasa d’aller vite afin de doubler l’URSS, la montée en gamme des missions a été très progressive. D’abord les premiers lanceurs à la fin des années 1950 pour tester les boucliers thermiques et les parachutes, puis les vols (souvent avec des animaux) à quelques kilomètres d’altitude avant le vol suborbital, puis orbital…

Orion repartant vers la Terre. // Source : Capture d'écran YouTube ESA
Orion repartant vers la Terre, illustration. // Source : Capture d’écran YouTube ESA

Il a fallu attendre le programme Mercury pour voir des astronautes américains se rendre dans l’espace, à partir de 1962. Puis le programme Gemini qui a testé des vols de plus longue durée, avec même des rendez-vous orbitaux. Tout cela avant les missions Apollo qui ont commencé, comme Artémis, avec des missions non habitées jusqu’à Apollo 6. Puis Apollo 8 qui est allé en orbite lunaire avec une maquette à la place du module lunaire. Apollo 9 qui embarquait un équipement réel, Apollo 10 qui correspond à une dernière répétition générale sans atterrissage, et enfin Apollo 11 qui saute le pas (petit pour l’Homme, mais grand pour l’humanité).

À l’époque, tout cela s’est joué en à peine quelques années, et les écarts entre deux missions sont aujourd’hui plus longs. Mais, au nom de la sécurité des astronautes, la Nasa préfère toujours jouer la prudence. Même dans une ambiance de course à la Lune avec la Chine, un accident impliquant des victimes humaines dans la conquête spatiale serait un véritable traumatisme, que les États-Unis ont déjà connu, et qu’ils ne voudraient pas traverser à nouveau.

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