SpaceX a bouclé avec succès un test clé sur le Starship : allumer la quasi-totalité des moteurs du booster, appelé Super Heavy. Sur les 33 moteurs, 31 ont bien fonctionné.

C’était un essai espéré de longue date, un jalon clé dans le développement de Starship, la nouvelle fusée de SpaceX. La mise à feu statique du lanceur, avec l’ensemble de ses moteurs, a finalement eu lieu dans la journée du 9 février 2023. Et le bilan s’avère tout à fait favorable pour l’entreprise américaine. Rien n’a explosé.

Le calendrier de ce test a été éventé la veille par Gwynne Shotwell, la présidente de SpaceX, à l’occasion d’une conférence à Washington, le 8. Elle promettait que ce serait « un grand jour pour SpaceX ». Deux semaines après la procédure destinée à tester le remplissage complet des réservoirs du Starship, test qui s’est bien déroulé également, ce ne pouvait être que la mise à feu statique.

Cet allumage consiste à examiner le comportement de la motorisation de la fusée — et plus particulièrement son premier étage, le Super Heavy, qui assure l’essentiel de la propulsion au début de la mission (c’est lui qui doit arracher le lanceur à la gravité terrestre et atteindre l’espace, au-delà des 100 km d’altitude). Mais ici, la fusée ne décolle jamais de son pas de tir.

Tous les moteurs du Starship testés en même temps

Des mises à feu statiques ont déjà été observées pendant la conception du Starship. La différence fondamentale de l’essai organisé ce 9 février, dont l’officialisation a eu lieu au tout dernier moment par SpaceX, avec des annonces sur Twitter publiés très peu de temps avant l’essai, c’est qu’il a mis en œuvre la totalité des moteurs fusées du Super Heavy.

Jamais les 33 moteurs fusées du Super Heavy avaient été déclenchés ensemble lors d’une mise à feu statique — le précédent plafond était de 14. Il s’agissait donc de faire une tentative dans une configuration complète, avec toute la motorisation en action. Et le bilan est positif, comme on peut le voir dans la vidéo, mais aussi selon les premiers retours.

Raptor Super Heavy SpaceX
Les 33 moteurs sous le Super Heavy. // Source : SpaceX

D’abord, le pas de tir ne s’est pas transformé en boule de feu — Gwynne Shotwell en avait fait une plaisanterie le 8 février, en expliquant entre autres que « le véritable objectif [des tests du Starship, NDLR] est de ne pas faire exploser le pas de tir, c’est ça le succès ». Ensuite, presque tous les moteurs fusées du Super Heavy ont pu fonctionner.

Un compte rendu publié par Elon Musk peu de temps après l’allumage du booster indique qu’un moteur a été coupé par SpaceX juste avant la mise à feu, tandis qu’un deuxième s’est éteint tout seul pendant la tentative. Ce sont donc 31 moteurs fusées qui ont vraiment pu fonctionner. « Mais il y a toujours assez de moteurs pour atteindre l’orbite ! », a lancé Elon Musk.


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