SpaceX a testé séparément les deux segments du Starship. Des essais de mise à feu qui ont été concluants et ont permis de procéder à une première mise à feu statique du Super Heavy.

C’est une étape dans le développement du Starship, la future fusée de SpaceX. En attendant le fameux vol orbital que l’entreprise américaine doit conduire, en principe en 2022, des essais d’allumage moteur ont eu lieu au Texas le 9 août. À cette occasion, les deux segments du Starship ont été mis à l’épreuve. Les essais se sont bien déroulés.

Le Starship est un projet de lanceur en cours de construction, qui remplacera d’ici à quelques années les fusées de SpaceX — c’est-à-dire la Falcon 9, car le Falcon Heavy est une Falcon 9 soutenue par deux boosters latéraux qui sont en fait des morceaux de deux autres Falcon 9. Il est composé de deux étages : en haut se trouve Starship, en bas Super Heavy.

Le segment supérieur, Starship, a déjà été mis à l’épreuve à plusieurs occasions depuis trois ans. Il a toutefois fallu attendre mai 2021 pour que la partie haute de la fusée réussisse une manœuvre dans le ciel et revienne se poser sans encombre — auparavant, les essais se terminaient toujours mal. Depuis, la société n’a plus refait de test de ce genre.

L’essai organisé le 9 août consistait, détaille SpaceX sur Twitter, à effectuer une mise à feu statique du Starship 24 — à savoir du vingt-quatrième exemplaire qui a été fabriqué. Au cours de cet essai, deux moteurs-fusées Raptor ont été allumés (il doit en avoir six en tout). Lors de ses tests aériens, SpaceX avait déjà mis en œuvre trois moteurs-fusées.

Une mise à feu statique pour le Super Heavy

C’est aussi au cours de cette journée que SpaceX a procédé pour la première fois à un essai de mise à feu statique au niveau du Super Heavy. Celui n’avait jamais été éprouvé dans une telle configuration. Le modèle en question — Super Heavy Booster 7 — avait subi un incident mi-juillet, avec une forte explosion, mais sans que cela occasionne de dégâts irrémédiables.

Le Super Heavy est l’étage principal du Starship. C’est lui qui assure la propulsion lors du décollage jusqu’à la haute atmosphère, avec un total de 33 moteurs-fusées Raptor — mais ici, un seul a été allumé. En principe, une fois assez haut dans le ciel, le Super Heavy se détache du Starship (l’étage supérieur), qui lui peut continuer sa course vers les étoiles.

Starship SpaceX
Une version assemblée du Starship. Le Super Heavy est la colonne grise, le Starship le véhicule noir. // Source : SpaceX

Un tir statique imite une vraie mise à feu. Ces allumages surviennent souvent avant un vol opérationnel, pour faire une ultime vérification. Dans le cadre de ces essais du 9 août, SpaceX a bien sûr procédé à un tir statique « incomplet », au sens où aucun des deux segments n’était équipé de tous ses propulseurs, et que chaque étage a été challengé indépendamment.

C’est toutefois un jalon pour SpaceX, avec une première mise en route concluante pour le Super Heavy. Un pas de plus vers son objectif consistant à faire voler une version complète du Starship au-dessus d’une vaste portion du monde. Mais il y a encore pas mal de pas encore à faire d’ici là. En l’état, un vol en 2022 parait de plus en plus incertain.