De très nombreuses espèces d’arbres sont menacées. L’impact de leur disparition serait désastreux pour les écosystèmes, mais aussi pour l’humanité. Un nouveau rapport dresse un besoin urgent de solutions.

Un tiers des espèces d’arbres de la planète sont en danger d’extinction, soit environ 17 510 espèces. C’est beaucoup trop. Dans un rapport du 1er septembre 2022, le programme Global Trees Assessement pose une « alerte envers l’humanité ».

Les arbres sont au cœur de la crise écologique. On sait pourtant combien ils sont vitaux pour les écosystèmes. Ce ne sont pas seulement des puits naturels de carbone, ils représentent aussi une source d’habitats et de nutriments pour la moitié des espèces végétales et animales de toute la planète. Il ne faut pas non plus oublier l’humanité : les arbres ont une valeur culturelle et socioéconomique pour de nombreuses populations.

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Les arbres jouent un rôle clé dans les écosystèmes. // Source : Pexels

Cette étude vise justement à évaluer l’impact de la disparition d’un tiers des arbres. Et le constat est sans appel : « Nous démontrons comment l’extinction des espèces d’arbres entraînera la disparition de nombreux autres végétaux et animaux et modifiera considérablement les écosystèmes de la planète », écrivent les auteurs. « Nous montrons également comment l’extinction des arbres aura des répercussions négatives sur des milliards de personnes en raison de la perte de leurs moyens de subsistance et de leurs avantages. »

Comme le démontrent ces travaux, les arbres sont cruciaux pour tous les systèmes de la planète — que ce soient les écosystèmes naturels ou les systèmes sociaux ou les systèmes économiques.

7 actions pour sauver les arbres

Mais ces résultats du Global Trees Assessement ne sont pas qu’un constat tragique de la situation. Ils constituent plutôt un appel à l’action — urgente, cependant. Un ensemble de solutions est proposé. Elles se découpent en sept axes :

  • Reconnaître l’importance des espèces d’arbres et leurs rôles écologiques ;
  • Conserver et restaurer les populations d’arbres — prendre des mesures légales pour ce faire ;
  • Adresser les menaces directes qui pèsent sur les arbres, là encore quitte à « prendre des mesures légales si nécessaire » (notamment contre les exploitations forestières illégales) ;
  • Donner la priorité aux espèces d’arbres les plus menacées, avec un objectif de planification ;
  • Accroître la place des arbres dans les politiques climatiques et environnementales ;
  • Renforcer le rôle des arbres dans le développement durable, en reconnaissant « la contribution des arbres à la réduction de la pauvreté et veiller à ce que la valeur des arbres pour les personnes soit reflétée de manière appropriée dans les politiques et les actions » ;
  • Agir maintenant — à l’échelle collective et individuelle (communautés locales, agences gouvernementales, organisations forestières, entreprises, ONG, jardins botaniques, universités…).

« Notre message pour l’humanité est de se rappeler comment les arbres enrichissent et soutiennent nos vies, comme ils l’ont fait tout au long de l’histoire humaine », alerte Adrian Newton, coprésident du groupe de recherche. « Nous devons toutefois reconnaître que ces valeurs sont menacées si nous ne tenons pas compte des conséquences de nos actions et si nous ne modifions pas notre comportement collectif à l’égard des arbres. »

Bien qu’elles restent insuffisantes, des idées sont déjà en cours de développement. En Europe, une nouvelle stratégie pour la biodiversité vise la plantation de 3 milliards d’arbres d’ici à 2030. Cela constitue aussi un avantage potentiel contre les effets du réchauffement de la planète. On sait que les arbres peuvent tout particulièrement aider à lutter contre la sécheresse. Or, cet été 2022 fut historiquement sec.