La France connaît un épisode historique de sécheresse. Dans l’hexagone et dans le monde, c’est le résultat d’une tendance globale provoquée par le changement climatique : les phénomènes météorologiques extrêmes s’accentuent et, parmi eux, les sécheresses.

Le mois d’août démarre avec une quatrième vague de chaleur caniculaire. L’année 2022 entre dans l’histoire des pires étés, avec une sécheresse décrite comme historique. Cet épisode ne représente pas une séquence isolée. En raison du dérèglement du climat, la fréquence des sécheresses est amenée à augmenter.

Cette tendance concerne l’hexagone, tout comme le reste du monde. Certaines régions y sont particulièrement exposées — le Pakistan a récemment connu une crise de longue durée, en raison d’une sécheresse extrême (62 % de précipitations en moins en 2022 par rapport à la normale).

Bien que l’on associe souvent le changement climatique au réchauffement, il y a d’autres effets que l’augmentation du mercure à proprement parler. La sécheresse — un déficit généralisé en eau sur la durée — en fait partie.

Des sécheresses plus fréquentes et plus graves

« Avec le changement climatique, les sécheresses seront de plus en plus récurrentes. À cause de la hausse des températures, l’évaporation augmentera, renforçant l’intensité et la durée des sécheresses. Les effets sont déjà visibles, notamment en méditerranée », explique le site du ministère de l’Écologie.

Météo France y dédie également une page entière. « Le changement climatique, du fait de l’augmentation de l’évaporation liée à la hausse des températures, renforce l’intensité et la durée des sécheresses des sols », explique l’organisme de surveillance météorologique.

Coordonné par Météo France, justement, le projet de recherche ClimSec a développé 3 scénarios pour l’évolution au 21e siècle de la sécheresse en France :

Secheresse Cartes
Projections de la sécheresse en France selon 3 scénarios. // Source : MétéoFrance/ClimSec

« De manière générale, les résultats de ces simulations mettent en évidence une augmentation continue des sécheresses du sol en moyenne annuelle sur le territoire métropolitain au cours du XXIe siècle », décrit Météo France. « En fin de siècle, les projections réalisées à partir des trois scénarios s’accordent globalement sur un niveau moyen annuel d’humidité des sols correspondant au niveau extrêmement sec de la période de référence 1961-1990. »

Les projections ne sont pas qu’une affaire de cartes : il y a des enjeux humains derrière. Le dernier rapport « La sécheresse en chiffres » des Nations unies relève que le nombre et la durée de ce type d’épisodes a augmenté de 29 % depuis 2000. Et, l’ONU relève qu’à l’avenir, si rien ne change, la sécheresse pourrait causer le déplacement de 700 millions de personnes d’ici à 2030, puis en 2040, un enfant sur quatre pourrait se trouver dans une région souffrant de pénurie extrême d’eau.

Le lien entre la crise climatique et la sécheresse croissante ne fait plus de doute. Le 6e rapport du GIEC — le dernier en date — évoque lui aussi l’impact du dérèglement climatique sur une augmentation des sécheresses, tout en rappelant qu’il s’agit plus globalement d’une crise des cycles de l’eau. Car il s’agit bien d’une perturbation globale du climat : en plus des sécheresses, les effets sont aussi des inondations plus régulières à cause des précipitations anormales.

Cette crise est celle des phénomènes météorologiques extrêmes, plus fréquents, plus amples. Plus les causes — les émissions émises par les activités humaines — seront amoindries rapidement, moins l’humanité et les écosystèmes subiront ces effets.