Alors que le changement climatique risque d'entrainer une réduction des pluies en Europe, réaugmenter la couverture forestière permettrait alors de rebooster les précipitations dans la région.

Les auteurs d’une étude parue le 5 juillet 2021 dans Nature Geoscience rappellent que le changement climatique risque de générer un amoindrissement des précipitations pluvieuses en Europe dans les années et décennies à venir. Cela implique des sécheresses plus extrêmes, avec un impact sur la santé humaine, la biodiversité et les cultures. Ces chercheurs ont alors décidé de mener des observations concrètes pour mesurer comment des transformations du paysage peuvent influencer les conditions météorologiques.

Ces travaux aboutissent à la conclusion que la couverture forestière est un élément déterminant. En plantant davantage d’arbres, les pluies en Europe pourraient s’en trouver « reboostées », ce qui permettrait alors de rétablir un équilibre plus proche de la normalité dans les écosystèmes, face au risque de sécheresses accrues.

La couverture forestière a un impact sur les conditions météo d’une région. // Source : Pexels

Des changements « substantiels » dans les pluies

Pour relier la croissance de la couverture forestière avec les conditions météorologiques, l’équipe de recherche a d’abord analysé les données historiques issues des pluviomètres du continent. L’objectif était de comparer des zones identiques, qui ne différaient que par leur couverture forestière. Ils ont donc couplé les pluviomètres des zones forestières avec celles de zones agricoles (où l’on trouve donc une plus faible densité d’arbres). C’est ce qui a permis de développer des modèles statistiques régionaux de précipitations. Cette modélisation aide à déterminer quel impact peut avoir, par exemple, la conversion partielle ou intégrale d’une terre agricole en terre forestière.

Dressant ces différents scénarios statistiques, les auteurs ont pu établir avec certitude que « les changements de la couverture des terres peuvent affecter le climat en modifiant l’équilibre hydrique et énergétique de la surface terrestre ». À partir de cette liaison, ils ont pu constater que le boisement de terres agricoles pluviales en Europe déclenche des changements « substantiels » dans les précipitations, les accroissant en particulier en hiver, mais également en été.

Un scénario « réaliste » de reforestation de l’Europe augmenterait les précipitations estivales jusqu’à 7,6 %, ce qui pourrait « compenser une partie substantielle de la diminution prévisible des précipitations générée par le changement climatique ». Cela atténuerait, effectivement, les risques de sécheresse. Les auteurs invitent donc à prendre cet élément en compte dans les stratégies d’atténuation et d’adaptation au dérèglement du climat.

En France, le ministère de l’Agriculture avait évoqué, fin 2020, un plan de repeuplement des forêts. Ce projet, au coût de 150 millions d’euros, vise à planter 50 millions d’arbres contre les effets du réchauffement du globe. Si appliqué, ce serait le «  repeuplement des forêts le plus important depuis l’après-guerre ».

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