Tandem: A Tale of Shadows propose deux gameplay qui se complètent en un seul. Il y a de bonnes idées, mais quelques gros soucis de finition.

Cocorico ! Tandem : A Tale of Shadows est un jeu vidéo développé par Monochrome Paris qui, comme son nom l’indique, est un studio situé à Paris. «  Un puzzle platformer d’un nouveau genre », peut-on lire sur le site officiel. On comprend tout de suite que Tandem : A Tale of Shadows ne cessera de s’articuler autour de la notion de duo. En effet, l’histoire suit deux personnages qui travaillent de concert pour percer un mystère : la disparition de Thomas Kane (que Scotland Yard n’a toujours pas élucidée). 

C’est à Emma, fille curieuse âgée de 10 ans, qu’incombe la lourde tâche d’enquêter. Fort heureusement, elle ne sera pas seule : un petit ours en peluche animé, prénommé Fenton, va rapidement se joindre à elle pour lui prêter main-forte. Ensemble, ils vont investir le manoir Kane, en quête de réponses. Une aubaine pour Monochrome Paris, qui propose plusieurs dizaines de niveaux répartis dans cinq chapitres assez rapides à boucler (moins de 5 heures en tout).

Tandem : A Tale of Shadows // Source : Hatinh Interactive

C’est quoi, un « puzzle platformer d’un nouveau genre » ?

Qu’entend vraiment Monochrome Paris par «  un puzzle platformer d’un nouveau genre  », une description qui place forcément la barre très haut ? Concrètement, Tandem : A Tale of Shadows est une sorte de deux-en-un : Emma et Fenton n’évoluent pas sur le même plan et, par conséquent, n’offrent pas le même gameplay. Alors qu’on navigue avec une vue par-dessus quand on incarne la fille, l’ourson profite d’un affichage de profil. Et si Emma peut courir, seul Fenton est capable de sauter. L’idée est donc de passer de l’un à l’autre — en appuyant sur une touche — et de profiter des interactions entre les deux pour avancer (il n’y a hélas pas de mode coopératif). Par exemple, Emma pourra projeter des ombres pour permettre à Fenton de progresser.

En somme, la partie platformer est clairement incarnée par Fenton, quand l’agrément puzzle est partagé par les deux. Avec cet argument, Tandem : A Tale of Shadows devient un jeu de ping-pong mâtiné de réflexion. Le principe fonctionne plutôt bien, si on met de côté les quelques problèmes d’imprécision qui forcent parfois à réaliser des manipulations supplémentaires (les traits d’ombre sur lesquels peut marcher Fenton ne sont pas toujours tracés comme on le voit à l’écran). Il faudra aussi passer outre quelques approximations au niveau de certaines actions contextuelles. À trop vouloir miser sur le deux-en-un, Tandem : A Tale of Shadows ne parvient pas à tout faire bien. En revanche, il n’est jamais frustrant, puisqu’on réapparaît très vite après une erreur.

La scène selon Emma La scène selon Fenton

Bon point, chaque chapitre de l’aventure intègre un élément de gameplay qui lui est propre. Par exemple, les niveaux situés dans la cuisine offrent la possibilité d’interagir avec des sortes de grosses gelées pouvant réduire/augmenter leur taille. Une preuve que Monochrome Paris n’a pas voulu se contenter uniquement du concept de base et s’est efforcé d’aller un peu plus loin. Tout n’est pas réussi, mais au moins, il y a des idées pour varier les plaisirs.

Il reste enfin à accepter la direction artistique très particulière, inspirée de l’esthétique des films de Tim Burton (lire : c’est sombre et un peu étrange). Il est simplement dommage de constater que le rendu visuel n’est pas très reluisant. Le potentiel de charme se noie dans des graphismes médiocres. On aurait aimé plus de détails et, surtout, un moteur technique plus solide (on a pu observer des bugs assez disgracieux dans nos parties). Par conséquent, il faut parfois fermer les yeux pour apprécier Tandem : A Tale of Shadows à sa juste valeur — au sens propre comme au figuré.

En bref

Tandem: A Tale of Shadows

Note indicative : 3/5

Tandem: A Tale of Shadows est un jeu qui part avec de bonnes intentions : celles de proposer un jeu deux-en-un en permettant d’incarner deux personnages, qui s’appuient sur un gameplay différent. Globalement, le principe fonctionne, mais est paralysé par quelques soucis de finition.

Le studio Monochrome Paris aurait par exemple pu penser à un mode coopératif, qui sied parfaitement au concept. En outre,  la direction artistique gagnerait à s’épanouir dans un enrobage graphique plus valorisant.

Top

  • Un concept qui fonctionne
  • Des idées bien réfléchies
  • Fenton est un peu mignon

Bof

  • Ça pourrait être plus beau
  • Gameplay parfois imprécis
  • Pas de mode coopératif ?

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