Entre guerre intergalactique et guerre interdimensionnelle, Black Widow apporte quelque chose de différent au Marvel Cinematic Universe. Le film rappelle que si les super-héros se battent dans la lumière, les humains peuvent continuer à peser dans l'ombre.

Des combats, des cascades de haut vol, des explosions, et l’espoir que les humains ‘normaux’ ne soient pas inutiles dans le futur du Marvel Cinematic Universe (MCU). Voilà ce qui nous restait en tête à la sortie de la séance de Black Widow, en salles depuis le 7 juillet 2021. Bon film sans être un chef-d’œuvre, le 24e long-métrage du MCU remplit efficacement ses trois missions : introduire l’héritage de Natasha Romanoff (Scarlett Johansson), ouvrir de nouveaux enjeux pour la phase 4 du MCU, et bien sûr, nous divertir.

L’intrigue du film se déroule entre Captain America : Civil War et Avengers : Infinity War. Black Widow, en cavale après avoir refusé les accords de Sokovie, essaie de disparaître de la circulation comme elle sait si bien le faire. Mais l’espionne surentraînée se fait rattraper par son passé, et va devoir s’y confronter à nouveau.

Alors que dans le MCU, les enjeux intergalactiques sont suivis par des questionnements interdimensionnels, Black Window parvient à faire revenir les spectateurs sur Terre. On est impressionné de la puissance de la Chambre rouge, et on y apprend que des humains continuent à influencer la planète, dans un monde où les superhéros existent. Et c’est de bonne augure pour la suite des films et séries Marvel.

Attention, après cette image, l’article contiendra à la fois des spoilers sur Black Widows, mais aussi sur d’autres films et séries du MCU.

Après cette image, l’article contiendra des spoilers. // Source : Disney

Toujours plus de pouvoirs, toujours plus d’enjeu (spoilers)

Avec Avenger’s Endgame, la phase 3 du MCU vient de se terminer par une guerre intergalactique, réservée aux plus puissants des héros. Même Captain America, pourtant doté d’une force surhumaine, a dû s’équiper de Mjölnir, le marteau de Thor pour peser dans le combat final.

Et cette montée en puissance des personnages ne semble pas près de s’arrêter :

  • Les 10 Eternals s’apprêtent à se réunir à nouveau pour protéger la Terre d’un danger qui serait encore plus grand que Thanos (qui, faut-il le rappeler, a rasé la moitié des êtres vivants). Super force, vol, pouvoirs psychiques, chaque membre du groupe dépasse la puissance de Captain America ou Iron Man, les figures des Avengers jusqu’ici.
  • À la fin de la série Disney+ WandaVision, Wanda Maximoff a enfin débloqué ses pouvoirs de Sorcière rouge, qui font d’elle un des êtres les plus puissants de l’univers Marvel. Dans la scène post-générique, on la voit étudier les secrets de magie noire inscrits dans le « Darkhold », aussi appelé « Grimoire des péchés », qui lui permettraient de lancer des sorts capables de modifier la réalité.

En parallèle de cette question de pouvoir, les récentes séries et les prochains films modifient entièrement les enjeux du MCU :

  • La série Disney+ Loki a réduit le drame intergalactique de Endgame à un simple script temporel maintenu par une organisation secrète. Elle a également ridiculisé les pierres d’infinité, pourtant présentées jusqu’ici comme les artefacts les plus puissants de l’univers. À la place, la série a posé les bases d’une guerre interdimensionnelle, dont le développement devrait se faire dans le prochain film Doctor Strange : Multiverse of Madness, prévu pour mars 2022.
  • Attendu pour février 2023, Antman and the Wast : Quantumania n’a pour l’instant que peu dévoilé son intrigue. Seul détail connu : Kang le Conquérant, introduit par Loki, devrait faire son apparition. Vu le nom du film, on peut s’attendre à un retour de Ant-Man dans le monde quantique où il a passé l’équivalent de 5 ans du monde réel entre les deux derniers films Avengers. Pour rappel, c’est le travail de Tony Stark avec les informations de Scott Lang qui a permis aux Avengers de remonter dans le temps dans Endgame.

Les humains, utiles à autre chose que les discours ? (spoilers)

Avant Black Widow, la série Falcon et le Soldat de l’Hiver (sur Disney+) a déjà essayé de rétablir des enjeux humains. Les 6 épisodes ont servi à développer le passage du costume de Captain America entre Steve Rodgers (Chris Evans) et Sam Wilson (Anthony Mackie). Rôle symbolique du Cap’ oblige, la série insiste (plutôt maladroitement) sur les valeurs humaines, de justice et de bienveillance, qui feraient leur force. Mais derrière les discours, Falcon continue à apparaître comme un homme largement dépassé en force pure, qui doit équiper une combinaison ultra-sophistiquée pour rivaliser avec des ennemis finalement peu puissants. John Walker (Wyatt Russel), le Captain America déchu, représente quant à lui l’autre versant de l’humanité, celle dépassée par les puissances supérieures. Meilleur soldat des États-Unis, il ne trouve d’autre échappatoire à ses faiblesses que de lui-même s’octroyer des pouvoirs avec le sérum.

Captain America Falcon Faucon soldat hiver 2
John Walker, symbole de l’humanité dépassée. // Source : Disney

À l’inverse du sort laissé à Walker, la réalisatrice Cate Shortland met en avant la puissance des deux personnages principaux, Natasha Romanoff et Yelena Belova (Florence Pugh). Le contrat des (très nombreuses) scènes d’action est clair : il va y avoir des centaines de coups de feu, des explosions, des tonneaux en voiture, mais les deux humaines — certes surentraînées — vont passer au travers des dangers. Le film ne montre aucune volonté de réalisme, et ce n’est pas plus mal.

En plus des capacités physiques, le scénario rappelle la capacité des humains à créer des organisations manipulatrices dans l’ombre. Depuis Captain America : le Soldat de l’Hiver, sorti en 2014, ce thème n’avait pas vraiment été exploité dans le MCU. Et il revient en force avec la Chambre rouge, et l’armée de « veuves » dirigée par Dreykov. Là où les superhéros se battent dans la lumière et mènent de véritables guerres, les humains normaux continuent à agir dans l’ombre et a peser presque tout autant sur le monde.

Et après Black Widow ?

Le film se termine avec l’émancipation des veuves, qui semblent tout de même prendre Yelena comme leader de leur groupe. Autrement dit, un groupe d’une dizaine (voire de plusieurs centaines, si on ne compte pas que celles qui étaient à bord du vaisseau détruit dans la bataille finale) d’espionnes d’élite continuerait à opérer pendant les événements des deux derniers films Avengers. Surtout, Yelena disposerait d’une force de frappe d’une valeur inestimable dans un monde « post-Blip » où l’équilibre géopolitique de la planète semble extrêmement fragile. De quoi influencer la position des gouvernements face aux menaces qui les dépassent ?

Ce n’est pas tout : la scène post-générique du film fait apparaître à nouveau Valentina Allegra de la Fontaine, avec qui Yelena semble faire affaire depuis longtemps. Si le rôle de la Contesse n’est pas encore clairement annoncé, elle serait, à l’instar de Nick Fury, à la tête d’une équipe de justiciers dont le nom n’est pas encore connu. Une équipe de justicier moins vertueuse que les Avengers, mais qui défendrait tout de même l’humanité. Pour preuve, les deux premiers membres connus, John Walker et Yelena, sont tous deux plus violents que leurs alter ego des Avengers.

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