La série-talk show « Chelsea » a non seulement été annulée par Netflix, mais des dizaines d'épisodes ont été retirés de son catalogue, alors que la plateforme en est pourtant propriétaire. En cause : le trop-plein de certains types de contenus qui vieillissent mal.

Netflix a retiré volontairement des dizaines d’épisodes de son talk show Chelsea, alors que l’émission lui appartient et que rien ne l’y obligeait. Sur la plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD), on remarque que la saison 2 est présente, mais que la saison 1 a été très largement élaguée : sur 90 épisodes sortis en 2016, il n’en reste que 25 en ligne.

Chelsea fait partie des trois talk shows américains commandés et produits par Netflix que la multinationale a annulés au cours de ces deux dernières années, avec The Break With Michelle Wolf et The Joel McHale Show With Joel McHale. Mais Chelsea est la première « série » (dans le sens netflixien du terme, une série d’épisodes de l’émission) dont certains épisodes ont été tout bonnement retirés de Netflix, et ce volontairement. Le New York Times a été le premier à souligner cette disparition dans une enquête du 2 juillet 2019, mais la période à laquelle ces contenus ont été supprimés remonte en fait à 2017, avant le lancement de la saison 2.

Capture d’écran de « Chelsea » sur Netflix // Source : Netflix

Netflix a confirmé auprès du quotidien américain qu’il s’agissait du seul programme original à avoir vu ses épisodes retirés. Brandon Riegg, vice-président en charge des contenus de non-fiction, a expliqué qu’ils avaient préféré ne laisser que peu d’épisodes de la saison 1 en ligne « pour que les spectateurs puissent rattraper l’émission facilement avant que les nouveaux épisodes ne sortent ».  La justification prête toutefois à interrogation.

Les talk shows vieillissent mal

Cela signifie-t-il que lorsqu’il y a trop d’épisodes d’un même programme, les spectateurs auraient tendance à renoncer au visionnage avant même d’avoir commencé ? Il pourrait aussi s’agir d’un problème plus précis, caractéristique du format des talk shows : ils vieillissent mal.

Le modèle, très américain, est souvent le même : un animateur ou une animatrice est assis sur un canapé ou derrière un bureau, et rebondit sur l’actualité de la semaine, entouré de chroniqueurs et de célébrités invitées pour l’occasion. Or ce format a l’inconvénient d’être pertinent uniquement à un instant « t ». Deux ans plus tard, regarder un chroniqueur parler d’une rupture entre deux acteurs en 2017 semble anachronique, voire franchement inutile.

Alors que Netflix semblait penser que les talk shows étaient un bon filon — en tout cas aux États-Unis où le genre est plus populaire qu’en France — la plateforme semble donc être revenue sur sa stratégie. Mais la décision de retirer les épisodes de Chelsea montre surtout que la firme a considéré qu’il y avait plus d’intérêt à ne pas laisser des contenus en ligne plutôt qu’à les laisser vivre, au simple risque que très peu de membres ne les regarde. La quantité n’est finalement pas toujours synonyme de qualité, même pour le leader de la SVOD, et c’est une donnée importante pour tenter de comprendre comment la multinationale gère et adapte sa stratégie de contenus.

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