Les arnaques concernant les projets cryptos sont de plus en plus courantes et font de plus de plus parler. Mais les escroqueries les plus courantes se déroulent sur les réseaux sociaux.

Les rug pulls, des arnaques consistant à vendre un nouveau projet de NFT ou de cryptomonnaie avant de disparaitre avec tout l’argent récolté, sont devenus courants. Tout comme les hacks, ils dérobent parfois plusieurs millions de dollars aux victimes, et font généralement les gros titres de la presse spécialisée (dont Numerama).

Pourtant, même si elles sont impressionnantes et contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce ne sont pas les arnaques les plus fréquentes. C’est ce que montre une nouvelle étude, réalisée par la Federal Trade Commission (FTC) américaine, et publiée le 3 juin 2022. Près de la moitié des personnes qui ont déclaré avoir perdu de l’argent à cause d’une escroquerie ont été trompées par des publications sur les réseaux sociaux.

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Les tentatives d’arnaque cryptos sont de plus en plus courantes sur les réseaux sociaux. // Source : Canva

Les réseaux sociaux sont les principaux outils des arnaqueurs

Les chiffres révélés par la FTC sont impressionnants : depuis le début de l’année 2021, quelque 46 000 personnes ont déclaré avoir perdu l’équivalent d’un milliard de dollars en cryptomonnaie à cause d’arnaques. Ramené à un niveau individuel, cela représente 2 600 dollars perdus pour chaque personne arnaquée.

Entre le 1er janvier 2021 et le 31 mars 2022, la FTC a comptabilisé l’équivalent de 417 millions de dollars perdus à cause de publications frauduleuses sur les réseaux sociaux. Les principales cryptos utilisées pour payer les arnaqueurs sont les ETH, la monnaie de la blockchain Ethereum, qui représentent 9 % des vols ; la stablecoin Tether, qui représente 10 % ; et enfin le bitcoin, utilisé dans 70 % des cas. Quant aux réseaux sociaux, les plus populaires sont Instagram, où sont diffusées 32 % des publications promouvant les arnaques, Facebook, qui représente 26 % des publications, WhatsApp (9 %), et Telegram (7 %).

L’étude de la FTC rapporte que les types d’arnaques les plus utilisées sur les réseaux sociaux sont les faux investissements, qui ont rapporté à elles seules 273 millions de dollars aux escrocs. Il s’agit le plus souvent de publicités pour des opportunités d’investissements qui promettent des revenus importants. Les arnaqueurs convainquent la plupart du temps des personnes qui n’ont pas une connaissance approfondie des cryptomonnaies.

En deuxième place, on retrouve les « arnaques aux sentiments », qui ont coûté l’équivalent de 69 millions d’euros aux victimes depuis 2021 pour une moyenne de 10 000 dollars perdus par personne. Ces arnaques, qui sont particulièrement fourbes, sont de plus en plus nombreuses et visent tout particulièrement les hommes. Les arnaqueurs sont soit des femmes, soit se font passer pour des femmes et passent un long moment à parler avec leurs victimes sur des sites de rencontre afin de les convaincre d’investir dans les cryptomonnaies.

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Faites attention avant d’investir dans des cryptomonnaies. // Source : Canva

Enfin, le troisième type d’arnaque le plus courant est celui des faux businessmen ou des faux représentants du gouvernement — ils ont extorqué en tout 35 millions de dollars depuis les réseaux sociaux. Les imposteurs commencent par envoyer des SMS à propos d’une dépense liée à leur compte Amazon ou une alerte de sécurité, et prétendent que leur argent risque de se faire voler. Ensuite, ils convainquent leur victime de convertir leurs économies en crypto, ce qui serait selon eux la seule façon de les protéger, avant de repartir avec le butin.

Il est possible d’éviter les arnaques

Il existe heureusement plusieurs moyens pour se prémunir des arnaques. Il faut tout d’abord toujours se méfier lorsqu’une publicité ou des publications sur les réseaux sociaux vantent des projets encore inconnus, surfent sur la popularité d’une série comme Squid Game, ou garantissent des retours sur investissement rapides et importants. En règle générale, si une offre parait trop belle pour être vraie, c’est qu’elle ne l’est pas.

Avant d’investir dans un projet, il est également important de procéder à quelques vérifications, comme Numerama l’explique dans un guide spécial. Nous vous conseillons de lire attentivement le white paper du projet, un document qui détaille la vision des fondateurs et les prochaines étapes — s’il n’y en a pas, ou si les informations sont très vagues et non vérifiables, c’est généralement mauvais signe.

Enfin, il est possible de vérifier sur Chainabuse si un projet a déjà été signalé comme étant frauduleux. Le site recense de nombreuses tentatives d’arnaque et liste les adresses de portemonnaies crypto suspicieuses. Si jamais vous êtes victime d’une escroquerie, vous pouvez également signaler le projet sur ce site.