Pour Tim Cook, le meilleur moyen de lutter contre la désinformation en ligne reste de lancer une campagne de sensibilisation dès le plus jeune âge. Le patron d'Apple appelle aussi le monde de la tech à réagir tout en estimant que ce phénomène ne devrait pas s'inscrire sur le long terme.

Si les personnalités politiques, de Barack Obama à Angela Merkel, n’ont pas hésité à s’en prendre au phénomène de désinformation observé sur les réseaux sociaux — à commencer par Facebook — ces derniers mois, les géants de la tech étaient jusqu’ici restés silencieux. Dans une interview accordée au quotidien britannique The Telegraph pendant sa tournée européenne, Tim Cook, le patron d’Apple, s’est enfin exprimé sur le sujet, en proposant des initiatives de lutte atypiques.

Plutôt que de s’attaquer au portefeuille des créateurs de tel contenu — comme le fait Facebook — ou à celui du réseau social au 1,4 milliard d’utilisateurs — comme le prévoit le gouvernement allemand –, Tim Cook appelle en effet à la sensibilisation dès le plus jeune âge : «  On se retrouve presque à nécessiter une nouvelle matière pour les enfants actuels, les enfants du numérique. […] Il faut que cela soit implanté dans les écoles, au sein du public. Nous avons besoin d’une campagne colossale, qui s’adresse à toutes les couches de la population, comme une version moderne d’une campagne de service public. »

Le patron de la marque à la pomme cite l’exemple des campagnes en faveur de l’écologie, qui amènent les enfants à donner l’exemple à leurs parents, une fois rentrés chez eux, sur le bon comportement à adopter vis-à-vis du recyclage. Selon Tim Cook, cette campagne pourrait être déployée rapidement à condition de pouvoir compter sur une véritable volonté politique.

« La désinformation détruit le cerveau »

Alors que Facebook et les médias multiplient les partenariats et les outils pour lutter contre la désinformation, un fléau avec lequel ils pensent devoir composer sur le long terme, Tim Cook fait preuve d’un optimisme surprenant : «  La [montée en puissance de la désinformation] est de courte durée — je ne pense pas que les gens en veulent au bout du compte. » Il reconnaît toutefois que ses conséquences sont désastreuses : « Nous traversons une période où les personnes qui s’imposent sont malheureusement celles qui passent leur temps à essayer d’obtenir le plus de clics et pas de se rapprocher de la vérité. Dans un sens, ça détruit le cerveau des gens. »

Le patron d’Apple appelle enfin le monde de la tech à lutter contre ce fléau, sans toutefois formuler de propositions concrètes : « Toutes les entreprises de la tech, comme nous, doivent créer des outils pour réduire l’ampleur de la désinformation. Nous devons essayer de les limiter sans porter atteinte à la liberté d’expression ou de la presse, mais aussi en aidant le lecteur. Nous sommes bien trop nombreux à nous plaindre à l’heure actuelle, sans avoir trouvé comment réagir.  »

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