Le 28 octobre, l'intelligence artificielle MogAI prédisait la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine. Le scénario est devenu réalité cette nuit à la grande stupeur des médias américains.

Alors que les médias américains s’interrogent ouvertement sur leur couverture de la campagne présidentielle, une intelligence artificielle peut se vanter d’avoir prédit correctement le résultat de l’élection avec deux semaines d’avance.

MogAI, c’est son nom, est une intelligence artificielle développée par la start-up indienne Genic.ai. Depuis ses débuts, en 2004, l’IA a pu s’améliorer au point de réussir à prédire correctement les vainqueurs des quatre dernières élections américaines : George W. Bush, Barack Obama et maintenant Donald Trump. Sans oublier les primaires démocrate et républicaine, dont elle avait anticipé les résultats.

MogAI se base sur les statistiques d’engagement des plateformes comme Youtube, Facebook, Twitter et Google pour prédire le résultat des élections

Pour aboutir à sa dernière prédiction, MogAI s’est fondé sur plus de 20 millions de données dérivées des statistiques d’engagement américaines sur des plateformes populaires comme Google, Facebook, Twitter et Youtube. Le nombre d’interactions sur les tweets ou sur les vidéos Facebook Live ont notamment servi d’indicateurs précieux. C’est par ce biais que Sanjiv Rai, créateur de l’intelligence artificielle, a pu constater que Donald Trump surpassait de 25 % les chiffres d’engagement réalisés par Barack Obama en 2008, alors qu’il était au sommet de sa popularité. Une performance à relativiser puisque les réseaux sociaux et autres plateformes communautaires étaient beaucoup moins développés à l’époque.

CC Gage Skidmore
CC Gage Skidmore

Pour autant, la tendance n’a pas menti, conformément aux attentes de Sanjiv Rai, formulées quelques semaines avant le jour du scrutin : « Si Trump perd, les tendances observées grâce à notre outil seront démenties pour la première fois depuis 12 ans et l’essor des interactions sur Internet. »

Le fondateur de la start-up reconnaît ouvertement les limites du système : un engagement sur une publication en rapport avec Trump n’équivaut pas forcément à un soutien. Ce qui n’a pas empêché la tendance observée pendant les primaires républicaines de se révéler concluante  : « Pendant les primaires, on trouvait énormément de discussions négatives sur Trump. Mais quand ces échanges ont commencé à se multiplier, dans les derniers jours, Trump en a énormément profité et a fini par s’imposer avec une avance conséquente. »

L’IA pourrait encore être perfectionnée si Google partageait certaines données personnelles

MogAI — dont le nom fait référence à Mowgli, le héros du Livre de la jungle, parce qu’elle apprend elle aussi de son environnement direct — pourrait encore être amélioré, notamment en ayant accès aux adresses uniques des appareils utilisés par les internautes, détenues par Google. Concrètement, un internaute qui chercherait une vidéo sur la procédure de vote avant d’affiner ses résultats à « comment voter pour Trump ? » offrirait une information cruciale à l’intelligence artificielle. Sanjiv Rai affirme que cette utilisation ne porterait pas atteinte au respect de la vie privée puisque les adresses récoltées seraient rendues anonymes.

En revanche, pas besoin d’être devin pour affirmer que les médias américains se montreront probablement plus réceptifs aux prédictions de MogAI pendant la prochaine élection. Leur remise en question a déjà commencé, comme on vous l’explique par ailleurs.

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